La tragedie de l’Emeraude : 15 janvier 1934, Saigon-Paris

Couverture du livre La tragedie de l'Emeraude : 15 janvier 1934, Saigon-Paris

Auteur : Michele Kahn

Date de saisie : 04/10/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Documents

Prix : 19.90 €

ISBN : 978-2-268-06316-4

GENCOD : 9782268063164

Sorti le : 04/10/2007

Michele Kahn – 14/09/2007

Michele Kahn – 14/09/2007

  • Les presentations des editeurs : 10/10/2007

Le 15 janvier 1934, l’Emeraude, l’avion qui ramenait Pierre Pasquier, gouverneur general d’Indochine, de Saigon jusqu’au Bourget, s’ecrase en pleine nuit au-dessus du Morvan, a quelques encablures seulement de sa destination finale.
Probleme mecanique, sabotage de la concurrence ou attentat dirige contre Pierre Pasquier ? La tragedie ne sera jamais eclaircie.
Reste un indice troublant : quelques heures auparavant, alors que Y Emeraude fait escale a Lyon, Maurice Nogues souhaite remettre le depart jusqu’au lendemain matin en raison d’une mauvaise meteo. Mais l’equipage recoit l’ordre mysterieux de repartir sans delai…
Au fil d’une fascinante enquete exhumant rapports d’enquete, presse, temoignages et debats parlementaires, Michele Kahn interroge les responsabilites et nous fait survoler l’aventure d’une conquete aerienne a haut risque, suspendue aux folles visees de la puissance coloniale francaise dans un contexte historique complexe.
L’occasion de rehabiliter alors la figure legendaire de Maurice Nogues, pilote d’exception, pere de l’Emeraude et surtout fondateur de l’illustre ligne Paris-Saigon.

Michele Kahn est ecrivain. Elle est notamment l’auteur de Shanghai-la-juive (Le Rocher), du Roman de Seville (Le Rocher) et de Cacao (Bibliophane).

  • Les courts extraits de livres : 10/10/2007

Extrait du prologue :

Ce 15 janvier 1934, en fin d’apres-midi, elegantes en fourrures et messieurs bien vetus filent dans de belles automobiles vers l’aeroport du Bourget. Ni le temps maussade ni les nuages pres d’eclater ne gachent leur entrain. On va boire et s’amuser, acclamer les heros qui ont pris place a bord de l’Emeraude, leur servir des discours, leur offrir des gerbes de fleurs, les photographier pour la posterite.
L’avion Emeraude revient de Saigon. L’Emeraude a parcouru plus de douze mille kilometres, traverse treize pays, coupe huit fleuves, survole onze mers, treize chaines de montagne et trois deserts. Qui dit mieux ?
La terre entiere, qui envie a la France ce trimoteur a structure completement metallique, a les yeux braques sur son vol triomphal. Au Bourget, deux cents invites tries sur le volet pietinent d’impatience, tandis que les conversations commentent le dernier exploit du superbe oiseau argente.
– A l’aller, l’Emeraude a rallie Saigon en moins de cinquante heures.
– Tres exactement quarante-huit heures trente minutes. Deux cent vingt-cinq kilometres a l’heure. C’est hallucinant !
– Si l’on pense qu’il faut compter trente jours en paquebot pour faire seulement Marseille-Saigon ! Ajoutez le train de nuit Paris-Marseille : douze heures.
– Et tout ca, c’est a Maurice Nogues qu’on le doit. Maurice Nogues. Son nom est sur toutes les levres. C’est a qui rencherira sur son compte. Pilote etourdissant. Heros de l’aviation francaise. Precurseur. Superbe organisateur. Createur de la plus longue ligne du monde. Magnifique ambassadeur de la France.
Froufrous des soies, crissement des taffetas, valse des boas. Sur les longues tables chargees de fleurs, les plateaux de canapes se degarnissent a vue d’oeil. Des bouchons de Champagne sautent a l’envi, accompagnant les rires, crevant la rumeur enjouee. Retrouvailles et gais bavardages. Les verres tintent de leur bruit cristallin, les bulles voltigent et les fumees des cigarettes rivalisent de legerete cependant qu’au-dehors tombent les flocons de neige. En janvier, rien d’etonnant. D’ailleurs les autorites ont tout prevu pour abriter les passagers de marque, dont le gouverneur general d’Indochine, et l’equipage. Des silhouettes s’activent sur le terrain, verifiant une derniere fois le dispositif d’accueil.
Les etudiants indochinois de Paris sont arrives les premiers, a dix-sept heures, astiques comme des sous neufs. Un rien amuse leurs yeux vifs ; ils pouffent discretement derriere leur main. On dit que pour beaucoup d’entre eux le chemin de la France est le chemin de l’anti-France. Le prefet de police Chiappe, si bien organise, ne manque certainement pas de les faire surveiller.
– L’Emeraude devrait deja avoir atterri, non ?
– Je viens d’entendre qu’ils ont du se poser a Lyon peu apres seize heures. Ils ne vont plus tarder, maintenant.
– Que diriez-vous de diner a La Villette ?
– Excellente idee ! Ensuite un cabaret a Montmartre ?
– Ca marche !