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L’interpretation des meurtres

Couverture du livre L'interpretation des meurtres

Auteur : Jed Rubenfeld

Traducteur : Carine Chichereau

Date de saisie : 19/01/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Ed. du Panama, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 22.00 / 144.31 F

ISBN : 978-2-7557-0192-0

GENCOD : 9782755701920

Sorti le : 04/10/2007

  • Le choix des libraires : Choix de Jean-Pierre Ohl de la librairie GEORGES a TALENCE, France – 17/09/2008

29 aout 1909 : Freud, accompagne de ses disciples Jung et Ferenczi, arrive a New York pour une serie de conferences. Mais la puritaine Amerique est-elle prete a accepter une theorie aussi sulfureuse que la psychanalyse ? Le soir meme, une jeune fille est assassinee dans un grand hotel particulier de New York ; et le lendemain une autre jeune fille, Nora Acton, echappe de peu au meme destin, mais elle a perdu l’usage de la parole et le souvenir de son agresseur. Une analyse, conduite par le jeune Stratham Younger sur les conseils de son maitre Freud, saura-t-elle lui rendre la memoire ? Et le fringant inspecteur Littlemore parviendra-t-il a demeler ce macabre echeveau ?

Le risque etait grand d’etouffer la fiction policiere sous une documentation encombrante. Jed Rubenfeld evite l’ecueil brillamment ! Du debut a la fin, L’Interpretation des meurtres demeure un thriller haletant, et livre son lot de rebondissements, de fausses pistes et de suspense. Et en meme temps, ce moment-cle de l’histoire de la psychanalyse est traite avec serieux et profondeur. A la fois lumineux et complexe, le personnage de Freud domine ce roman foisonnant. Sans schematiser ni ennuyer le profane, Rubenfeld nous eclaire sur ses dissensions avec Jung, et rend compte des reticences de cette encore jeune nation americaine, sure de detenir la verite, pour une theorie qui fait la part belle au doute. Mais la plus grande reussite de ce roman, c’est sans conteste son decor : un New York en pleine mutation ou les automobiles supplantent peu a peu les voitures a chevaux, et ou les pompes fastueuses de Gramercy Park cotoient la misere des quartiers ouvriers et les bas-fonds de Chinatown.
Un decor en quelque sorte structure selon la topique de Freud. Dans les orgueilleux gratte-ciels qui surgissent du sol comme des champignons – naifs symboles phalliques d’une civilisation conquerante – des craquements sinistres se font entendre, des passages secrets permettent aux assassins de s’enfuir et aux desirs les plus inavouables de s’accomplir. Et la verite finira par surgir des profondeurs : de ce caisson etanche immerge sous l’Hudson pour permettre la construction du pont de Manhattan (claustrophobes, attention ! La scene est hallucinante de realisme !) L’Amerique, je le crains, n’est qu’une erreur. Gigantesque, certes, mais ce n’en est pas moins une erreur dira le personnage de Freud a la fin du livre. Il n’est pas si courant qu’un roman policier interroge l’histoire des idees, et l’Histoire tout court, avec autant de force !

  • Le choix des libraires : Choix de Christophe Dupuis de la librairie ENTRE-DEUX-NOIRS a LANGON, France – 17/09/2008

“Au debut du XXe siecle, New York fut le theatre d’une veritable revolution architecturale. De gigantesques tours, appelees “gratte-ciel” sortirent de terre, les unes apres les autres, depassant en hauteur tous les batiments edifies jusqu’alors.” En 1909, Sigmund Freud debarque a New York, pour une serie de conferences sur la psychanalyse, accueilli – entre autres – par le Dr Stratham Younger. Le jour de son arrivee – aucune relation – Miss Riverford, jeune fille de bonne famille, est assassinee. George Banwell, une des plus grosses fortunes de la ville, demande – du haut de son building – a son ami le maire de tenir la presse et les uniformes loin de tout ca, c’est un ami de la famille. Le lendemain, Miss Acton, une autre connaissance de Banwell, est victime d’une tentative d’assassinat. Elle s’en sort mais se retrouve a souffrir de crypto-amnesie, comme le diagnostique le Dr Stratham Younger. Et le celebre Freud etant present… ses competences vont etre demandees…
Jed Rubenfeld, professeur de droit ayant soutenu une these sur Freud, signe ici son premier roman. L’intrigue est bien ficelee, le tout est parfaitement credible (a la fin du roman, il explique toutes ses sources), un fort travail est fait sur la reconstitution du New York du debut du siecle (batiments, techniques de constructions…) et le petit air suranne de la narration (a multiples voix) renforce le sentiment de debut de siecle. Une belle entree en matiere !

