Meurtre a la virgule pres

Auteur : Alain Etchegoyen

Date de saisie : 03/02/2007

Genre : Policiers

Editeur : Archipel, Paris, France

Prix : 18.95 / 124.30 F

GENCOD : 9782841879113

  • Les presentations des editeurs : 04/02/2007

Paule-Andree Grenelle etranglee ! Le corps de la celebre journaliste a ete decouvert ce matin dans une suite de l’hotel Lutetia. Le mobile ? Ni le viol ni le vol, semble-t-il. Mais plus trace de son telephone portable. Envolee donc la liste de ses amants – nombreux -et de ses contacts dans les milieux politico-industriels.

Crime crapuleux ? passionnel ? Vengeance ? Pour le commissaire Lourdel, l’essentiel est que son adjoint lui fournisse des rapports a l’orthographe et a la syntaxe impeccables… a la virgule pres ! Car debusquer les fautes de francais, c’est deja apprendre a debusquer les fautes des hommes. De quoi deconcerter l’apprenti flic Gelin, plus habitue a soigner son angle de tir qu’a polir son phrase…

Une jongleuse de concepts, un savant deroutant, un petit cretin d’avocat s’invitent bientot dans cette enquete ou l’on est aussi prompt a degainer le Robert que le revolver…

La philosophie, l’enseignement, le journalisme, l’entreprise, le conseil politique, le commissariat au Plan, et maintenant… le polar ! Mais lorsque Alain Etchegoyen trempe sa plume dans le noir, c’est aussi pour croquer certaines personnalites qu’il a connues en couleur. Bien entendu, toute ressemblance…

  • Les courts extraits de livres : 04/02/2007

Routine

LE BUREAU DU COMMISSAIRE LOURDEL : REUNION DES COLLABORATEURS – ORGANISATION DE L’ENQUETE – UN COUP DE TELEPHONE ATTENDU – PREMIER INTERROGATOIRE.

Tout le monde va etre a l’heure, sauf peut-etre Berjelle. Je vais commencer de facon presque mecanique, routiniere. Il faut que je forme Gelin a la methode. Pour le moment, je n’ai pas d’idee precise. Seules quelques hypotheses d’ores et deja exclues. Mais pas de piste. On m’a laisse l’affaire. Je n’ai eu aucune remarque du ministere sur le rapport de Gelin que j’avais heureusement modifie. Il est costaud, ce Gelin, mais il manque de finesse. Il fait des efforts, mais il reve d’affrontements. J’ai souvent l’impression que ces petits jeunes entrent ici par hasard ou influences par des fictions. A part Hammett et Chandler, et Gernigon quelquefois pour les Francais, tous les autres racontent n’importe quoi ! Enfin…
– Bonjour Jansen, vous etes le premier. Vous avez un peu d’experience, je vais vous laisser la parole sur la methode. Vous avez lu le rapport redige par Gelin ? Ou plutot, le rapport corrige par moi ?
– Oui, bien sur. Je n’ai releve aucune faute. Nous sommes a bonne ecole, commissaire Lourdel.
– Un detail, Jansen : vous ne tutoyez pas Gelin. Je l’ai deja dit. Ici, nous ne sommes pas une bande de copains, mais des professionnels. Pas de familiarite inutile.
– J’ai compris, chef. Mais vous savez, on s’etait deja rencontres chez des amis communs…
– Ce n’est pas un reproche, c’est juste que vous avez tendance a oublier… Bonjour, Gelin. Bonjour, Berjelle. Voila, nous sommes au complet. Nous allons pouvoir commencer. Un mot, Gelin, sur votre rapport : quand je vous dis qu’il est destine au ministere de l’Interieur, vous n’etes pas oblige de reprendre mes propos sur un eventuel dessaisissement ! C’est plutot maladroit. Je n’ai corrige que ce passage. Le reste etait correct. Vous avez seulement oublie mes remarques sur les lampes allumees et les lumieres eteintes.

  • Les courts extraits de livres : 04/02/2007

Gelin, je vois votre moue interrogative, exhaustive signifie qui envisage tous les cas possibles, sauf les plus absurdes, comme ici l’hypothese d’un suicide ! -, et, dans un second temps, quand des pistes apparaissent, nous en formulons toutes les implications et nous les verifions une a une. La procedure routiniere, c’est une recherche a l’aveugle. Plus elle est courte, mieux c’est. La verification des pistes, c’est aussi leur elimination. Il faut se lancer avec prudence car la lumiere projette toujours des ombres… Jansen, a vous maintenant.
– Premierement – et comme toujours -, nous faisons l’inventaire exhaustif, comme dit le commissaire Lourdel, de toutes les personnes rencontrees par la victime les jours precedant le meurtre. Meme chose pour les communications telephoniques. Deuxiemement, nous analysons les resultats de l’autopsie et le releve des traces sur le lieu du crime. Troisiemement, nous rencontrons quelques-uns de ses proches pour connaitre ses ennemis, ses angoisses ou ses projets. Pour cette victime en particulier, nous faisons en plus l’inventaire des articles publies et des emissions auxquelles elle a participe. Nous avons une semaine avant de nous reunir a nouveau pour reflechir.
– Oui, Gelin, retenez bien ca : il n’existe pas de genie dans la police, c’est l’intelligence collective qui marche. Maintenant, comprenez bien le verbe reflechir. On ne reflechit pas a vide, dans sa tete; comme on dit : reflechir, cela signifie ecrire. Ecrire, ce n’est jamais une perte de temps. C’est ce qui fait reflechir. Quand on ecrit, on pense mieux ce qu’on lit apres l’avoir ecrit. Et, mieux on ecrit, mieux on pense.
– Je sais, inspecteur, j’ai compris.
– J’ajoute que si un evenement exceptionnel apparait, la reunion collective peut avoir lieu plus tot pour que nous soyons tous en alerte. Des questions ? Oui, Gelin.