Tango

Auteur : Elsa Osorio

Traducteur : Jean-Marie Saint Lu

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Metailie, Paris, France

Collection : Bibliotheque hispano-americaine

Prix : 22.00 / 144.31 F

ISBN : 978-2-86424-596-4

GENCOD : 9782864245964

  • Les presentations des editeurs : 01/12/2006

A Paris, au Latina on danse le tango. Luis invite Ana a danser. Elle est francaise et elle aime le tango avec passion. Il est argentin, de passage a Paris pour une derniere tentative d’echapper a une crise economique et psychologique. Un projet de film sur le tango va les reunir.
Tango recree l’histoire d’une ville et d’une musique a travers la saga de deux familles, aux deux bouts de l’echelle sociale, une intrigue sans faille, des personnages attachants et hauts en couleur pour une oeuvre litteraire forte ou le fantastique revendique la force vitale de l’amour et de la danse. Un cocktail explosif d’amours, de luttes, de joies et de trahisons, et une danse dangereuse et sensuelle qui les reunit en une etreinte.
Avec l’elegance d’une bonne danseuse, Elsa Osorio change de temps, de narrateur, d’espace comme on change de cavalier, et son ecriture communique au lecteur le vertige de la danse, l’ivresse de la musique melee a la sensualite et au mouvement.

  • Les courts extraits de livres : 09/06/2009

Hernan avance avec elegance et s’arrete au milieu de la piste, s’immobilise quelques secondes, pour se concentrer, sa main chaude et ferme sur la taille de Joaquina, une annonce d’attaque, une provocation que sa compagne accepte pour se lancer dans cette complexe broderie des pieds qui murmure des passions aux planches. Il savoure le cuir souple de sa chaussure, le bois reconnaissant sous sa semelle et la chaleur du corps de Joaquina qui lui demande ces ochos en arriere et ces voleos pour briller.
Il l’a dit ce soir, pendant qu’ils dinaient, a son ami Maco : il est plus important d’ecouter le corps de la femme qui t’accompagne que d’imiter les compadritos, c’est elle qui excite ton imagination. Et si le corps de Joaquina resplendit avec ces ochos en arriere, la Nata ne fait qu’une avec ces quebradas a couper le souffle.
Le trio de violon, flute et guitare attaque maintenant El queco, et Hernan lance Joaquina. Un homme grand, a la peau olivatre, entierement vetu de deuil, pousse Hernan et lui arrache la femme des bras.
– Tu veux danser avec lui, Joaquina ? demande Hernan d’un ton calme.
Le couteau etincelle, menacant, et pour toute reponse Joaquina baisse la tete.
Precedee d’une fureur de soie, Concepcion Amaya s’approche, Mamita, comme l’appellent ses clients et ses pupilles, et elle exige que l’Oriental sorte immediatement de chez elle, ou elle appellera la police.
– Et toi aussi, Joaquina, tu t’en vas. Et pour toujours.
C’est dommage, c’est une grande perte, mais ce n’est pas Hernan qui va dire a Mamita comment mener sa maison. Elle a prevenu Joaquina qui n’en a pas tenu compte, plus jamais elle ne recevra de femmes controlees par ce maquereau bagarreur, l’Oriental. Excusez-moi, don Hernan, et ne me faites pas cette tete, non, pourquoi partiriez-vous, avec toutes ces jolies femmes qui vous veulent, aujourd’hui c’est la maison qui regale, regardez-moi cette beaute. Merci, mais il prefere la Nata, elle n’est pas jolie mais il n’y a personne comme elle pour se balancer sur ce superbe tango de Campoamor que le trio attaque deja.