Mahel

Couverture du livre Mahel

Auteur : Neil Thomas

Preface : Andre Lecossois

Date de saisie : 19/10/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : les Alchimistes du verbe, Beaufou, France

Prix : 15.00 €

ISBN : 9782952109130

GENCOD : 9782952109130

Sorti le : 19/10/2007

  • Les presentations des editeurs : 19/11/2007

Ce recit depeint la rencontre unique et mystique de Thomas Lagorio avec un jeune garcon de son ecole. Entre l’age de 8 et 20 ans, l’evolution de leurs liens sera source de bouleversements radicaux chez Thomas jusque dans sa facon d’apprehender la vie.
Cette rencontre fortuite ne l’est pas en realite. Sous le sceau d’une forte amitie, Thomas plongera dans un monde inconnu et insoupconne ou chacun doit suivre sa voie, etre createur de sa vie. Commence alors une aventure enchanteresse et delirante : la decouverte de son don. A travers le cheminement du heros debute aussi notre propre recherche sur le sens de notre existence.
Sur fond d’initiation, de poesie et d’experiences singulieres, ce roman invite chacun a considerer la fragile et sauvage beaute d’un monde libre et invisible.
Entre desir de sagesse et quete d’identite.

  • Les courts extraits de livres : 19/11/2007

Par la suite, Mathieu et moi primes l’habitude de nous retrouver au cimetiere tous les mardis apres-midi, loin des regards suspicieux et interrogateurs des autres eleves de l’ecole. Et l’on aurait dit que cela convenait plutot bien a Mathieu, qu’il en etait soulage. Auparavant, j’avais demande a mes parents si l’on pouvait decaler mes heures de cours de violon plus tard dans la soiree en pretextant que je devais suivre deux heures d’etude supplementaire, car j’avais soit-disant forme un groupe de discussion autour du theme des avions. Mes parents voyant cette nouvelle activite comme enrichissante et tres instructive accepterent sans demander de details. Cependant, c’etait la premiere fois que je leur mentais et un pincement au coeur m’etreignit. A chaque entrevue, Mathieu avait toujours les histoires les plus incroyables a me raconter.
Au fait, Thomas, tu as lu le petit livre ?
– Oui et j’avoue avoir ete deboussole, repondis-je naivement.
– Tu devrais lire davantage de livres, Thomas. Il y a beaucoup a apprendre et les livres sont ces portes ouvertes sur d’autres mondes. Crois-moi, il y a ceux qui lisent et ceux qui ecoutent ces derniers.
Mathieu entama alors une conversation passionnante, en tout cas la premiere dont je me souviens de lui et qui marqua le debut de nos grandes palabres. Cette fois-ci, se referant au livre qu’il m’avait prete, il me raconta l’histoire de cet esclave marocain, Abdullah, datant du debut du XXe siecle et de comment il avait acquis le plus grand bien que l’homme possedat sur Terre, sa liberte. Un riche europeen avait rachete l’esclave et l’avait ensuite libere apres trente ans de soumission dans son Maroc natal. Il possedait alors les biens les plus precieux, le droit d’aimer qui il voulait, de partir aux quatre vents. Il eprouvait, comme on eprouve une soif, le besoin d’etre un homme parmi les autres, de se confondre aux hommes. Il pensait que les hommes et les femmes etaient faits d’argile ou de glaise, que le jour ils prenaient une forme singuliere et la nuit venue, disparaissaient sous un tas informe. Il pensait qu’il en etait autant de la misere, de la beaute, de l’amour. Mais il avait beaucoup a apprendre et possedait le temps et l’espace de s’en enquerir. Il gardait cependant dans son coeur le sentiment que comme lui, a une autre echelle, les hommes s’etaient laisses prendre dans un moule et avaient vieilli sous la meme forme. De cela, il n’en voulait plus, il le rejetait. La verite, c’etait l’homme qui naissait en lui lorsqu’il observait ses pairs. La verite pour Abdullah, c’etait ce qui faisait de lui un homme. Ainsi naissaient alors les vocations, ces elans qui aidaient les hommes a se delivrer d’eux-memes. Mathieu finit son recit en ajoutant qu’il etait aussi necessaire de delivrer les vocations. Et pour cela, il fallait a chacun ressentir ce sentiment tellement romantique qu’etait la liberte.
Je l’ecoutais attentivement, c’etait la plus belle histoire que j’avais entendue jusqu’ici, elle resonnait en moi comme les ricochets d’un galet sur la mer. J’etais fascine. Je ne repondais a ses regards que par des acquiescements de la tete, comme incapable de dire un seul mot. Il parlait comme un livre, ses suggestions se transformaient peu a peu en verites. Nous en rigolions d’abord puis entamions un debat sur chaque nouvelle idee.

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