Le retour du hooligan : une vie

Auteur : Norman Manea

Traducteur : Nicolas Veron

Date de saisie : 28/09/2006

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Fiction et Cie

Prix : 22.50 / 147.59 F

ISBN : 978-2-02-083296-0

GENCOD : 9782020832960

  • Les presentations des editeurs : 04/09/2006

Ne en Bucovine en 1936, Norman Manea a ete deporte dans un camp de concentration en Transnistrie, en 1941, comme l’ensemble de la population juive de cette region. Ses grands-parents y periront. A son retour, en 1945, il est fascine par l’utopie communiste, mais s’apercoit tres vite de la realite cruelle, perverse et tragi-comique de ce regime totalitaire. Des lors, la litterature se presente a lui comme un veritable refuge. Pousse a l’exil en 1986, d’abord a Berlin-Ouest, puis a New York, il se voit prive de son dernier asile et seul ancrage, sa langue. A l’occasion d’un sejour en Roumanie en 1997, le temps se decloisonne : la mere est morte entre-temps, mais les fantomes du passe viennent croiser ceux du present, entre realite et hallucination. Ce somptueux roman evoque soixante ans de tenebres, ce qui n’empeche pas un humour parfois burlesque. L’auteur explore un ” je ” aux multiples facettes pour faire revivre un destin individuel debarrasse des cliches de victimisation de la memoire collective ; il offre un fulgurant autoportrait entre terreur et beaute, qui devoile une epoque chaotique et sanglante.

Norman Manea est le plus traduit des auteurs roumains d’aujourd’hui ? depuis pres de vingt ans il vit en exil a New York. Le Retour du hooligan a ete salue par la presse americaine et europeenne comme un des plus grands ouvrages de litterature sur la tragedie de l’Europe de l’Est au XXe siecle et a recu en Espagne le prix du Meilleur Livre etranger 2005.

  • La revue de presse Marine Landrot – Telerama du 28 septembre 2006

Ecrit dans un style tonitruant, comme si les mots cherchaient a faire du bruit pour tuer la peur, Le Retour du hooligan est un fourbi angoissant dans lequel on se perd et se raccroche a des branches qui ne cessent de se casser…
La beaute de son livre vient de sa confiance en la langue, ce domicile phreatique qui l’heberge depuis toujours, avec une bienveillance consolatrice. Des ses premieres lectures d’enfance, il a compris que la langue etait un conte plein de pieges, de faceties, d’illusions, et acquis une competence indispensable a la survie en dictature : lire entre les lignes. Si l’on pratique cet art du decodage sur son roman, une certitude se fait jour : l’exil est un saut a l’elastique, un voyage illusoire. D’ailleurs, Manea ne serait-il pas issu du latin manere qui veut dire rester ?

  • La revue de presse Josyane Savigneau – Le Monde du 1er septembre 2006

Ce Retour du hooligan – allusion au texte de Mircea Eliade en 1934, Les Hooligans (1) – est autobiographique sans etre une autobiographie ou des Memoires. C’est plutot un roman de la memoire, hante par Joyce et Proust, avec un retour vers “le passe comme fiction” – titre d’une des parties du recit. Le retour reel a eu lieu en 1997. Norman Manea s’est laisse convaincre d’accompagner le president de son universite, invite a une tournee de conferences en Roumanie. “Sur ce voyage, les avis de mes amis ecrivains divergeaient. Saul Bellow pensait que je ne devais pas partir, Philip Roth m’encourageait a accepter, me faisant promettre de prendre des notes et de lui envoyer un fax chaque soir.” Il a suivi l’avis de Roth, et, pendant les douze jours de son sejour, a tenu un journal qu’il a perdu lors de son vol de retour. […] Manea avait toujours dans sa poche, en guise de viatique, une phrase de Joyce, extraite de Dedalus. Portrait de l’artiste jeune par lui-meme : “Je ne veux pas servir ce a quoi je ne crois plus, que cela s’appelle mon foyer, ma patrie ou mon Eglise. Je veux essayer de m’exprimer, sous quelque forme d’existence ou d’art, aussi librement et completement que possible, en usant pour ma defense des seules armes que je m’autorise : le silence, l’exil, la ruse.”

  • La revue de presse Marc Weitzmann – Le Point du 31 aout 2006

D’origine roumaine, l’auteur a connu le pire de l’experience europeenne – deportation dans un camp nazi, dictature communiste, exil aux Etats-Unis. Un roman indispensable. […]

La description amere et tenebreuse que Manea fait de sa vie americaine, tout comme l’etrange structure du recit, qui s’ouvre sur New York et met en scene un bref retour en Roumanie, pretexte au dechainement des souvenirs, n’autorise aucun happy end. Pour Manea, New York n’est guere qu’un autre lieu de cette profonde anormalite qu’est l’existence humaine, ou, au milieu des etrangers d’ici, de la-bas et de partout, la confusion, ultime richesse de l’exile, me restitue un Dieu familier