Michou d’Auber

Auteur : Thomas Gilou | Messaoud Hattou

Date de saisie : 09/03/2007

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Intervista, Paris, France

Collection : Cinema

Prix : 14.50 / 95.11 F

ISBN : 978-2-910753-44-3

GENCOD : 9782910753443

  • Les courtes lectures : Lu par Claire Lamarre – 16/03/2007

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Claire Lamarre – 02/03/2007

 

 

  • Les presentations des editeurs : 16/03/2007

Nous sommes en 1963. Messaoud, 8 ans, est un enfant d’Aubervilliers. Parce que sa mere est gravement malade, son pere Akli doit se resigner a le confier a l’Assistance publique avec son frere Abdel. Emmenes a l’hospice Saint Vincent-de-Paul, les deux enfants sont ensuite places respectivement dans une famille d’accueil du Berry. En butte aux prejuges de l’epoque, Gisele la mere nourriciere, decide de changer l’identite de Messaoud.

Contraint de dissimuler son origine algerienne et d’ignorer le lien qui l’unit a Abdel, Messaoud devient alors Michel Le Franc dit Michou…

L’histoire de cet enfant et de sa decouverte de la France profonde est evoquee sur un mode simple et emouvant. Porte par l’amour que lui prodigue sa famille d’accueil, ce sera pour lui une initiation a la nature, aux premiers emois amoureux, au sentiment mystique…

C’est le recit veridique a la premiere personne sur le cheminement entre deux cultures. Michou d’Auber nous enseigne que l’amour, malgre les evenements dramatiques, permet de se forger sa propre identite…

Thomas Gilou est realisateur, on lui doit Black Mie Mac ou encore La Verite si je Mens 7 et 2… Michou d’Auber est son deuxieme livre apres Voyage au bout de Rapa Nui (editions Horizon Illimite). Messaoud Hattou est acteur et assistant realisateur. Il est le coscenariste du film de Thomas Gilou : Michou d’Auber.

 

 

  • Les courts extraits de livres : 16/03/2007

Tout a commence un jour de 1963. J’avais combien deja ? Je suis de 56, donc 66 cela fait 10 moins 3. 7 ans… C’est bien ca, 7 ans. Nous habitions au deuxieme etage d’un vieil immeuble. Ma chambre donnait rue de Solferino, a Aubervilliers. J’etais donc un Albertivillarien ! Autant dire un extraterrestre ! Juste en face, au rez-de-chaussee, un bougnat.

Je passais beaucoup de temps a ma fenetre, a observer, comme si deja, pour moi, l’enjeu etait dehors. Mon regard fixe, evasif, melangeait la realite a ma reverie – images d’Epinal et soldats de plomb napoleoniens – et me donnait la posture d’un enfant raidi. J’attendais l’arrivee du camion de charbon. Son va-et-vient regulier me fascinait. L’homme a la gueule noircie, enfoui dans son sac de jute, me permit d’inventer ma premiere legende.
J’ai raconte a mon frere Abdel que sous la rue de l’Union se trouvait une mine qui s’etendait jusqu’au canal ; et que rue des Trois Lions, il y avait des diamants, des rubis, des emeraudes et de l’or dans une grande salle octogonale. Alors je l’ai emmene, nous avons rampe au fond d’un boyau et decouvert, de facon triomphante, une salle plus petite qui nous reservait une merveilleuse surprise : des peintures de mammouths et d’autres bestioles du meme genre, des dessins de pierres precieuses incrustees dans la roche, tout droit venus de Cro-Magnon. L’eau ruisselait sur la paroi, balayee par un leger faisceau de lumiere et transportait les couleurs de ces precieux joyaux.
Je me souviens de la facade de notre immeuble. A la hauteur de ma fenetre, il y avait un lampadaire qui fonctionnait au gaz, dont la lumiere jaunatre baignait notre chambre. Et j’avais dit a mon pere : Tu vois, papa, il n’y a que dans notre rue que le soleil ne se couche jamais.
Mon pere entreprit de repeindre la chambre. A l’origine, les murs etaient d’un blanc presque ivoire, trop brillant. Ca ne me genait pas. Au contraire, j’aimais cette atmosphere lumineuse ; et la nuit, cette lumiere artificielle. Mon pere passa deux jours, avec mon oncle Salah, a etaler l’horrible couleur qu’il avait choisie, un noir epais semblable a du goudron, a de l’ebene desannexe, desanobli.