La societe des vagabonds

Auteur : Harry Martinson

Date de saisie : 02/03/2010

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Agone editeur, Marseille, France

Collection : Marginales

Prix : 22.00 � / 144.31 F

ISBN : 9782748900248

GENCOD : 9782748900248

Sorti le : 11/03/2004

  • Les presentations des editeurs : 01/01/2010

Y en a-t-il encore parmi vous qui pensent que les vagabonds prennent la route par desir de jouissance ? ces hommes-la sont egares.
Et on leur reproche leur egarement. ” a eux d’en tater aussi ! dit-on. de sentir l’effet que ca fait de damer le macadam ou de tailler des paves ! que ces canailles sachent ce que c’est que de faire bouillir l’asphalte et de se balader au soleil aupres de cette marmite infernale ! ” ici les hommes font la greve pour de bon. ils ne la font pas pour des raisons d’ordre economique ou social. non, ils refusent simplement les directives, ce gout de la torture qui est inseparable de l’obligation de travailler.
Ce que nous appelons paresse est de leur part une greve purement physiologique dirigee contre le travail obligatoire concu comme un tourment, contre une hypocrisie qui s’est donne le nom d'” honneur du travail “. les hommes qui sont couches la sont paresseux, deprimes et egares. mais ce sont des hommes. et ils ne sont pas paresseux, deprimes et egares parce que c’est amusant de l’etre. ils sont vagabonds par malaise.
Et ils fuient ce malaise. ils esperent un miracle.

  • La revue de presse Michel Abescat – Telerama

�Pourquoi diable prend-on la route, ah ca, ce n’est pas facile a dire. C’est bigrement peu confortable et pas commode du tout […] C’est autre chose, qui fait qu’on prend la route, mais je ne peux pas te l’expliquer.� Au nord de la Suede, l’automne vient de s’installer. A l’abri d’une grange, pour se proteger du vent, Bolle le vagabond tente d’apaiser les interrogations d’un jeune homme qui vient tout juste d’�entrer dans le metier�. Pourquoi diable prend-on la route ? La question court tout au long de ce singulier roman, vous prend pour ne plus vous lacher, vous bouscule et vous impregne. Elle enfle de page en page, s’insinue, seme le doute, provocatrice, profondement subversive. Parce que l’auteur, le Suedois Harry Martinson (1904-1978), Prix Nobel de litterature en 1974, n’en fait pas simplement la cle du destin de son heros, mais un enjeu essentiel, philosophique et spirituel… Pas de romantisme pourtant dans cette defense du vagabondage. Pas d’idealisation de la condition du chemineau, aucun hymne a la liberte retrouvee. Au contraire. Martinson brosse le tableau quotidien de ses difficultes, la faim et le froid, la peur qu’il allume dans le regard des autres, sa propre peur, en retour, qu’on se trompe sur son compte, qu’on le soupconne, de vol, de crime ou de viol, lui, l’inconnu, le marginal… Le bonheur, pourtant. Par bribes. �Les raisons d’arpenter les routes du pays, annee apres annee, se comptaient par milliers�, ecrit Martinson dont toute l’oeuvre, poemes et prose, celebre la vie dans sa simplicite, la beaute du monde et de la nature, l’inscription de l’homme dans le cosmos…