L’île du Point Némo

Couverture du livre L'île du Point Némo

Auteur : Jean-Marie Blas de Roblès

Date de saisie : 03/01/2015

Genre : Romans et nouvelles – français

Editeur : Zulma, Honfleur, France

Collection : Littérature française

Prix : 22.50 €

ISBN : 9782843046971

GENCOD : 9782843046971

Sorti le : 21/08/2014

Ce roman hors-norme est une véritable tranche de bonheur et de fantaisie. Prenant appui sur la littérature populaire du XIXème siècle, Jean-Marie Blas de Roblès tisse une intrigue tentaculaire et ambitieuse, doublée d’un jeu littéraire astucieux et plein de malice.

Tout part d’un diamant fabuleux qui disparaît du coffre de Lady Mac Rae. Toute une fine équipe se met en place pour poursuivre le dangereux Enjambeur Nô autour du monde… On suit les périples improbables de nos héros avec délice et curiosité, dans une histoire rocambolesque à l’imaginaire débridé, comme on n’en écrit plus guère.
Notre aventure est entrecoupée par la vie d’une entreprise, B@bil Books, qui fabrique dans le Périgord des liseuses électroniques là où auparavant était installé une fabrique de cigare et où se perpétue la tradition des lectures orales pendant le travail.

Une folie douce traverse ce roman à tiroirs joyeusement loufdingue pour nous offrir un vrai moment d’évasion, doublé d’une réflexion profonde et parfois acide autour du rôle de la littérature dans un monde où les gouvernances anonymes isolent et broient les individus.
Tout ça en un seul bouquin. Oui, oui !

Les romans de Blas de Roblès sont à la littérature ce que les parcs régionaux sont à la nature. Dans ces microcosmes protégés, l’imaginaire reprend ses droits et prospère à l’abri des prédateurs sceptiques. Un exemple ? Vers le milieu du livre, un malheureux personnage se fait écraser par un rhinocéros lancé par la catapulte d’un cosaque intolérant. Ce lettré inspiré ferait assurément le bonheur d’un savant fou, avide d’étudier un cerveau aussi fertile ! Séduit par un style délibérément suranné, le flâneur érudit s’engouffre dans cette aventure comme dans une mystérieuse ruelle médiévale. Un parcours sinueux où il adore se perdre et revenir sur ses pas. Le maître d’oeuvre a le don de semer en chemin ces petits cailloux qui enraillent l’impitoyable mécanique du temps. Un bémol tout de même, l’auteur se laisse parfois aller à une forme de surenchère pas toujours de bon goût. Mais ceci faisant partie du circuit, le visiteur est prié de ne garder que le meilleur sur son vieil appareil argentique.

(ÉNORME) COUP DE COEUR ! ! !

Magnifiquement écrit, génialement pensé et construit, merveilleusement imaginatif et excitant, d’une liberté absolue, ce roman total est un joyau d’une finesse éblouissante.

Ne passez pas à côté, rares sont les aventures littéraires aussi jubilatoires !

Dans ce roman monstre deux histoires principales s’entrecroisent. D’une part, un roman feuilleton à la mode su XIXe siècle, la poursuite autour du monde d’un diamant volé à bord de transports de plus en plus délirants. En contrepoint, la vie quotidienne des employés d’une usine de liseuses sise dans le Périgord où se perpétue la tradition de la lecture à voix haute dans les ateliers, pratique héritée des fabriques de cigares -ce que fut autrefois cette entreprise.
Les deux histoires, bien sûr, finissent par jouer l’une sur l’autre et par dérailler gentiment ensemble dans un crescendo à la fois absurde, grinçant et désespéré.
Ce livre furieux touche à tout : à l’histoire du cirque Barnum, aux remèdes contre l’impuissance, à la colombophilie, à notre pauvre monde occidental bientôt réduit à sa pâle imitation dans des parcs d’attractions chinois, aux pratiques mirobolantes des prostituées de Sidney… Il est en fait l’antithèse de ce qu’il dénonce : la mort du livre au profit de sa mécanisation, la mort de la lecture comme partage, et par dessus tout la mort de l’imagination, qui libère de la pesanteur du monde, qui réjouit et qui émeut, qui certainement permet d’aimer.
L’Île du Point Némo est la parfaite antidote à ce pessimisme : sa lecture en est tellement exaltante qu’il vous donne l’impression d’avoir vécu plus fort, pendant et longtemps après.
Merci à Jean-Marie Blas de Roblès de nous avoir donné le roman le moins convenu – parfois le plus inconvenant – et le plus imaginatif de cette rentrée littéraire.

