Ouest

Couverture du livre Ouest

Auteur : Francois Vallejo

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Viviane Hamy, Paris, France

Prix : 18.50 €

ISBN : 978-2-87858-235-2

GENCOD : 9782878582352

Dans une propriete isolee de l’ouest de la France, un chatelain progressiste et son garde chasse reactionnaire s’opposent frontalement. Huis clos tendu au coeur d’une France plongee dans les soubresauts du Second Empire. L’intrigue est coulee dans un texte d’un seul tenant, regard quasi cinematographique constitue de plans fixes. Une entreprise de dissection du social quelque part entre Sade et la Regle du Jeu.
Une lecture haletante !

Cerveau derange, idees republicaines, le baron de l’Aubepine ne cesse d’ inquieter son monde au coeur du pays chouan. Une dangereuse relation s’etablit avec son regisseur, robuste gaillard aux idees molles… Les deux personnages se sont bien trouves pour un voyage jusqu’au bout de la folie…Un roman apre et nocturne, ou les mots sont comme la meute de chiens, solides molosses menes avec puissance et brio.

Le garde-chasse du domaine des Perrieres, le brave Lambert, doit affronter la presence de son nouveau maitre, fils indigne du defunt baron de l’Aubepine.
Debute alors un huis- clos inquietant, ou il est question de jeunes filles de passage, de disparitions, de manipulations, et meme de Victor Hugo !

Dans la Normandie profonde d’un XIXe siecle agite par l’arrivee au pouvoir
de Napoleon III, un recit qui vous tient en haleine, vous emprisonne, vous
etouffe, a vous de voir l’effet qu’il produira sur vous.
Toute resistance est inutile…

Manuel de Poncheville, eleve du cours Florent – 17/10/2006

  • Les presentations des editeurs : 26/08/2006

Un soir, aux trefonds des terres normandes, un garde-chasse se decouvre un nouveau maitre. Le vieux baron de l’Aubepine est mort, un fils le remplace. Lambert etait un serviteur a l’ame trop pres de ses bois pour s’entendre avec ce l’Aubepine le Jeune petri de folies politiques, d’obsession des corps et de maladie rentree. Et pourtant… Ouest, c’est l’histoire d’un huis clos ou deux hommes se detruisent dans l’indifference d’un paysage. La terre detrempee s’englue sur les chaussures, la pluie colle aux yeux, les odeurs de gibier flottent sans fin et les matins sont seigneurs des forets. Ouest, c’est l’histoire d’une jeune fille a la peau de dentelle, d’ingenues fines et de demi-mondaines egarees. Dans le chateau des Perrieres, le calvados sert l’oubli, et l’inquietude, insidieuse, entenebre les chairs.

Francois Vallejo est ne en 1960. Comme il le suggere lui-meme, historiquement, il serait plutot “un croisement entre Sophocle et le XVIIIe siecle, un batard en somme, cherchant sa route dans le XXIe siecle”. Auteur de six romans – tous publies aux ed. Viviane Hamy – il est laureat du prix France Televisions 2001 pour Madame Angeloso, du Prix des libraires 2004 pour Groom et du Prix Pierre Mac Orlan 2005 pour Le Voyage des grands hommes.

  • La revue de presse Laurent Seksik – Le Point du 2 novembre 2006

L’ambition d’une oeuvre totalisante aurait merite un traitement plus long, mais cette maniere qu’a Vallejo de traduire la haine de soi, la fascination de la soumission, la violence d’un monde en mutation compose un miroir ou se refletent, a travers ses felures, les peurs et la dislocation de notre contemporain.

  • La revue de presse Agnes Severin – Le Figaro du 26 octobre 2006

A travers ce sanglant face-a-face, c’est tout un univers rural (presque) perdu qui se manifeste dans toute son exuberante sauvagerie. Les images sobres de Francois Vallejo sont un hommage constant au paysage, sombre decor qui se prete a tous les drames humains. Le charme des monologues interieurs opere, qui permet de sonder le trefonds des coeurs. Les etats d’ames finissent par se confondre pour rendre l’atmosphere sans cesse plus trouble. A l’Ouest, rien de nouveau.

  • La revue de presse Thierry Gandillot – L’Express du 7 septembre 2006

Ouest ou les jeux d’un inquietant baron. Francois Vallejo revisite, dans un suspense subtil, la dialectique maitre-esclave.

Si l’on ne craignait l’anachronisme, on s’ecrierait : quel zazou, ce l’Aubepine ! Fantasque heritier d’un chateau et d’une meute, longtemps humilie par un pere violent et meprisant a l’egard de son fils unique, trop frele, trop pale, le jeune baron de l’Aubepine des Perrieres ne se conduit en rien comme l’exigerait son rang. Au grand desespoir de son garde-chasse, Lambert, et de sa femme, Eugenie, qui fait office de cuisiniere et de servante au domaine.
[…] Deja remarque pour Madame Angeloso (prix France Televisions 2001) ou Groom (prix des Libraires 2004), Francois Vallejo confirme son talent en revisitant la dialectique maitre-esclave de facon aussi subtile que terrifiante dans ce roman historique hitchcockien. Decidement, Ouest pousse a l’anachronisme…

  • La revue de presse Christine Ferniot – Lire, septembre 2006

Francois Vallejo signe son meilleur roman, sombre et sensuel. Portrait d’un ecrivain qui monte.

