La camera du diable : cine-nouvelles

Auteur : Andre Coutin

Date de saisie : 06/03/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : C. Pirot, Saint-Cyr-sur-Loire, France

Collection : Cinema

Prix : 17.00 / 111.51 F

ISBN : 978-2-86808-248-0

GENCOD : 9782868082480

  • Les presentations des editeurs : 04/04/2007

Les Diaboliques de Barbey d’Aurevilly ont ete le grand succes de la fin du XIXe siecle. Au XXe siecle, le regard du Diable a bien evolue et, de nos jours, pour son malin plaisir ce voyou voyeur colle volontiers son oeil au viseur d’une camera pour recadrer le monde tel qu’il est. La camera du Diable renouvelle Les Diaboliques. Rien n’est plus adaptable au cinema que les romans infimes qui composent ce recueil, histoires peuplees de diaboliques, mi-anges, mi-demons, ni anges ni demons.
Depuis La Nuit du chasseur et Le Rideau cramoisi, le septieme art offre au Diable tous les deguisements et masques possibles. Chacune de ces cine-nouvelles (nouveau mauvais genre) est un film en puissance.

Andre Coutin est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages (essais, recits biographiques, romans, albums) et l’editeur de quarante-cinq livres (cf. site www.edia.fr). Il a dirige chez Robert Laffont la collection A jeu decouvert consacree a des artistes de la scene et de l’ecran.

  • Les courts extraits de livres : 04/04/2007

La premiere conversation s’engagea sur le mode interrogatif. L’eleve bombardait de questions le professeur.
Il y avait si longtemps qu’elle revait d’avoir un cours particulier.
– Comment dites-vous Un homme qui soit veritablement un homme ?
– Qu’est-ce que je dis ?
– En italien, bien sur.
Elle le pressait comme si elle voulait apprendre en cinq minutes l’equivalence des cents mots qu’on echange en tete-a-tete dans tous les cafes du monde. Elle etait tellement impatiente de revisiter avec lui les 103 provinces de la peninsule qu’elle n’avait parcourues que dans des guides !
– Quelle est aujourd’hui la passeggiata preferee des Florentins ?
– A Rome, se promene-t-on sur les quais du Tibre ?
– Les Venitiens denigrent-ils toujours autant les Florentins. Et les jeunes Siennois detestent-ils encore leurs rivaux d’autrefois ?
– La facade de l’eglise de la piazza Santo Spirito est nue. Est-elle inachevee ?
De Saint-Germain, elle l’entrainait dans les vicoli transalpins ou lui-meme ne s’etait jamais aventure.
– Me confirmez-vous que Mantegna est bien l’inventeur de la perspective en peinture ?
Le professeur endigua le flot de l’Arno.
– Je vous repondrai, Catherine, mais allons diner.
Il l’invita dans un ristorante ou la recette des escargots surprenait les Parisiens : les coquilles etaient moulees dans de la pate legere comme une crepe et fourrees avec du beurre a la bourguignonne. Le Brunello de Montal-cino la prit en traitre. Le bel Alberto y gouta a peine, en echanson applique, et il lui fit boire plus d’un demi-litre du capiteux nectar de Toscane.