Roman d’une ampleur extravagante et géniale. Complètement inclassable même si le point de départ s’inscrit dans le registre de l’aventure, de la grande aventure. C’est foisonnant, rayonnant, érudit, facétieux avec de légères touches jubilatoires. Vous tenez entre les mains un grand roman. Vous ne le lâcherez plus et de toutes façons vous l’aimerez. Ou bien je ne comprends plus rien à la littérature.
Il s’agit d’un véritable hymne à la littérature, aux livres, aux auteurs, aux lecteurs, à l’imaginaire débordant mais parfaitement maîtrisé, doté d’une petite dimension utopique, voire écologique qui n’est pas pour déplaire.
Embarquez vite dans ce roman à la recherche du diamant volé…

  • Les présentations des éditeurs : 23/05/2014

Roman d’aventures total, tourbillonnaire, conquérant, véritable machinerie de l’imaginaire où s’entrecroisent et se percutent tous les codes romanesques, la littérature populaire, entre passé historique et projection dans le futur, nos hantises programmées et nos rêves d’échappées irrépressibles.
Martial Canterel, richissime opiomane, se laisse interrompre dans sa reconstitution de la fameuse bataille de Gaugamèles par son vieil ami Holmes (John Shylock…). Un fabuleux diamant, l’Anankè, a été dérobé à Lady MacRae, tandis que trois pieds droits chaussés de baskets de marque Anankè échouaient sur les côtes écossaises, tout près de son château… Voilà donc Holmes, son majordome et l’aristocratique dandy, bientôt flanqués de Lady MacRae et de sa fille Verity, emportés – pour commencer – dans le Transsibérien à la poursuite de l’insaisissable Enjambeur Nô.
Par une mise en abyme jubilatoire, cette intrigue rebondissante vient s’inscrire dans les aléas d’une fabrique de cigares du Périgord noir où, comme aux Caraïbes, se perpétue la tradition de la lecture, à voix haute, des aventures de Jean Valjean ou de Monte-Cristo. Bientôt reprise par Monsieur Wang, voyeur high-tech, et fondateur de B@bil Books, une usine de montage de liseuses électroniques… Avec une ironie abrasive, ce roman-tsunami emporte toutes les constructions réalistes habituelles et ouvre d’extraordinaires horizons de fiction. Cette folle équipée romanesque est aussi la plus piquante réflexion sur l’art littéraire, doublée d’une critique radicale des idéologies et de la gouvernance anonyme, tentaculaire, qui nous aliène jusque dans notre intimité.

Jean-Marie Blas de Roblès
Né en 1954, il est l’auteur, chez Zulma, du monumental Là où les tigres sont chez eux (Prix du Roman Fnac, Prix Giono et Prix Médicis 2008).

  • La revue de presse Claire Julliard – Le Nouvel Observateur du 9 octobre 2014

C’est extravagant, touffu, délirant. On y évolue comme dans la jungle, à coups de machette, sans jamais quitter l’aventure. Car le nouveau Blas de Roblès est sans doute le livre le plus fou de la rentrée par sa façon de traverser le monde, les époques et les genres : à bride abattue…
Son livre offre tant de pistes de lecture qu’on l’emporterait bien sur une île déserte, en oubliant derrière soi beaucoup de pauvres petites autofictions. Blas de Roblès approche ici de son idéal de roman total et affirme sa radicalité : «Il vaut mieux mourir en essayant de changer le monde, dit l’un des héros, que de vieillir en le laissant agoniser.»