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

1909 Sigmund Freud est a New York pour donner une serie de conferences sur la psychanalyse. Au meme moment, une jeune femme de la bonne societe est etranglee apres avoir ete sauvagement torturee. Freud, fatigue, malade, en butte a l’hostilite de l’intelligentsia locale, se retrouve malgre lui implique dans l’enquete que mene l’inspecteur Littlemore…
Des bas-fonds de Chinatown aux hotels particuliers de Gramercy Park, ce thriller a l’intrigue impeccable nous plonge dans le New York en mutation du debut des gratte-ciel.

Diplome de Princeton, Jed Rubenfeld est professeur de droit a l’universite de Yale et a soutenu une these sur Freud. L’Interpretation des meurtres est son premier roman. Il a ete publie dans une trentaine de pays et a remporte un immense succes en Angleterre.

  • La revue de presse Gerard Meudal – Le Monde du 11 janvier 2008

En aout 1909, accompagne de ses deux collegues et amis, le pere de la psychanalyse debarqua a New York pour une serie de conferences a l’universite Clark. Celles-ci remporterent un grand succes et marquerent un veritable tournant dans l’histoire de la psychiatrie americaine. Curieusement, Freud ne sembla pas s’en rejouir : a son retour en Europe, il afficha une mefiance qu’il qualifiait lui-meme d'”irrevocable” vis-a-vis des Etats-Unis. Que s’est-il donc passe au cours de cet unique voyage de Freud en Amerique ? Quel traumatisme y a-t-il subi ? C’est sur cette idee que Jed Rubenfeld batit son roman…
Dans le decor etonnant d’un New York en pleine construction, le roman de Jed Rubenfeld mele habilement la fantaisie la plus debridee a une histoire authentique de la psychanalyse. L’auteur, professeur de droit a l’universite de Yale, a soutenu une these sur Freud. Meme s’il s’accorde quelques libertes, le soin qu’il prend de respecter la realite historique donne a son roman une touche d’authenticite passionnante.

  • La revue de presse Brigitte Hernandez – Le Point du 18 octobre 2007

En tete des meilleures ventes en Grande-Bretagne pendant six mois, ecoule dans 35 pays, son roman lui vaut les honneurs dans le monde entier. Logique : son bouquin est formidable, meandreux comme les fils de l’inconscient, flirtant avec l’historique (Dieu et les saints de la psychanalyse, Ferenczi, Jung… y sont convoques), le tout emmene par une ecriture nerveuse.

  • La revue de presse Francois Busnel – L’Express du 11 octobre 2007

Un petit bijou. Voila. C’est dit. L’Interpretation des meurtres est sans doute l’un des meilleurs polars de l’annee, l’un des plus beaux premiers romans de la rentree litteraire et l’une des plus efficaces introductions a la psychanalyse freudienne. Trois en un ! La formule du bon docteur Jed Rubenfeld est d’une efficacite redoutable. Paru l’an dernier aux Etats-Unis, ou il s’est vendu a 600 000 exemplaires, ce roman qui defie les lois du genre est deja en cours de traduction dans 30 pays…
L’intrigue est menee de main de maitre jusqu’a la derniere page. On croise, comme dans tout bon roman policier, un inspecteur idealiste, des flics corrompus, un magnat du beton aux moeurs un peu louches, une matrone aux airs de mante religieuse, un medecin legiste au caractere bougon… Et l’on reconnaitra en Nora Acton la fameuse Dora dont Freud traite le cas dans Cinq Psychanalyses. Mais, surtout, Rubenfeld superpose a sa fiction une autre affaire : l’etonnante bataille qui oppose Freud et Jung…
Rubenfeld parvient a tenir en haleine le lecteur le moins au fait des concepts psychanalytiques, grace a un sens parfait du suspense. Son style direct et simple fait ici merveille. Au passage, Rubenfeld signe l’une des plus saisissantes descriptions du New York du debut du siecle dernier : la scene ou Freud, decouvrant le metro qui relie Manhattan a Brooklyn, est pris de panique, est admirable. Tout comme celles ou nos detectives arpentent les fondations du pont de Manhattan. On n’a pas fait mieux depuis Ragtime, d’E. L. Doctorow. A la naissance d’une ville appelee a devenir la nouvelle Athenes de l’Occident repond la naissance de la psychanalyse. Jed Rubenfeld joue superbement de ces paralleles. Il s’impose comme un auteur a suivre.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

