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L’inapercu

Auteur : Sylvie Germain

Date de saisie : 15/11/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Romans francais

Prix : 19.00 / 124.63 F

ISBN : 978-2-226-18842-7

GENCOD : 9782226188427

Sorti le : 20/08/2008

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  • Les presentations des editeurs : 01/07/2008

Les Berynx : une famille ordinaire, avec son patriarche autoritaire, ses meres affairees, ses enfants fragiles, ses secrets non partages et son lot de drames. Et il y a Pierre, qui vient de se greffer sur cette famille comme une sorte d’ange gardien dont on ignore presque tout, homme a tout faire, mais aussi a tout defaire. Jusqu’au jour ou il disparait sans laisser d’autres traces que les breches qu’il a ouvertes en chacun.

Roman des origines autant que de la construction de soi, L’inapercu, comme Magnus, fait coexister le plus sombre de l’Histoire et des tragedies individuelles avec l’imprevisible, la puissance de l’imaginaire, les reves les plus fous, tout ce qui echappe a l’emprise du temps et permet d’inventer son destin.

  • La revue de presse Christine Rousseau – Le Monde du 14 novembre 2008

Arborescence. C’est ainsi qu’a l’origine Sylvie Germain desirait intituler son nouveau livre. “Arborescence” : comme cette etrange fabrique de l’imaginaire qui est la sienne, feconde de mots et d’images, qui s’enfantent les uns les autres et produisent des romans complexes a la prose ample, genereuse et fluide. “Arborescence” aussi comme ces arbres genealogiques sur lesquels se dessinent des branches (mortes parfois), des surgeons et greffons, mais d’ou se derobent au regard les racines qui “s’enfoncent dans la nuit, se dissolvent dans le silence”…
Apparition, disparition, renaissance au monde, et a la vie, voire resurrection pour ce Pierre aux allures christique. C’est dans ce mouvement, cette conversion du regard que se deploie magistralement cette fresque. Dans le dessin du temps, de la memoire meurtrie, enfouie, dans l’entrelacs de destins et de liens qui se nouent, se denouent et sur lesquels planent les ombres de l’Histoire. Tel Rothko sous le signe duquel est place ce roman, Sylvie Germain observe, scrute, explore pour nous conduire “dans l’inapercu de drames ou le visible et l’invisible, la lumiere et la nuit se frolent, en s’eraflant ou se caressant, ou les couleurs se meuvent a fleur d’immobilite (…) ou une aventure silencieuse se joue dans l’inconnu d’un espace en expansion”.

  • La revue de presse Nathalie Six – Le Figaro du 25 septembre 2008

Un eclat particulier nimbe ce roman, une flaque de lumiere decoupee rectangulairement dans le corps du soleil, (…) plus imposante et lumineuse qu’une fenetre, celui du peintre Mark Rothko. En s’appropriant la peinture de l’artiste americain, Sylvie Germain lui donne la fonction d’un miroir de l’ame ou se mirent tour a tour les protagonistes. Semblable a une toile qui resulterait d’une accumulation de couches de peinture, le roman presente plusieurs strates de lecture, glissant au milieu de sa prose quelques poemes, autre corde a l’arc de la romanciere. Recit sur les tragedies intimes, L’Inapercu est une quete spirituelle dans l’anecdotique, une photographie de vies apparemment banales, d’ou le lecteur ressort a la fois grave et leger, doucement ebloui.

  • La revue de presse Bruno Frappat – La Croix du 3 septembre 2008

Un nouveau roman de Sylvie Germain est comme une saison nouvelle qui reveille les sens. On l’attend et il ne decoit pas…
On y voit des etres dans la nuit de leurs songes, de leurs fantasmes, de leur mauvaisete, de leur solitude et, pourtant, sans happy end, elle ne donne pas a desesperer. Mais a se chercher, soi-meme, au vu des vies mi-banales mi-etranges qu’elle entremele…
Sylvie Germain, sans bruit, sans tralala, avec cette ecriture d’une grande variete de ton et d’allure, en fonction des necessites du recit, nous pousse a affronter le vertige existentiel de ses personnages. Et, donc, a nous interroger – sans these ! sans esprit de demonstration ! – sur ce qui fonde a la fois nos identites, le risque de cette quete et la legerete des etres qui, finalement, resolvent leur propre enigme. C’est une tache ardue mais liberatrice. Car toujours remonte la seve.

  • La revue de presse Jean-Claude Lebrun – L’Humanite du 28 aout 2008

Depuis son premier roman, le Livre des nuits, en 1984, Sylvie Germain s’emploie a scruter les labyrinthes ombreux des etres et de leur memoire, alors qu’au-dessus d’eux se profilent sans discontinuer les immenses ombres portees de l’histoire. Dans son oeuvre fictionnelle, elle n’a cesse de travailler cette matiere complexe, a partir d’angles souvent inattendus. N’hesitant pas a convoquer l’imaginaire, parfois meme le fantastique. Treize romans plus loin, cette inspiration a garde sa vigueur originelle, tandis que l’architecture et le style ont atteint une eclatante maturite. L’Inapercu se presente a coup sur comme l’un des tout meilleurs livres de Sylvie Germain et comme l’un des textes majeurs de cette rentree…
D’une main toujours sure, Sylvie Germain tend sa trame. Son recit apparait a la fois dense et allusif, concret et imaginatif…
Rien de gratuit ici. Tout signifie. Tout se charge d’une portee qui excede la circonstance particuliere.

  • La revue de presse Fabienne Pascaud – Telerama du 27 aout 2008

Un homme, des femmes. L’auteur entrelace petits riens et grands destins. ? ?a pourrait n’etre qu’une enieme – mais passionnante, mais haute en coups de theatre – saga de provinciale famille francaise de 1945 a aujourd’hui ; sauf que s’y mele une fois encore la magie Germain. Cet art d’ensorcelante conteuse habile a conduire son intrigue en ruse Petit Poucet, caillou apres caillou, et a y meler, en pretresse inspiree, sa pincee de doutes, de metaphysique, de fantastique, de folie…
Toutes ont aime, souffert, en sont mortes ou ressuscitees. Et toutes ont tente a leur maniere d’arracher a l’oubli des destins qui auraient du passer sans laisser de traces. Des gardiennes d’inapercu, ces tresors caches de toute vie que Sylvie Germain avec emerveillement et tendresse fait admirablement observer, ecouter. Respecter.

  • Les courts extraits de livres : 01/07/2008

Une femme marche a pas rapides le long des berges du fleuve. Elle avance legerement courbee pour se proteger du vent qui souffle dru en ce soir de decembre. Elle est vetue d’un manteau d’astrakan noir dont le col releve forme une large corolle autour de sa tete penchee en avant qu’enserre un foulard gris a motifs mauves ; des fleurs indefinies, comme restent imprecis le visage de la femme, et tres flou ce qu’elle porte contre sa poitrine, au creux de la corolle. Le manteau, court et evase, evoque, lui, une grosse cloche, et les jambes, gainees de nylon noir, deux battants agites d’un mouvement vif et regulier qui cependant ne produit aucun son.
Si on observe attentivement la femme, on peut remarquer qu’un tremblement, aussi saccade que sa demarche, secoue ses epaules et son dos. Mais a cette heure et par ce froid, personne n’a l’idee de musarder sur les quais et de s’attarder a examiner une passante a la silhouette de cloche noire agitee de soubresauts.