  • La revue de presse Patrick Grainville – Le Figaro du 18 septembre 2014

Jean-Marie Blas de Roblès conte la folle odyssée de trois hommes jusqu’à la mystérieuse île Némo. Ce n’est pas un roman psychologique, autobiographique ou documentaire, c’est un Léviathan feuilletonesque et ahurissant à la croisée de Jules Verne, d’Alexandre Dumas, de Conan Doyle, d’Agatha Christie, de Herman Melville, de Daniel Defoe, sans oublier Les Mille et Une Nuits et tant d’autres…
On emprunte le Nord-Express, le Transsibérien, deux aérostats peu communs, le Tolstoï 1239 et le Médiator, gros comme la basilique Saint-Pierre. La traversée réserve des rencontres décapantes : un certain docteur Mardrus, spécialiste de la sexualité des calamars, capable en outre de prouver mathématiquement que l’enfer n’existe pas…
Ainsi, ce qui semblait, au début, un jeu, un pastiche étourdissant, révèle sa profondeur, sa nécessité vitale. Quel hydrogène, quel hélium que l’imagination de Blas de Roblès !

  • La revue de presse Laëtitia Favro – Le Journal du Dimanche du 31 août 2014

L’auteur de “Là où les tigres sont chez eux” fait voler en éclats les codes du roman d’aventures en les surexploitant. Une réussite. Cela commence comme un péplum et se termine… en apothéose. Nous disons “cela”, non à dessein de déprécier mais au contraire de ne pas enfermer dans un genre l’incroyable objet littéraire signé Blas de Roblès, venu jouer des coudes sur le ring de la rentrée 2014. Catégorie “poids lourds” de toute évidence..
Par cette mise en abyme, et grâce à sa radicalité, ce récit critique avec force l’entertainment moderne qui, sous couvert d’abondance, bride l’imaginaire dès le plus jeune âge et nous dicte comment rêver.

  • La revue de presse Florent Georgesco – Le Monde du 4 septembre 2014

A la poursuite du réel, Jean-Marie Blas de Roblès réinvente avec délectation le roman d’aventure
L’imagination sert ici à réinventer le réalisme. La fantaisie, la permanente efflorescence d’intrigues, de péripéties, la bizarrerie elle-même sont les noms romanesques d’une recherche de ce qui fait du réel ce qu’il est, c’est-à-dire quelque chose qui échappe toujours, qui est toujours ailleurs. La pensée brille dès lors comme un diamant Anankè, qui n’est pas chose à s’attraper gravement, la mine soucieuse ; mieux vaut se laisser porter, s’abandonner à l’imprévu. ” Peut-être, dit un des personnages, ne comprendrons-nous quelque chose à l’ordre secret du monde qu’après une sincère et patiente mansuétude pour ses incohérences. ” Porté par les plaisirs du roman d’aventures, Jean-Marie Blas de Roblès accomplit l’ambition que devrait avoir tout écrivain conscient de ses pouvoirs. Il amène son lecteur vers une sorte d’étrangeté familière, où le monde, débarrassé des habitudes que nous avons prises avec lui, est soudain devant nous comme si nous le voyions pour la première fois.

  • La revue de presse Marianne Payot – L’Express, août 2014

Un feu d’artifice romanesque signé Jean-Marie Blas de Roblès. Dans les pas de Dumas, Verne, Doyle. Rien. Jean-Marie Blas de Roblès ne se refuse rien. Laissant libre cours à son imagination, il enchaîne, à la manière des feuilletonistes du XIXe, les histoires, un tourbillon d’histoires, tout au long de quelque 450 pages frénétiques. Le sourire aux lèvres et la plume jubilatoire, il convoque le capitaine Nemo, Michel Strogoff, le comte de Monte-Cristo, se joue de Conan Doyle et de Jules Verne, mais aussi de Cendrars, Stevenson et Tod Browning, le réalisateur de Freaks.

