Une purete sans nom

Couverture du livre Une purete sans nom

Auteur : Laurent Dingli

Date de saisie : 02/01/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Flammarion, Paris, France

Prix : 23.00 / 150.87 F

ISBN : 978-20806888987

GENCOD : 9782080688897

Claire Lamarre – 19/03/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/04/2007

Moi, docteur Maximilian Gruber, ne a Munich, le 6 decembre 1904, indifferent a la politique, mais encore epris d’un bel ideal, j’ai contribue modestement a forger l’arme qui allait un jour endeuiller l’humanite. Pendant des annees, je me suis rabattu sur les principaux coupables de ce drame, moi qui me croyais innocent comme l’agneau a la tetee… Mais laissons un moment les grands criminels, mon fils, les Hitler, les Staline, les Goebbels, non, celui qui m’interesse aujourd’hui, c’est lui, l’homme qui est cache dans la foule, qui acclame et qui crie, lui l’anonyme dont le corps modeste, joint a celui des autres, fait masse, lui l’instrument indispensable, lui qui dira plus tard qu’il etait la par hasard, qu’il ne savait pas, qu’il avait mal au ventre ou qu’il etait triste, lui qui, peut-etre, n’etait pas d’accord mais ne l’a jamais crie. Il etait la, sur la photo, au milieu de cette boue, c’etait moi, c’etait nous, les irresponsables.

Laurent Dingli, docteur en Histoire, a deja publie chez Perrin Colbert, marquis de Seignelay, et chez Flammarion des biographies de Louis Renault et de Robespierre. Une purete sans nom est son premier roman.

  • Les courts extraits de livres : 17/04/2007

L’age d’or a-t-il existe ailleurs que dans mes reves ? Mon esprit se noie dans le monde onirique des marges et des frontieres. La barque de mes souvenirs glisse, silencieuse, sur les eaux calmes d’un lac aux confins des profondeurs abyssales. Mais le tumulte de la tempete est deja inscrit dans la quietude des flots et sous les roches tendres des berges couve une lave incandescente. C’est ainsi, Karl, que je revois mon enfance et l’Allemagne d’avant 1914. On m’a aussi vole la purete de ma Genese. Peut-etre ce desenchantement fait-il partie de la conscience cruelle a laquelle les ames nobles sont condamnees. Je ne sais. Mais le passe le plus lointain ne me semble pas intact ; comme si la foudre avait precede le tonnerre, comme si le corps sain developpait deja les germes de la putrefaction et annoncait sa propre finitude. Je suis persuade que la detonation se fit entendre avant meme que le coup ne fut tire.
Et pourtant, l’epoque de mon enfance etait encore peuplee de geants sublimes et terribles. Je parlais aux pierres comme au reflet magnanime de mes attentes. Je dialoguais avec les bois et les sources qui me restituaient, en offrande, le souffle de la vie et le sel de mes desirs. Je frolais les mysteres la ou d’autres les pietinent, effleurant du bout de mon ame cette ame que je voulais preserver. Il n’y avait pas une relation de maitre a esclave, de vainqueur a vaincu, du vivant a l’inerte, mais un chant suave et universel dont je n’etais que l’infime et radieux interprete.