L’elegance du herisson

Couverture du livre L'elegance du herisson

Auteur : Muriel Barbery

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 20.00 €

ISBN : 978-2-07-078093-8

GENCOD : 9782070780938

Un veritable coup de coeur pour ce roman ou se melent philosophie et petit sale au lentilles.
Renee n’est pas celle qu’on croit, elle se conforme a l’image de la concierge vielle, laide et bete, mais elle lit Kant et ecoute de la musique classique dans l’arriere cuisine.
Colombe, elle, a 12 ans et ne supporte pas ce monde de faux semblants dans lequel elle vit. Elle a donc decide de se suicider le jour de ses 13 ans.
Merveilleuse galerie de portraits de ces habitants d’un riche hotel particulier parisien.
Regard aiguise, desabuse.
On rit enormement et malgre tout le roman se termine par une forte emotion qui vous laisse les larmes au bord des yeux.

  • Le courrier des auteurs : 10/07/2009

Lorsqu’on m’a pose la question de mes liens avec les libraires, c’est un visage qui a surgi. Celui d’une libraire qui officie, et c’est vraiment le terme, a la librairie generale Ryst de Cherbourg, pas tres loin de la ou j’habitais, en Normandie, lorsque mes deux romans ont paru. A l’occasion de la sortie du premier, elle m’avait invitee a une seance de dedicaces tres chaleureuse. Puis, plus tard, conviee a faire partie du jury du prix litteraire de la ville de Cherbourg. Et elle m’avait fait decouvrir, a cette occasion, un texte extraordinaire : En silence de Daniel Arsand – un bouleversement et une revelation. C’est un roman magnifique, a la langue somptueuse et au souffle puissant. Telle est la vocation des libraires : passeurs de litterature, accoucheurs de rencontres imprevues dans la grande jungle des parutions multiples. Je pense souvent avec beaucoup d’amitie a Joelle Lesauvage et a la maniere qu’elle a de reussir, tout en faisant son travail quotidien d’accueil et de conseil, a devorer un nombre invraisemblable de livres pour en rendre compte avec un sens aiguise de la lecture et une capacite d’emotion inegalee.

Je remercie, a travers elle, tous les libraires qui lui ressemblent.

(Propos recueillis par telephone)

Muriel Barbery – 10/09/2006

  • Les presentations des editeurs : 30/08/2006

“Je m’appelle Renee, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, a en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme a l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait a l’idee de personne que je suis plus lettree que tous ces riches suffisants. Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis tres longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal a poissons, la vacuite et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis tres intelligente. Exceptionnellement intelligente, meme. C’est pour ca que j’ai pris ma decision : a la fin de cette annee scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. “

Muriel Barbery est nee en 1969. L’elegance du herisson est son deuxieme roman. Le precedent, Une gourmandise, est traduit en douze langues.

  • La revue de presse Mohammed Aissaoui – Le Figaro du 10 mai 2007

Elle dit egalement qu’elle ecrit de maniere desordonnee – alors que dans son livre, c’est justement cette structure de narration alternee et tres travaillee que l’on remarque, de meme que l’architecture savamment etudiee d’une galerie de personnages animee par trois acteurs forts et psychologiquement bien penses : la concierge, l’adolescente riche et surdouee qui veut se suicider, et le nouveau locataire japonais, riche egalement, veuf, et amateur d’art – il y a de belles envolees sur l’art et la culture dans cet ouvrage. Renee, n’est pas ce que l’on peut appeler une heroine, et elle n’est meme pas sympathique – au debut tout au moins. Cette concierge de 54 ans, qui officie depuis pres de trente annees au 7, rue de Grenelle, est une veuve, rarement aimable, une haleine de mammouth, petite, laide, grassouillette, des oignons aux pieds, qui manie l’ironie avec generosite. Personne n’echappe a ses sarcasmes. En fait, derriere la concierge se cache une ferue de philosophie. Les apparences sont trompeuses : c’est l’un des messages simples de ce recit, ecrit dans un style vraiment piquant, drole, leger et erudit. Un roman qui pourrait entrer dans le registre des contes, sans leur cote pueril, avec une dose d’insolence meme. Bien sur, il est difficile d’expliquer les raisons d’un succes qui a ete, avant tout, porte par le formidable travail des libraires – Muriel Barbery a d’ailleurs decroche le prix des libraires. Mais on peut dire que c’est un livre bien. De L’Elegance du herisson, son auteur souligne qu’elle s’est fait plaisir en l’ecrivant. Un plaisir largement partage.

  • La revue de presse Jacques Nerson – Le Nouvel Observateur du 23 novembre 2006

Dire que Muriel Barbery est douee serait rester en dessous de la verite. Elle est comme l’orgue, un orchestre a elle seule. Capable de faire entendre les jeux les plus varies, l’erudit, le bouffon, le moqueur, l’emu, le polemique, le truculent… Elle a un humour devastateur. Plus rare encore, le sens de l’inattendu. On pleure de rire en la lisant. Et ce n’est que son deuxieme roman. Si elle est, a 37 ans, capable d’une telle virtuosite, que sera-ce demain ?

  • La revue de presse Anne Berthod – L’Express du 23 novembre 2006

La surprise est jolie et le succes merite pour cette enseignante en philosophie qui croque de si rejouissante facon les personnages et les situations…
Les plaisirs minuscules de l’existence, ces instants parfaits ou, parfois, tout bascule, Barbery les saisit avec la nostalgie atemporelle d’un Marcel Proust et la fraicheur d’un Philippe Delerm. Drole, intelligent et servi par une langue melodieuse, ce conte philosophique a quelque chose de japonais : gravement leger, aerien comme un haiku.

  • Les courts extraits de livres : 15/09/2006

Ainsi, comment se passe la vie ? Nous nous efforcons bravement, jour apres jour, de tenir notre role dans cette comedie fantome. En primates que nous sommes, l’essentiel de notre activite consiste a maintenir et entretenir notre territoire de telle sorte qu’il nous protege et nous flatte, a grimper ou ne pas descendre dans l’echelle hierarchique de la tribu et a forniquer de toutes les manieres que nous pouvons – fut-ce en fantasme – tant pour le plaisir que pour la descendance promise. Aussi usons-nous une part non negligeable de notre energie a intimider ou seduire, ces deux strategies assurant a elles seules la quete territoriale, hierarchique et sexuelle qui anime notre conatus. Mais rien de cela ne vient a notre conscience. Nous parlons d’amour, de bien et de mal, de philosophie et de civilisation et nous accrochons a ces icones respectables comme la tique assoiffee a son gros chien tout chaud.
Parfois, cependant, la vie nous apparait comme une comedie fantome. Comme tires d’un reve, nous nous regardons agir et, glaces de constater la depense vitale que requiert la maintenance de nos requisits primitifs, nous demandons avec ahurissement ce qu’il en est de l’Art. Notre frenesie de grimaces et d’oeillades nous semble soudain le comble de l’insignifiance, notre petit nid douillet, fruit d’un endettement de vingt ans, une vaine coutume barbare, et notre position dans l’echelle sociale, si durement acquise et si eternellement precaire, d’une fruste vanite. Quant a notre descendance, nous la contemplons d’un oeil neuf et horrifie parce que, sans les habits de l’altruisme, l’acte de se reproduire parait profondement deplace. Ne restent que les plaisirs sexuels ; mais, entraines dans le fleuve de la misere primale, ils vacillent a l’avenant, la gymnastique sans l’amour n’entrant pas dans le cadre de nos lecons bien apprises.
L’eternite nous echappe.