Et si c’etait niais ? : pastiches

Auteur : Pascal Fioretto

Date de saisie : 16/08/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Chiflet et Cie, Paris, France

Prix : 15.00 €

ISBN : 978-2-35164-031-9

GENCOD : 9782351640319

Sorti le : 16/08/2007

Enfin du satirique litteraire.
A travers des pastiches d’auteurs connus et reconnus, l’auteur nous delivre un formidable travail d’ecriture.
A en tomber par terre, tellement c’est drole, reussit et intelligemment construit….
A lire tres vite pour le plaisir qu’il reste a l’art litteraire…..

  • Les presentations des editeurs : 05/09/2007

Printemps 2007.
Alors que la rentree litteraire approche, Christine Anxiot n’a toujours pas remis son manuscrit annuel. Son editeur declenche une enquete sur l’inexplicable disparition, mais les enlevements d’ecrivains continuent. Dans les milieux feutres de l’edition s’engage alors une impitoyable chasse a l’homme de lettres… Pour realiser ce polar plein de rebondissements, les plus grands noms de la litterature francaise se sont passe la plume en redigeant chacun un chapitre.

Pascal Fioretto est un etre exquis, sensible, et bientot chauve. Apres Gay Vinci Code (Chiflet & Cie) et Le Pacte Secret (avec Albert Algoud, chez Albin Michel), il nous entraine avec un art consomme du suspense et de la parodie dans une drolissime aventure.

  • Les courts extraits de livres : 17/10/2007

Barbes Vertigo
Denis-Henri Levy

L’eau glacee sur mon visage finit de me ramener a la realite. Peu a peu, je vis se redessiner les contours de l’endroit ou je me trouvais. Dans un coin sombre de la piece, devant une etroite fenetre, l’ecran de mon ordinateur portable luisait dans la penombre jaune.
Combien de temps cela avait-il dure, cette fois ? Combien d’heures etais-je reste absent a moi-meme, a ma mission, a cette vigilance de chaque instant a laquelle je m’astreins inlassablement, nuit et jour, depuis tant d’annees ? Oui, combien ? Je n’en avais pas la moindre idee. Il n’y avait pas d’horloge dans ma mansarde miteuse et j’avais laisse ma montre Breguet, cadeau de Marek Halter, en securite chez moi.
Chez moi ! Ces deux mots me semblerent soudain irreels. Chez moi, c’etait ici et maintenant. C’etait la-bas et nulle part. J’etais partout chez moi. Mais, en cet instant precis, j’etais de l’Autre Cote. Dans cet ailleurs, si loin et si proche, au-dela du fleuve.

Que s’etait-il passe durant mon absence ? Rien de bon, je le sentais. Qu’y pouvais-je ? Nothing, helas. Et pourtant tout. S’impliquer, toujours et partout. Prendre la parole et la garder precieusement, mon devoir, mon honneur.
Je me fixais impitoyablement dans le miroir piquete de taches brunes. Sous l’eclairage blafard du neon, mon visage retrouvait peu a peu ses traits fins et reguliers. Reconfortante vision. Roborative meme. Et plus que roborative, rasserenante. Signal d’un soulagement pour ainsi dire renforce et revigore. Je savais pourtant que la barbarie pouvait, elle aussi, avoir ce beau visage, humain, grave, aux longs cheveux bruns, aux sourcils bien dessines, au regard implique et volontaire, au crane intelligent. Je bus un peu d’eau a meme le robinet. Abreuvez l’homme, vous irriguerez sa pensee. Donnez-lui des pneus, il fera de la vodka, m’a dit un jour Soljenitsyne.

Travail d’inventaire, devoir de memoire, exigence de sincerite. Imperatif du verbe savoir. Lentement, j’accueillais la Verite. N’en etais-je pas l’un de ses infatigables amants ? Pourtant, j’etais le Veilleur et je m’etais endormi. Que s’etait-il passe ? Prete-moi tes epaisses lunettes, Jean-Paul Sartre, et j’y verrai plus clair… Je deroulai le film des dernieres heures. Quoi que j’y decouvrisse, je devais savoir.