Le temps ou nous chantions

Couverture du livre Le temps ou nous chantions

Auteur : Richard Powers

Traducteur : Nicolas Richard

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : le Cherche Midi, Paris, France

Collection : Lot 49

Prix : 24.00 / 157.43 F

ISBN : 978-2-7491-0489-8

GENCOD : 9782749104898

  • Les presentations des editeurs : 12/06/2010

En 1939, lors d’un concert de Marian Anderson, David Strom, un physicien juif allemand emigre aux Etats-Unis pour fuir les persecutions nazies, rencontre une jeune femme noire, Delia Daley. Ils se marient et elevent leurs trois enfants dans le culte exclusif de la musique, de l’art, de la science et de l’amour universel, preferant ignorer la violence du monde autour d’eux. Cette education va avoir des consequences diverses sur les trois enfants. Jonah devient un tenor de renommee mondiale, Ruth va rejeter les valeurs de sa famille pour adherer au mouvement de Black Panthers, leur frere Joseph tentera de garder le cap entre l’aveuglement des uns et le debordement des autres, afin de preserver l’unite de sa famille en depit des aleas de l’histoire. Avec des personnages d’une humanite rare, Richard Powers couvre dans cet eblouissant roman polyphonique un demi-siecle d’histoire americaine, nous offrant, au passage, des pages inoubliables sur la musique. Le Temps ou nous chantions a ete elu meilleur livre de l’annee par The NewYork Times et TheWashington Post.

Richard Powers est ne en 1957. Apres Trois fermiers s’en vont au bal (le cherche midi, 2004) Le Temps ou nous chantions est son deuxieme roman publie en France.

  • La revue de presse Christophe Mercier – Le Figaro du 6 avril 2006

… Le critique et universitaire Greil Marcus a ecrit de ce roman de Powers qu’il s’agissait du roman le plus ambitieux – et le plus abouti – qu'(il) ai(t) lu depuis Pastorale americaine. C’est plus qu’il n’en faut pour donner envie de se lancer dans ce fleuve de 762 pages grand format et petits caracteres. On n’est pas decu : d’accord avec Greil Marcus, on pense aux romans les plus recents de Roth (Pastorale americaine, bien sur, mais aussi La Tache), mais aussi a Thomas Mann : Richard Powers a ecrit simultanement non seulement un serieux challenger pour la course a ce serpent de mer qu’est le Grand Roman americain, mais le plus grand roman sur la musique depuis Docteur Faustus.

Il s’agit de l’histoire d’une famille americaine, pendant le dernier demi-siecle…

Richard Powers, on l’a dit, parle admirablement de la musique, de la facon dont une note peut contenir un univers, une vision du monde. Mais l’histoire de la famille Strom est aussi celle de l’Amerique, et de l’attitude d’un pays a l’egard des gens de couleur. On assiste, en arriere-plan, aux luttes pour l’integration ; on vit le supplice et la mort du jeune Emmett Till, assassine pour avoir siffle au passage d’une femme blanche ; on participe a la marche pour la paix lors de laquelle le pasteur Martin Luther King prononca son discours devenu fameux. A la sortie de l’enregistrement d’un disque, Jonah et Joey sont pris dans une emeute, et arretes parmi ceux de leur race… Puis viendront les Black Panthers, la repression, la vie dans la clandestinite…

Le Temps ou nous chantions est une fresque immense sur la decomposition d’un pays et de ses ideaux, sur l’amoralisation d’un Etat fonde pourtant sur des notions de generosite et d’ouverture.

On sort de ce fleuve emu, bouleverse et admiratif : sans jamais ecrire un roman politique, ni polemique, Richard Powers a decrit, a voix feutree, l’echec definitif d’un ideal.

  • La revue de presseFrancois Busnel – Lire, avril 2006

Le dernier roman de Richard Powers revisite l’histoire americaine des soixante dernieres annees a travers le destin d’une famille de musiciens metis. Un chef-d’oeuvre !

  • La revue de presse Pierre-Yves Petillon – Le Point du 30 mars 2006

Richard Powers. Qui ca ? Il est connu comme le loup blanc, pourtant, cet illustre inconnu. Et ce, depuis un bail, par la rumeur. Le grand romancier reste intraduit de l’americain… eh bien, le voici : c’est lui. Pourquoi a-t-il fallu si longtemps ? En France, on est certes tres amoureux de la litterature d’outre-Atlantique. Mais on s’en fait aussi une certaine image. On aime la solitude des terres sauvages. On aime le gothique, ses terreurs. Ou alors le parler laconique d’un prive. Powers, lui, ne cadre pas. Il a presque mauvais genre. On aime l’autre Amerique – au risque d’oublier qu’il y a aussi une autre Amerique que l’autre Amerique.

C’est un original… Le temps ou nous chantions est son cahier d’un retour au pays natal. Son huitieme livre ou, apres avoir monte la gamme, il retourne a la fondamentale. Largo, majestueusement orchestre. Son grand oeuvre.

Il y a une histoire dans Le temps…. C’est une saga familiale. Ils se rencontrent en 1939 lors d’un concert de la contralto noire Marian Anderson (la voix du siecle). Lui, David Strom, est un physicien juif allemand refugie. Elle, Delia, une fille de la bourgeoisie noire, qui aurait reve d’etre cantatrice. Un couple mixte. Puis un trio d’enfants, metis, estampilles colored, qui poussent dans une sorte de chaudron musical. En elevant leurs enfants au-dela de la notion de race, le couple veut les placer a l’avant-garde de cette longue marche qui demain transcendera l’archaisme feodal des demarcations et faire advenir une grande nation, une republique du chromatisme integral.