L’INTERPRETATION DES MEURTRES

Il n’y a point de mystere au bonheur.
Les malheureux se ressemblent tous. Une blessure d’autrefois, un desir jamais assouvi, un orgueil outrage, un amour naissant brise par le mepris, ou pire, l’indifference, autant de sentiments dont ils ne peuvent ou ne veulent se defaire, vivant ainsi chaque jour dans l’ombre du passe. L’homme heureux, lui, ne regarde pas en arriere. Il ne scrute pas l’avenir. Il vit dans le present.
C’est la l’ecueil. Il est une chose que le present ne peut apporter : le sens. Bonheur et sens ne peuvent cohabiter. Pour etre heureux, il faut vivre dans l’instant present ; pour l’instant present. Si, en revanche, on est en quete de sens – sens de ses reves, de ses secrets, de sa vie -, il faut reinvestir son passe, braver les tenebres, et vivre pour l’avenir, fut-il incertain. Ainsi la nature exhibe-t-elle sous nos yeux le bonheur et le sens, nous obligeant a choisir.
Pour ma part, j’ai choisi de privilegier le sens. Voila pourquoi, je suppose, je me retrouvai parmi la foule dans le port de Hoboken, par cette torride soiree du dimanche 29 aout 1909, a attendre l’arrivee du paquebot George Washington de la compagnie Nord-Deutsche Lloyd venant de Breme, qui amenait sur nos rives l’homme que je desirais le plus connaitre au monde.
A sept heures, le navire n’etait toujours pas en vue. Mon ami et collegue medecin, Abraham Brill, etait present, lui aussi, pour les memes raisons que moi. Dissimulant mal son impatience, il montrait une grande agitation et fumait cigarette sur cigarette. La canicule etait insupportable, et l’air epais empestait le poisson. Une brume etrange montait des eaux, comme si l’ocean s’evaporait. De sourdes cornes grondaient sur les flots lointains, dissimulees dans l’horizon caligineux. Meme les mouettes, dont resonnait le cri funebre, nous demeuraient invisibles. J’eus le pressentiment ridicule que le George Washington s’etait egare dans le brouillard, et que ses deux mille cinq cents passagers europeens allaient perir noyes au pied de la statue de la Liberte. Le crepuscule se fit, mais la temperature ne baissa pas. Nous attendions toujours.
Tout a coup, l’immense paquebot blanc apparut, non comme un point distant, mais tel un mammouth emergeant des nuees, juste sous nos yeux. Dans un sursaut collectif, la foule recula. Le sortilege fut toutefois vite brise par les cris des debardeurs, le bruit des amarres jetees, et le tohu-bohu qui s’ensuivit. Au bout de quelques minutes, une centaine de dockers avaient commence a debarquer le fret.
Brill me cria de le suivre et se mit a jouer des coudes pour se frayer un chemin jusqu’a la passerelle. Ses tentatives pour se rendre a bord se solderent par un echec : nul ne pouvait ni monter ni descendre. Il s’ecoula encore une heure avant que mon compagnon ne me tirat par la manche pour m’indiquer trois passagers quittant le navire. Le premier etait un monsieur a l’allure distinguee, vetu d’un costume blanc, a la barbe et aux cheveux gris, que je reconnus immediatement : c’etait le psychiatre viennois, Sigmund Freud.