Ecrits

Auteur : Alberto Giacometti | Annette Giacometti

Date de saisie : 27/10/2007

Genre : Arts

Editeur : Hermann, Paris, France

Collection : Savoir. Arts

Prix : 35.00 / 229.58 F

ISBN : 978-2-7056-6703-0

GENCOD : 9782705667030

Sorti le : 29/09/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Depuis les textes celebres que le sculpteur avait publies de son vivant, jusqu’aux entretiens qu’il a donnes et au cours desquels il exposait ses vues sur l’art, en passant par les carnets et les feuillets inedits, ce volume rassemble les Ecrits d’Alberto Giacometti.
L’edition precedente a ete entierement revue et corrigee, augmentee egalement de manuscrits et de feuillets inconnus et retrouves depuis 2004.
Patiemment etabli par l’equipe de la Fondation Alberto et Annette Giacometti, ce recueil offre aux amateurs toute la variete de la creation litteraire de l’artiste, complement indispensable du reste de son oeuvre.

Les textes sont agrementes d’une riche illustration afin de permettre aux lecteurs de visualiser l’etat des carnets de Giacometti et d’entrer pleinement dans l’univers intellectuel et creatif de l’artiste.

Depuis toujours la peinture la sculpture ou le dessin etaient pour moi des moyens pour me rendre compte de ma vision du monde exterieur et surtout du visage et de l’ensemble de l’etre humain ou, plus simplement dit, de mes semblables et surtout de ceux qui me sont les plus proches pour un motif ou l’autre.

L’artiste est l’homme qui, par l’heureuse complexite de son etre – corps et esprit – arrive a realiser un petit univers semblable au grand univers.

Si j’ai envie de travailler, travailler, sinon laisser tomber. Et si je travaille, ne pas penser a battre les autres, a etre le plus fort, par pure vanite, pour la publicite, par pur arrivisme, comme tant d’autres. Ne pas me mettre sur ce plan-la. Mais moi comme je suis, ou je suis, ce que moi je veux a la fois dans la vie et dans le travail. Ecrire mon aventure qui est merveilleuse.

A l’occasion des deux expositions Giacometti qui s’ouvriront en octobre prochain au Centre Pompidou et a la Bibliotheque nationale de France, les Editions Hermann republient, en collaboration avec la Fondation Alberto et Annette Giacometti, les Ecrits de Giacometti.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

A PROPOS DE JACQUES CALLOT
1945

Les gravures de Callot representent tres souvent des grands espaces, des vastes paysages vides apercus d’une certaine hauteur, en diagonale, d’un angle de vue proche de celui que nous avons devant une fourmiliere. Dans ces espaces grouille et s’agite une multitude de minuscules personnages, des personnages dessines avec une avarice aigue de lignes incisives et precises et qui se detachent souvent en ombre chinoise dechiree sur le blanc vide et impassible. (Il y aurait beaucoup a dire sur les dimensions memes de ces gravures.)

Mais quelle est l’activite de ces foules ? Les personnages s’entre-tuent, ou une partie des personnages tue l’autre. Ce ne sont que des scenes de massacre, ou de destruction, de torture et de viol, incendie et naufrage. Et ce n’est peut-etre pas par hasard que la plus celebre de ces planches soit celle qui nous montre le plus de pendus.

On pourrait penser que, par ses gravures, Callot exprimait uniquement son horreur de la guerre, mais alors pourquoi, dans ses sujets religieux, represente-t-il surtout des flagellations, des crucifixions et le martyre des saints sous toutes ses formes ; des vierges auxquelles on arrache les seins a coups de tenaille jusqu’au saint qu’on ecrase avec une espece de pressoir, qui est peut-etre une invention meme de Callot ? Mais quels sont ses autres sujets ? Ce sont surtout des militaires, brigands et aventuriers et puis toute une foule d’etres grotesques et monstrueux, des pitres, des bouffons, des faux demi-sauvages delirants. L’element sexuel ou erotique n’est presente chez Callot que par des viols, des martyres et par des allusions obscenes chez les bouffons.

Goya a represente aussi les horreurs de la guerre, mais aussi les courses de taureaux dont les grands vides et les lignes incisives rappellent Callot. On connait ses natures mortes ; des morceaux de viande tranches, des tetes de moutons livides et mutilees, et au-dela il y a les monstres et les sorcieres obscenes des Capricios et puis les fous. (Ses personnages de la cour sont de la meme famille.)