La peste et l’orgie

Couverture du livre La peste et l'orgie

Auteur : Giuliano Da Empoli

Traducteur : Alain Sarrabayrouse

Date de saisie : 22/02/2007

Genre : Documents Essais d’actualite

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 13.90 / 91.18 F

GENCOD : 9782246700814

Sorti le : 07/02/2007

Joachim Salinger 030407 – 05/04/2007

Emma Barcaroli – 13/03/2007

  • Les presentations des editeurs : 23/03/2007

Terrorisme, mondialisation, effondrements en tout genre et tous azimuts. On s’alarme, on deplore, on se complait, on se complaint – et l’on ne sait plus regarder le monde qu’a travers le prisme de nos passions tristes…
Declin de toutes les valeurs ? Non, affirme l’auteur de ce livre : reequilibrage entre les forces apollinienne et dionysiaque cheres a Nietzsche. Agonie des animaux humains que nous sommes, malades de la peste ? Ou avenement du carnaval paien ? Cet essai salutaire, plein d’humour et d’elegance, nous invite donc a congedier les jeremiades, a connaitre et a celebrer notre modernite pour ce qu’elle est : contradictoire, schizophrenique, sublime et fangeuse a la fois.
Alors, americanise, le monde ? Bresilianise, plutot. Le Bresil, proverbiale terre de contrastes, est le miroir allegorique de notre culture, oscillant entre aspirations religieuses et violence, ou la mort et le sexe, le faste et la misere se cotoient. Il est temps de rouvrir les yeux et de redecouvrir, dans toute sa puissance, l’esthetique joyeuse et morale de l’orgie – c’est-a-dire de la liberte.

Giuliano da Empoli, sociologue et journaliste romain ne a Paris en 1973, a ete conseiller du ministre de la Culture italien. Remarque pour ses nombreux articles ainsi que trois ouvrages, Un grande futuro dietro di noi (1996), La guerra del talento (2000) et Overdose (2002), il est le fondateur et directeur de la revue politique et culturelle Zero.

  • Les courts extraits de livres : 23/03/2007

Ce n’est pas un hasard, je crois, si c’est la qu’en 1940 debarquent Stefan Zweig et sa femme, fuyant les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Et si la civilisation europeenne devait vraiment etre aneantie par cette guerre, ecrit-il, […] nous savons qu’une civilisation nouvelle est ici a l’oeuvre, prete a traduire en realite tout ce que les nobles generations intellectuelles ont vainement souhaite et reve : une culture humaine et pacifique.
Il y a trop d’emphase et trop d’optimisme dans les mots de Zweig. Dieu sait a quel point le Bresil a paye l’eternelle promesse, jamais realisee, d’etre le pays du futur.
Et pourtant, le 11 septembre, quelque chose est aussi arrive au futur. Avant cette date, et tout au long des annees quatre-vingt-dix, il coulait comme un long fleuve tranquille, du centre vers la peripherie. Ce qui se passait au centre, au coeur de l’Occident, semblait devoir se propager, selon des temps et des modalites differentes, dans le reste du monde. Modeles economiques, politiques, culturels, modes, technologies : tout semblait irradie par une meme source extremement lumineuse. Il suffisait aux futurologues de se promener dans la Silicon Valley et dans les ruelles de Tokyo pour esquisser les contours d’un avenir deja familier, rassurante projection du present. Depuis que le monde a cesse d’etre paresseux, la vie de chateau a pris fin. Avec l’effondrement des Twin Towers, la clarte des pronostics en matiere de modeles sociaux a elle aussi chute.