Correspondance

Auteur : Soren Kierkegaard

Traducteur : Anne-Christine Habbard

Date de saisie : 24/08/2006

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Ed. des Syrtes, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 25.00 � / 163.99 F

ISBN : 978-2-84545-065-3

GENCOD : 9782845450653

  • La revue de presse Roger-Pol Droit – Le Monde

Curieux garcon, decidement, ce Danois. Plus d’un siecle et demi apres sa mort, son nom est connu dans le monde entier. Lui qui n’avait jamais quitte Copenhague sauf pour quelques sejours a Berlin se retrouve traduit dans toutes les langues ou presque. Mais le lit-on vraiment ?… Quelques explorateurs solitaires continuent d’arpenter ces livres souvent deconcertants. Une impression malgre tout l’emporte : Kierkegaard devient, ou demeure, et meconnu et mecompris. Toutes sortes de malentendus, il est vrai, se sont accumules. On lui a colle l’etiquette de “pere de l’existentialisme”, comme s’il s’etait soucie de fonder une ecole quelconque, lui, le chercheur d’instants, de ruptures, de caches, de transmissions indirectes ! Faute de pouvoir pleinement le considerer comme philosophe a part entiere, cet energumene inclassable qui n’a cesse de soutenir que la verite nous echappe, ou bien ne s’offre que par enigme, subjectivement, le temps d’un clin d’oeil, on l’a transforme en chretien modele, en faux martyr, en gibier pour cuisine psychanalytique, voire en poete exalte, depourvu d’une pensee coherente. Bonne occasion de le redecouvrir… Ces dizaines de lettres, echelonnees de 1829 (il a 16 ans) a l’annee de sa mort (1855, a 42 ans) ne livrent pas la cle du mystere. Kierkegaard, en effet, n’est pas foncierement different dans ses lettres et dans ses livres. Il faut abandonner, avec lui, l’habituelle distinction entre les ouvrages theoriques, objectifs, plus ou moins impersonnels, et les missives, generalement intimes, delivrant mille indices que les livres ecartent : anecdotes et souvenirs, affects et rivalites, passions, sources cachees… Avec lui, les apparences trompent. Visiblement oisif, il ecrit pourtant trois ou quatre volumes par an. Sous le dandy se cache un mystique, sous le philosophe un poete, sous le pamphletaire l’homme d’une incessante quete de soi-meme et des autres. Tout l’interet, et souvent le charme, de cette correspondance est de faire decouvrir et partager des aspects insolites ou inconnus de cette course effrenee. On decouvre ainsi un Kierkegaard tour a tour espiegle, attentif, tourmente, bon vivant, colerique, magnanime, malicieux… Qu’a-t-il donc decouvert d’essentiel ? Ceci : la verite n’est pas seulement affaire de logique, elle doit aussi etre vecue, decouverte, experimentee. Elle s’eprouve autant, sinon plus, qu’elle ne se prouve. Chacun doit s’approprier la verite, en fonction de ce qu’il est, de ce qui meut son existence, de ses cheminements tatonnants et uniques entre affectivite et rationalite. Kierkegaard n’est pas un penseur de l’irrationnel ou de l’arbitraire subjectif. Il ouvre la voie d’une logique de l’existence, a la fois mobile et sensible, individuelle et intersubjective. Ce qu’avaient toujours omis les fabricants de systeme, du grand Platon au grand Hegel, c’etait justement de tenir compte de l’existence, de sa realite impossible a deduire d’un concept ou a reduire a une abstraction. On pourrait dire que les philosophes, avant Kierkegaard, furent comme des peintres oubliant que leurs tableaux avaient un auteur de chair et de sang. Il fut le premier a saisir que le peintre appartient au tableau, qu’il ne peut s’en detacher, mais que l’autoportrait est encore un leurre. La ruse de Kierkegaard, sa force extreme, sa limite aussi, c’est la communication indirecte…

  • La revue de presse Jean Blain – Lire

… Chez ce penseur de la subjectivite par excellence, aux yeux de qui il importe avant tout �d’etre ce que l’on dit�, aucun texte – journaux ou lettres – n’est en marge d’une oeuvre qui ne saurait elle-meme etre separee de la vie. Penser, ecrire et vivre constituent une seule et meme experience ethique, des lors qu’il n’y a de verite que portee par une existence, dont elle est tout a la fois le roman et le chemin de croix.