Avec son nom de danseur de tango, on le verrait bien originaire de Buenos Aires. Or Francois Vallejo est ne dans les quartiers populaires du Mans. Avec son imaginaire qui transforme l’anodin en extravagance, on le croiserait volontiers sur la route, un peu bateleur, un peu marginal. Mais il est professeur de francais au Havre, ville beton ouverte sur l’Ocean et le reste du monde. Cheveux courts, chaussures cirees, sourire poli, il reserve sa folie a des personnages demesures qui poussent les murs et vivent sur la pointe du rocher. A douze ans, il redigeait des fictions maritimes quand les autres jouaient au foot dans la cour ou se repassaient les Rolling Stones en boucle. C’etait une activite secrete, dit-il, partagee cependant avec son frere aine qui, lui aussi, noircissait des pages de cahiers. Les parents n’en savaient rien, l’ignorent peut-etre encore. Vallejo a conserve dans son grenier ses premiers textes qu’il ne veut pas relire. Parfois des idees lui reviennent et le souvenir de moments de grace qu’il essaye toujours de retrouver. En 1998, le jeu devient realite avec la publication de son premier roman, Vacarme dans la salle de bal, une histoire dont le point de depart est un quiproquo de voisinage. L’ecrivain part d’un fait reel, minuscule comme un pilotis qui assure la construction. Il gardera ce principe dans ses autres livres (Pirouettes dans les tenebres, Madame Angeloso, Groom), faisant glisser un propos anodin, un detail physique, vers des proportions extravagantes : J’aime ce melange de folie et de construction maitrisee. Derriere ses livres se profile toujours la meme editrice, Viviane Hamy, qui lut son premier roman en quarante-huit heures. Elle le publie desormais tous les dix-huit mois avec constance et passion. Entre eux, il s’agit de ping-pong et d’echanges feutres. Viviane ne pointe pas chaque ligne du manuscrit, elle laisse entendre qu’a tel ou tel moment l’auteur pourrait aller plus loin. Francois Vallejo se contente de ces sobres indications, il ne lui en faut pas plus pour reflechir, densifier ses mots, resserrer sa pensee ou la faire exploser. Entre ces deux etres, la confiance est totale, la discussion constante et le respect mutuel.

  • La revue de presse Michel Abescat – Telerama du 26 aout 2006

… Nous sommes au XIXe siecle, au chateau des Perrieres, quelque part dans l’Ouest. Lambert, l’ancetre du narrateur, vient d’entrer au service du vieux baron de l’Aubepine, grand meneur de chouans…

On rit de ces relations maitre-valet cul par-dessus tete, des tourments de Lambert, dont Vallejo rend a merveille l’esprit et la langue surannes. Mais le livre bientot s’assombrit. La folie du maitre, de plus en plus inquietante, la raideur du garde-chasse, la perversite grandissante de leur relation poussent au paroxysme d’une violence d’autant plus impressionnante qu’elle est suggeree. Et c’est tout l’art de Vallejo. L’histoire accomplie – forcement tres noire – garde au bout du compte son mystere irreductible…

  • Les courts extraits de livres : 12/09/2006

Une fois, Magdeleine apparait a cote de lui, en chemise. Elle n’est donc pas bouclee dans sa chambre, elle non plus ? Va te recoucher, Magdeleine. Faut pas ecouter tout ca, c’est de la mauvaise vie, faut pas.
Tu crois qu’il lui fait du mal ?
Pas autant qu’elle le merite. Mais on ne gagne jamais rien a trop agacer la bete. Tu le sais bien, a la fin elle mord.
Il la rend malheureuse, elle me l’a dit, plus que malheureuse. Il en fait de la chair. Tu comprends ca, toi ? De la chair. C’est pour ca qu’elle voulait partir.
Oui, et maintenant c’est pour ca qu’elle veut rester, la garce.
Tu crois vraiment ?
Je ne crois rien, c’est pour ca que je suis la. Est-ce que tu penses, Magdeleine, qu’un cheval de labour qu’on lait avancer plusieurs quarts d’heure de rang aime sa charrue ?
Il n’a pas l’air de trop rechigner.
Ca doit etre pareil.
Pareil que quoi ?
Je ne crois rien, c’est pour ca que je suis la. Est-ce que tu penses, Magdeleine, qu’un cheval de labour qu’on lait avancer plusieurs quarts d’heure de rang aime sa charrue ?
Il n’a pas l’air de trop rechigner.
Ca doit etre pareil.
Pareil que quoi ?
C’est facon de dire, Magdeleine. Encore une fois, va te coucher. Ce n’est pas ta place. Il y a des choses, faut pas que les filles les apprennent, pas plus si elles sont comme qui dirait presque des femmes, faut pas.
Elle reste, elle aussi, elle se fait oublier pres de Lambert. Il y va encore de ses nom de Dieu, qu’est-ce qu’ils peuvent bien foutre la-dedans ? Sur les trois heures, trois heures et demie, cela s’arrete, ce chambard, cette rigolade qui n’est peut-etre pas une rigolade. Eugenie dort comme un cheval de labour, quand Lambert se pose de tout son poids sur le bord du lit. Elle a du travail de bonne heure. Le printemps est encore frais, les cheminees a relancer, le fourneau, la cuisine et le lever de Berthe.
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