Les oreilles de Buster

Couverture du livre Les oreilles de Buster

Auteur : Maria Ernestam

Traducteur : Esther Sermage

Date de saisie : 01/12/2011

Genre : Romans et nouvelles – étranger

Editeur : Gaïa, Monfort-en-Chalosse, France

Prix : 24.00 €

ISBN : 978-2-84720-202-1

GENCOD : 9782847202021

Sorti le : 04/09/2011

«J’avais 7 ans quand j’ai décidé de tuer ma mère et 17 ans quand j’ai finalement mis mon projet à exécution.» Phrase coup de poing qui vous met tout de suite dans l’ambiance.
L’histoire nous est racontée par l’auteur du crime, Eva, 56 ans, retraitée et passionnée de jardinage. Dans son petit village suédois, Eva revient sur son passé, son enfance, souffrant d’une mère égoïste et cruelle.
Un roman magnifique, mélange de poésie et de perversité.

Méfiez vous des roses, leurs épines sont aussi piquantes que leur parfum est odorant…
Pour ses cinquante six ans, Eva a reçu de sa petite fille préférée un carnet secret. Elle décide alors d’écrire ses mémoires. Apparemment en paix avec elle-même et avec les siens, son compagnon Sven et ses amies, Gudrun et Petra, elle semble n’être qu’une dame paisible. Elle n’en débute pas moins son récit par «J’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et dix sept quand j’ai finalement mis mon projet à exécution.» Déjà dans son premier roman, Maria Ernestam avait fait preuve d’adresse pour mêler trois destins. Ici, elle lie astucieusement deux instants de vie cruciaux d’une seule et même personne : celui des expériences et celui des bilans. D’une part, elle plonge, avec autant de répulsion que de fierté, dans l’enfance tourmentée de cette vieille dame, dont la mère n’était qu’une despote tyrannique et égocentrique. Et si c’est bien un véritable enfer qu’elle dépeint, elle arrive à doser savamment poésie et perversité pour décrire les différentes étapes que s’impose Eva avant de devenir la meurtrière de sa «maman». D’autre part, elle retrace avec pragmatisme le quotidien d’une femme âgée : les réunions entre copines autour d’un café et de pains au lait, le gardiennage d’une dame acariâtre et sénile, et, sa passion avérée pour les roses – notamment celles qui portent le doux nom de Peace. De l’anecdotique ? Certainement pas : Maria Ernestam maîtrise le suspens de façon si singulière qu’elle nous mène de surprises en découvertes ahurissantes. Alors laissez-vous emporter par les confidences nocturnes d’Eva, à la lumière de sa lampe de bureau, buvant un cognac : c’est souvent franchement drôle, quelque fois férocement immoral et toujours délicieux !

Eva a cinquante-six ans et partage une vie paisible avec Sven son époux à Frillesas, une petite bourgade suédoise côtière. Elle partage son temps entre l’entretien passionné d’un parterre de roses d’espèces rares, les visites de quelques amies, et une vieille dame acide. Sa fille Suzanne et ses petits-enfants vivent à proximité. Aussi, lorsque sa petite fille préférée Anna-Clara lui offre un carnet vierge, elle ne se doute pas que ce cadeau marquera un tournant dans sa vie. En effet, elle décide alors de tenir son journal, et la nuit, accompagnée d’un verre de vin, alors que Sven dort, elle tient son journal intime et revient sur son passé. Dans le calme de la nuit, les souvenirs souvent douloureux jaillissent. Traumatisée par une mère fantasque et tyrannique, Folcoche suédoise, qui ne l’a jamais aimée, elle avoue dès l’ouverture de son journal son intention précoce d’en finir : «J’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère.». Pourtant, sa personnalité duale balance continuellement entre sa partie blanche et sa partie noire, entre candeur et perversité, amour et haine, vengeance et pardon. Sans le savoir, Anna-Clara sauvera sa grand-mère, Les oreilles de Buster avait tout entendu mais rédiger et écrire ce journal lui permettra de faire la paix avec elle-même, d’accepter son histoire et son passé et de transformer enfin sa haine en amour. Un portrait attachant d’un personnage torturé qui a constamment eu l’impression de ne pas maîtriser totalement son destin.

Eva et ses rosiers… Eva et sa mère… Eva qui commence à écrire un journal intime à 56 ans, un peu par hasard… et c’est dans ces pages d’écriture nocturne qu’elle se livre, qu’elle raconte TOUT. Même si dès les premières pages on se doute un peu de ce qu’il est advenu de cette mère, on n’est malgré tout pas au bout de nos surprises… Ce livre est captivant, et difficile à lâcher. A noter quelques scènes mémorables, comme celle du fameux piège à souris… Un grand coup de coeur !

