Garbo, mon printemps 1952

Auteur : Nelly Baringer

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Ed. Scali, Paris, France

Prix : 14.90 / 97.74 F

ISBN : 978-2-35012-045-4

GENCOD : 9782350120454

  • Les presentations des editeurs : 06/08/2006

Elle est entree dans une galerie d’art, a Paris, rue de Seine. J’y travaillais. Elle apparut, delicieuse, souriante. Troublee, impressionnee, paralysee par l’emotion, je voulus lui dire quelques mots. Mon patron, plus rapide, m’a prise de court. J’ai alors ete submergee par la jalousie.

Ce matin, il fait beau et frais. Elle apparait a la porte de la galerie, a contre-jour, reste quelques secondes, immobile. Je la reconnais tres vite. Elle est accompagnee du photographe anglais, sir Cecil Beaton. Je n’hesite pas. Je vais vers elle. Elle semble reflechir… Assez rapidement tout de meme, elle repondit

– A quelle heure terminez-vous ?

– Je serai ici un peu avant 7 h, lance-t-elle sur le pas de la porte.

J’ai eprouve le besoin de retranscrire mes nuits. Cela s’imposait a moi. Reveillee plus tot que d’habitude, assise a ma table de travail, j’ecrivais avant que ne s’effacent les sensations brulantes de la nuit, de mes reves, les odeurs meme. En ce printemps 1952, je la retiens. Je ne la laisse pas partir sans un mot, sans un sourire. J’ose. Je suis seule. Cette fois-ci, mon patron n’est pas la. Je venais d’etre initiee a ces plaisirs raffines… l’amour saphique.

Nelly Baringer est nee en 1927. Milieu bourgeois, fille de colons en Algerie, elle se sent tres vite mal a l’aise dans ce departement francais ou regne un esprit provincial… Elle part a la conquete de Paris et debute sa vie professionnelle par de petits boulots avant d’accepter un remplacement dans une galerie de peinture sur la rive gauche ou Greta Garbo entrera… ce printemps 1952. En 1963, elle creera sa propre galerie avenue Montaigne, entre le bar des Theatres, le Plazza et le Theatre des Champs Elysees.

  • Les courts extraits de livres : 06/08/2006

Elle rit. Moi aussi, un peu tendue. Deja une once de complicite. Je m’enhardis encore

– Ne partez pas. Je ne veux pas vous laisser disparaitre de ma vie… J’aimerais vous revoir. Puis-je ? J’aimerais vous inviter.., quand vous le souhaitez, ou vous voulez…

Elle semble reflechir… Assez rapidement tout de meme, elle repond

– A quelle heure terminez-vous ?

– 19 heures.

– Qu’est-ce que c’est, 19 heures ?

– A 7 heures, ce soir.

– Je serai ici un peu avant 7 heures, lance-t-elle sur le pas de la porte.

Je suis jeune, j’ai vingt-cinq ans. Je plais beaucoup, et a tous et toutes. Je suis sportive, pas du tout appretee, naturelle, et ils disent que j’ai de tres beaux yeux verts, qui frisent, un regard…