Enfance prodige, voix d’ange, Jonas, l’aine, va devenir un grand tenor. C’est sa carriere a travers une serie de vues que prend de lui, de loin en loin, son frere Joseph, qui l’a longtemps accompagne au piano sur scene.

ll y a enfin Ruth, la petite derniere…

On ne dira pas ici la double fin. Ni le contre-ut, dont le signal, ricochant sur la paroi courbe de l’espace-temps, revient, tel un boomerang, rattraper Jonas et le precipiter dans la gueule entenebree du monstre. Ni comment ce traite du bel canto quantique fait resurgir, non plus du parfum des aubepines, mais d’un microscopique interstice du sol, comme une fractale qui se deploie, la galaxie du temps retrouve.

  • La revue de presse Christine Ferniot – Telerama du 22 mars 2006

Richard Powers eut l’idee originelle du Temps ou nous chantions en regardant un documentaire sur le concert de Marian Anderson, en 1939, a Washington. Parce qu’elle etait noire, la plus grande contralto des Etats-Unis avait ete refusee dans les salles de concerts. Et c’est en plein air, dans un parc, qu’elle se tint, face a un public venu de tout le pays. J’ai compris a ce moment qu’on ne pouvait raconter l’histoire de l’Amerique comme je voulais le faire sans placer le racisme au coeur du projet. Mais, en meme temps, j’avais peur d’ecrire ce recit puisque je suis blanc. Il lui aura fallu vingt ans pour trouver la force de traiter la question du racisme par le biais de la musique. Le Temps ou nous chantions commence donc lors de ce concert mythique ou David Strom, physicien juif allemand, rencontre Delia Daley, jeune fille noire americaine. Le couple se marie, eleve trois enfants dans le culte de la musique, les protegeant du monde exterieur par une sorte de cocon sentimental et culturel. De cette tendre protection sortiront trois personnalites : Jonah, tenor a la voix exceptionnelle, entrera dans le camp des Blancs. Ruth, la petite soeur, adherera au mouvement des Black Panthers. Joseph tentera de preserver l’equilibre entre ces deux extremes, passant la premiere partie de sa vie a accompagner son frere au piano et la seconde a se rapprocher de sa soeur.

Sur ces bases romanesques, Richard Powers construit une oeuvre polyphonique tenant de la magie…

  • La revue de presse Raphaelle Rerolle – Le Monde du 24 mars 2006

On sait, depuis Trois fermiers s’en vont au bal, que Richard Powers est l’une des grandes voix romanesques des Etats-Unis. Un de ces talents puissants, pleins d’audace et de vitalite, qui ne craignent pas de s’attaquer a plus imposant qu’eux, saisissant dans le champ de leur narration d’immenses pans du monde pour les passer au moulin de leur ecriture et de leur imagination. Dans son precedent livre, cet Americain ne en 1957 avait entrepris de brasser l’histoire de son pays dans ses rapports avec l’Europe, en prenant comme fil conducteur l’oeuvre du photographe allemand August Sanders. Cette fois, la musique forme le systeme nerveux d’un roman tout aussi ambitieux que Trois fermiers s’en vont au bal et lui aussi centre sur l’identite de l’Amerique. Elu meilleur livre de l’annee par le Washington Post et le New York Times, Le Temps ou nous chantions propose une ample et belle partition sur le XXe siecle et son reve manque d’harmonie.

C’est par le prisme d’une famille, le pere, la mere et leurs trois enfants, que l’ecrivain a choisi d’observer ce songe inabouti. Lui, David Strom, est physicien, juif allemand emigre aux Etats-Unis. Elle, Delia Daley, la fille d’une famille de Noirs americains en pleine ascension sociale.

Entierement centre sur la musique, ne vivant que pour et par elle, le couple eleve ses enfants dans un halo protecteur, dont chacun sortira a sa maniere…

Un univers ideal, mais en apparence uniquement. Car c’est le temps qui fabrique a la fois les horreurs et les beautes du monde – lui qui fournit le tempo. De son ecriture precise et profonde, Richard Powers donne la mesure de ce temps…

  • La revue de presse Andre Clavel – L’Express du 23 fevrier 2006

Un Blanc, une Noire, la musique, l’amour au temps de la segregation… Richard Powers dirige avec maestria cette puissante symphonie litteraire

Tout pour la musique. Pres de 800 pages qui swinguent chez les anges. On ecoute. On vibre. On ressort en transe, hallucine, transforme. Avec a l’oreille toute la douceur de Mahler ou de Schubert, mais aussi les lamentos du gospel et les cris des damnes qui levaient le poing dans l’Amerique de la segregation. Il fallait un sacre talent pour meler tant de voix, tant de tumultes, et faire entendre la bande-son d’un pays dont le chant est parfois un hymne a la joie et parfois le plus sombre des requiem. Tout ca grace au maestro… La musique peut-elle devenir une redemption, dans un monde ou les lois du sang sont les plus fortes ? Peut-elle transcender les races et briser leur funeste carcan, comme le voulaient Delia et David Strom ? Ces questions hantent Powers, dans un roman-travelling qui brasse un demi-siecle de l’histoire americaine, entre les repressions policieres des sixties et l’assassinat de Martin Luther King, l’embrasement des ghettos et les sanglantes emeutes de Los Angeles. Autant de pistes dans cette symphonie magistrale, dans cet oratorio de la douleur et de la douceur ou l’ecriture balaie les tenebres pour s’envoler vers la grace. Sous la baguette enchantee de Magic Powers.