  • Le courrier des auteurs : 20/10/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Ma mère dit que je suis une Maria typique. Allez savoir ce que cela peut bien vouloir dire… Née et élevée à Uppsala en Suède, j’ai toujours été attirée par la lecture et l’écriture. Des études de langues et de mathématiques m’ont menée vers le journalisme et j’ai longtemps travaillé comme correspondante aux États-Unis et en Allemagne. De retour en Suède, j’ai cultivé ma passion pour le chant et la danse et c’est peut-être ce qui a fait naître le foisonnement d’idées qui m’a poussé à écrire des romans. Mon premier livre est sorti en 2005 et j’en ai maintenant cinq à mon actif. Deux d’entre eux ont été publiés en France : Toujours avec toi et Les Oreilles de Buster, qui vient de paraître. Sur mon site Web (www.mariaernestam.com) j’ai essayé d’en dire plus sur moi et mes livres et je serais ravie que vous passiez y faire un tour. Et puis, oui, je suis un mélange de personnalités opposées : je suis sociable et de bonne compagnie mais j’adore rester seule à lire, à écrire et à boire du thé.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le thème central des «Oreilles de Buster» est une relation mère-fille où une mère charismatique, belle, brillante dans ce qu’elle entreprend mais égoïste et totalement dépourvue d’empathie demeure aveugle aux besoins de sa fille. J’ai voulu explorer ce type de relation où quelqu’un s’efforce d’être aimé sans jamais y parvenir parce que la personne en face est incapable d’aimer quiconque, à part elle-même. Et j’ai voulu dépeindre un personnage – la fille – qui prend conscience de cela et qui, au lieu de se laisser submerger par le chagrin, agit et se révolte.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Il y a une citation de Shakespeare dans le livre qui dit ceci : «Il est une divinité qui donne la forme à nos destinées, de quelque façon que nous les ébauchions (1)». Pour moi, cela veut dire que nous avons beau nous efforcer de planifier nos vies, il arrivera toujours une chose que nous n’aurions jamais pu prévoir et nous serons toujours victimes des surprises, heureuses ou tristes, que la vie nous réserve. Une fois que l’on a compris qu’il ne faut jamais s’attendre à ce que les choses restent immuables, je pense que les chances de vivre dans une certaine harmonie augmentent énormément.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Sofi, ma fille de seize ans, a tout de suite dit : «Édith Piaf, Je ne regrette rien, bien sûr, mais aussi toutes ses chansons». C’est une grande fan de Piaf, comme je le suis moi-même. Et plus j’y pense, plus je trouve ce choix judicieux. Tout comme Piaf, Eva, la protagoniste de mon roman, peut paraître fragile. Elle non plus n’a pas une vie facile. Mais elle brûle de cette force qui lui fait surmonter les obstacles même lorsque c’est douloureux. La musique d’Édith Piaf porte en elle beaucoup de cette énergie farouche. Lorsque j’écrivais le livre, j’écoutais aussi souvent une auteure-compositrice suédoise nommée Rebecka Törnqvist. Sa musique est empreinte des mêmes qualités.

5) Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
L’un des thèmes principaux des Oreilles de Buster réside dans le fait que, en matière de mauvaises actions, ce ne sont pas toujours les plus «grosses» et les plus «flagrantes», comme la violence physique et la maltraitance, qui blessent la majorité des gens. Ce sont certes des choses terribles contre lesquelles il faut agir mais ce que j’appelle la «méchanceté quotidienne» est tout aussi néfaste : les commentaires sournois, les remarques insidieuses, le désir de rabaisser quelqu’un, par des moyens détournés, à la maison mais aussi à l’école, au travail ou ailleurs. J’aimerais que chaque lecteur se remémore ces moments où cette méchanceté l’a affecté, qu’il décide de l’affronter et s’écrie «Plus jamais ça !». J’aimerais qu’à travers la protagoniste du livre, il comprenne qu’il est parfois nécessaire de réagir – même si, en l’occurrence, la réaction d’Éva est plutôt radicale -, afin de survivre et d’être heureux.

(1) Ndt : Hamlet, acte V, scène 2 (traduction François-Victor Hugo).

  • Les présentations des éditeurs : 07/10/2011

Eva cultive ses rosiers. A cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu’elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s’occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi ta cruauté est-elle plus douce lorsqu’on l’évoque dans l’atmosphère feutrée d’une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l’a jamais aimée.

Très tôt, Eva s’était promis de se venger. Et elle l’a fait, avoue-t-elle d’emblée à son journal intime.

Un délicieux mélange de candeur et de perversion.

Maria Ernestam est suédoise, et vit à Stockholm. Éclectique, elle a multiplié les expériences artistiques : chanteuse, danseuse, mannequin, comédienne, journaliste et auteur. L’écriture s’est imposée naturellement comme son moyen d’expression privilégié. Son premier roman traduit en français, Toujours avec toi, a été particulièrement bien accueilli.