La physique des catastrophes

Auteur : Marisha Pessl

Traducteur : Laetitia Devaux

Date de saisie : 30/08/2007

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Du monde entier

Prix : 24.50 €

ISBN : 978-2-07-077620-7

GENCOD : 9782070776207

Sorti le : 30/08/2007

Bleue, adolescente, orpheline de mere est bringuebalee par son pere, professeur universitaire jusqu’a son annee de terminale ou tous deux s’installent dans une petite ville. Bleue est vite remarquee par Hannah Schneider, un de ses professeurs qui l’introduira dans un petit groupe d’eleves privilegies. Bleue decouvrira par la suite Hannah pendue et tentera d’elucider ce mystere…
Un tres beau (premier) roman, tres riche, tres imaginatif, truffe de references a des ouvrages existants ou pas, de comparaisons animales. Un humour fin, une ecriture audacieuse et un style original. Un roman novateur sur le fond, mais aussi sur la forme, organise comme un rapport universitaire.
Un vrai coup de coeur, (en esperant que vous l’ayez eu aussi), a faire partager, a faire decouvrir !

Vivement le prochain Pessl !

Ca se passe aux Etats-Unis sur un campus. L’heroine est une lyceenne precoce que son pere trimballe sur les routes apres la mort de sa mere. Son esprit tourne a 150 a l’heure, elle fait des metaphores a toutes les pages, c’est tres drole. Ca demarre comme un roman d’apprentissage, on avance et c’est un thriller.

Vu sur le Le Nouvel Observateur du 23 aout 2007

Entrons dans la vie de Bleue Van Meer, jeune etudiante Americaine, pour la suivre tout au long de sa derniere annee de lycee, avant que cette surdouee ne rentre a Harvard. Apres avoir passe sa jeunesse avec son pere, brillant professeur d’Histoire, elle sort du cocon familial… et surtout rencontre un professeur de cinema, ressemblant a une femme fatale des annees 50, qui va la fasciner…
A travers les 600 pages de ce roman l’auteur, la jeune Americaine Marisha Pessl – a n’en pas douter future grande prodige de l’ecriture – nous livre un ouvrage hors categorie :
Un style deja bien a elle, des anecdotes puisees autant dans des ouvrages obscurs que dans des sources beaucoup plus populaires, des references litteraires savoureuses (la construction du livre !).
Ce premier roman – tres intelligent – est tour a tour drole et poignant, emouvant et erudit.
Il se veut autant etre un roman d’apprentissage qu’un recit de voyage, une enquete litteraire qu’une comedie romantique.
En sommes, ce roman est une vraie boite a outils. Remarquable !

  • Les presentations des editeurs : 30/08/2007

Bleue Van Meer serait une adolescente americaine tout a fait ordinaire. Sauf que, a cinq ans, elle perd sa mere dans un accident de voiture et que son pere, un intellectuel exuberant et excentrique, la ballotte desormais d’une ville universitaire a l’autre, vers de nouvelles aventures, toujours sur la route.
Ils vivent une relation fusionnelle, multiplient les joutes oratoires, se lancent dans des citations savantes, refont l’histoire de la litterature et de la physique quantique. Mais un jour, elle decouvre le cadavre pendu d’Hannah Schneider, son professeur prefere. Que peut-elle bien faire ? Suivre les conseils paternels et reconstituer l’histoire, avec rigueur, un zeste de comique, si possible, et moult anecdotes. Cela suffira-t-il a elucider le drame et a percer les secrets d’un entourage plus mysterieux qu’il n’y parait ?
Mine de rien, sous couvert de jeu et d’humour, Marisha Pessl propose une vision critique inedite de la societe consumeriste americaine.
A la fois noir, drole et poignant, ce roman etourdissant de verve et de brio nous offre une heroine inoubliable et marque l’entree en scene fracassante de Marisha Pessl, conteuse nee et enfant prodige de la jeune litterature americaine.

Marisha Pessl est agee de 27 ans. Elle est nee a Ashville, en Caroline du Nord. Elle est diplomee de l’Universite de Columbia. Elle travaille comme consultante financiere dans un bureau international prive d’audit et de conseil.

  • La revue de presseFrancois Busnel – L’Express du 29 novembre 2007

Marisha Pessl a trouve sa voix : celle de Bleue est etonnamment attachante. Bien sur, les references litteraires qui truffent l’enquete de la jeune fille peuvent agacer. On a parfois l’impression que le jeny veut nous eblouir par son erudition. Jusqu’a ce que l’on decouvre que la plupart de ces references sont… totalement inventees. J’ai en effet plagie des titres de theses universitaires, de bouquins de psy a la mode, de romans, de poemes… C’est un jeu entre le lecteur et moi, explique Marisha Pessl. La Physique des catastrophes est donc a la fois un campus novel, un thriller politique, un roman noir et une parodie. C’est ce qui fait qu’on ne lache pas cet energique pave…
Marisha Pessl voit le monde a travers les mots. Son roman est une formidable metaphore sur la perte de l’adolescence

  • La revue de presse Christophe Ono-dit-Biot – Le Point du 13 septembre 2007

A 28 ans, l’Americaine Marisha Pessl nous donne La physique des catastrophes, un premier roman ultrareference et ultraculotte de 600 pages. Explosif, mais le plaisir est a la cle…
La physique des catastrophes est une metaphore de 600 pages sur la perte de l’adolescence et le meurtre du pere. Un roman chrysalide…
La physique des catastrophes est au roman ce que le bouquet final est au feu d’artifice : un scandale de couleurs et de virtuosite.