  • La revue de presse Marine de Tilly – Le Point du 24 juillet 2014

Ce livre est un hold-up. Un roman d’aventures total, “tourbillonnaire”, abrasif. Le genre qu’on ne lit pas souvent (surtout depuis la dictature planétaire de l’autofiction). Le genre qui décoiffe les chauves, qui réveille les morts, qui fonce à toute allure, qui embarque, physiquement, dès les premières pages, loin, très loin…
Ce livre est une folie. C’est le “steampunk” de l’été (pour les défenseurs et illustrateurs de la langue française, comprenez : décors dixneuvièmistes, action et narration futuristes), peut-être même de l’année, c’est le retour vers le futur de Michel Strogoff, du Comte de Monte Cristo et du Tour du monde en 80 jours, c’est une fête, étrange et déchaînée, une attraction, un Grand Huit.

  • Les courts extraits de livres : 23/05/2014

Le mystère des trois arpions

Le Tigre à droite, désormais invisible, à gauche les hauteurs pelées des monts Gordiens ; entre les deux, la plaine ressemblait à un désert fourmillant de carabes à reflets d’or. C’était à Gaugamèles, moins de trois ans après la cent douzième Olympiade. Darius avait aligné quelque deux cent mille fantassins et trente mille cavaliers : Indiens auxiliaires, troupes de Bactriane conduites par leurs satrapes respectifs, Scythes d’Asie, tous archers à cheval alliés des Perses, Ariens, Parthes et Phrataphernes, Mèdes, Arméniens, mercenaires grecs, sans oublier ceux d’Hircanie, de Suse, de Babylone ; Mazaios commandait aux soldats de la Syrie, Oromobatès à ceux des bords de la mer Rouge. On comptait aussi quinze éléphants et deux cents chars à faux pour lesquels le Roi des Rois avait fait dépierrer l’emplacement prévu pour la bataille.
Alexandre dormait.
Sur ses ordres, l’armée macédonienne – quarante mille hommes de pied, et à peine sept mille chevaux – s’était déployée sur un front oblique. La phalange au centre, protégée sur ses flancs par les hypaspistes de Nicanor, les bataillons de Perdiccas, ceux de Méléagre, la cavalerie thessalienne de Parménion sur l’aile gauche, celle de Philotas à l’autre extrémité. Le soleil déjà haut faisait luire casques et cuirasses, les boucliers aveuglaient.
Alexandre dormait toujours. Ses compagnons eurent le plus grand mal à le réveiller, mais lorsqu’il fut debout, il enfourcha Bucéphale et rejoignit l’aile droite, à la tête des cavaliers macédoniens.
Darius, au centre de son infanterie d’élite – dix mille Immortels dont on savait que pas un seul ne mourrait au cours du combat sans être aussitôt remplacé – signifia l’ordre de l’attaque. Il fit donner le gros de sa cavalerie sur l’aile gauche d’Alexandre et lança les chars pour enfoncer la phalange centrale. Le roi de Macédoine ne parut pas s’en préoccuper. Il emmena ses cavaliers vers la droite, comme s’il voulait contourner le front de ce côté, provoquant en miroir le même déplacement de la cavalerie adverse, mais avec pour effet de la disjoindre du reste des troupes et d’étirer le front. Tandis que Parménion subissait l’assaut des Perses, les phalangistes se préparaient au choc. Lorsque les chars ne furent plus qu’à une cinquantaine de mètres, cette haie d’hommes hérissée de piques s’ouvrit en plusieurs couloirs. Dans le même temps, les trompettes sonnèrent, et tous les fantassins se mirent à frapper du glaive le fer de leur bouclier. Cet incroyable vacarme effraya les chevaux des attelages, certains refusèrent, entraînant la culbute des chars, les autres s’engouffrèrent d’instinct dans les allées ménagées par les soldats. En se refermant sur eux, la phalange les avalait ; elle les digéra ensuite à coups de sarisses. Il faut pourtant avouer, dira Diodore, que quelques chariots, échappés à cette défense, firent de terribles dégâts dans les endroits où ils tombèrent. Les tranchants des faux et des autres ferrements attachés aux roues étaient affilés au point qu’ils portaient la mort sous des formes très différentes, enlevant aux uns le bras accompagné du bouclier qu’il portait, coupant à d’autres la tête si subitement, que posée à terre elle beuglait encore. Plusieurs infortunés furent tranchés par le milieu et moururent avant que d’avoir senti le coup.