  • La revue de presse Bruno Corty – Le Figaro du 6 septembre 2007

Marisha Pessl, cette Americaine de vingt-neuf ans publie un premier roman de 600 pages, dont l’ambition et la maitrise laissent pantois…
Le recit est riche, petillant, insolite. Il y est question de solitude, de mensonges, de trahison. Une adolescente grandit et perd ses illusions. Le livre termine, on n’a qu’une envie : le reprendre a zero, de peur d’avoir rate des pepites que cette conteuse debutante surdouee aura semees comme un Petit Poucet malicieux.

  • La revue de presse Raphaelle Rerolle – Le Monde du 31 mai 2007

Aussi l’arrivee de Marisha Pessl, 27 ans, auteur d’un gros livre plein d’energie, d’intelligence et de brio, n’est-elle pas passee inapercue…
Rien qui empeche, cependant, de se lancer avec plaisir dans les aventures de Bleue Van Meer, adolescente americaine completement atypique et surdouee, encline aux citations et aux references culturelles comme d’autres au tabagisme compulsif ou aux tics faciaux…
Le livre termine, Marisha Pessl a doublement boucle son histoire : en meme temps qu’une enigme policiere, Bleue a perce les secrets qui la protegeaient de l’age adulte.

  • La revue de presse – Le Nouvel Observateur du 23 aout 2007

Venons-en donc a l’essentiel, qui n’est ni le roman de formation ni l’enigme policiere, mais le ton de miss Pessl : la desinvolture, l’ironie, le gout de la parodie, la pyrotechnie narrative, le vertige de l’erudition, les jeux des vraies et des fausses pistes, et surtout la pure, l’obsedante fascination pour la litterature dont elle fait preuve ici. Bien sur, il y a de la tragedie dans ce livre. Mais aussi, par contrepoint, une formidable ironie. Celle qui peut naitre d’une overdose de culture dont l’auteur joue en maitre, comme une parodie eblouissante des references livresques et des titres de roman que chaque bon etudiant se doit d’avoir etudie et lu. Une question pour conclure : l’exces de culture rend-il fou ? Tourneboule-t-il les jeunes demoiselles ? Au- dessus des orages de la vie, il permet du moins de deployer l’arc-en-ciel d’une excessive sensibilite. Et de nous donner un roman aussi bizarre que celui-ci.

  • Les courts extraits de livres : 17/10/2007

Extrait de l’introduction :

Papa disait toujours qu’il faut une sublime excuse pour ecrire l’histoire de sa vie avec l’espoir d’etre lu.
A moins que ton nom ne soit comparable a ceux de Mozart, Matisse, Churchill, Che Guevara ou Bond – James Bond -, il vaut mieux que tu consacres ton temps libre a peindre avec tes doigts ou a pratiquer le palet, car personne, mis a part ta pauvre mere aux bras flasques et aux cheveux reches qui te couve d’un regard tendre comme du veau, ne voudra ecouter le recit de ta pitoyable existence, laquelle s’achevera sans doute comme elle a commence – dans un rale.
Avec des criteres aussi stricts, j’etais persuadee que je ne trouverais de toute facon pas ma sublime excuse avant d’avoir au moins soixante-dix ans, lorsque je serais pleine de tavelures et de rhumatismes, mais dotee d’un esprit aussi tranchant qu’un couteau de boucher, d’un mas provencal a Avignon (ou je pourrais me delecter de 365 fromages differents), d’un amant de vingt ans plus jeune qui travaillerait aux champs (des champs de quoi, je l’ignore, sans doute une plante doree et vaporeuse) et, peut-etre, d’un petit succes a mon actif en sciences ou en philosophie. Et pourtant, la decision – ou plutot, la necessite imperieuse – de prendre la plume pour raconter mon histoire, et tout particulierement l’annee ou elle se defit comme un pull dont on a tire une maille, eut lieu beaucoup plus tot que je ne l’aurais imagine.
Tout commenca par une banale insomnie. Cela faisait pres d’un an que j’avais decouvert le corps de Hannah, et je pensais avoir efface en moi toute trace de cette nuit-la, un peu comme, a force d’exercices de prononciation, le professeur Henry Higgins finit par gommer l’accent cockney d’Eliza (voir My Fair Lady).
Je me trompais.
Fin janvier, je me reveillais a nouveau en pleine nuit, tandis que le couloir obscur se taisait et que des ombres herissees se blottissaient a l’arete du plafond. Mes seuls biens en ce monde se limitaient a quelques gros manuels suffisants tel qu’Introduction a l’astrophysique ainsi qu’a un triste et silencieux James Dean prisonnier de son affiche en noir et blanc et des bouts de scotch qui le plaquaient au dos de notre porte. En l’observant a travers les tenebres en taches d’encre, je vis tout a coup Hannah Schneider comme si elle etait la.
Elle etait pendue a un metre du sol au bout d’une rallonge electrique orange. Sa langue – gonflee et rose comme une eponge de cuisine – depassait de sa bouche. Ses yeux ressemblaient a des glands, des cents ternis, ou encore a ces boutons noirs que les enfants plantent sur la tete d’un bonhomme de neige, a ce detail pres qu’ils ne voyaient rien. Ou peut-etre etait-ce la le probleme : ils avaient tout vu. J. B. Tower ecrit que l’instant d’avant la mort revient a voir d’un coup tout ce qui a un jour ete (meme si je me demande comment il savait ca, ayant pondu Mortalite dans la fleur de l’age). Et ses lacets – on aurait pu rediger un traite sur ses lacets ecarlates et parfaitement symetriques – etaient bien serres avec d’impeccables doubles noeuds.