Les derniers Indiens

Couverture du livre Les derniers Indiens

Auteur : Marie-Helene Lafon

Date de saisie : 10/01/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Buchet Chastel, Paris, France

Collection : Litterature francaise

Prix : 13.90 €

ISBN : 978-2-283-02231-3

GENCOD : 9782283022313

Sorti le : 10/01/2008

Eh bien oui Marie-Helene Lafon le confirme avec ce nouveau roman elle est bien dans la lignee de Richard Millet – avec La Gloire des Pythre – et de Pierre Jourde – Pays perdu -, ces ecrivains qui racontent la fin d’une certaine paysannerie, d’un certain mode de vie a la campagne. La fin d’un monde, d’une civilisation dans une silencieuse indifference.
La vie quotidienne d’un frere, Jean, taiseux plein de rage rentree et de sa soeur, Marie, qui vivent seuls dans leur ferme du Cantal, autrefois prospere, depuis qu’est morte leur mere vindicative et devorante. “On ne va plus dans ces pieces du haut, on dort en bas, on vit en bas ; c’est assez grand, ca suffit, pour deux ( ?) Il tourne la tete, et, par la fenetre de l’evier, il regarde la cour des voisins, de l’autre cote de la route goudronnee qui, autrefois, etait un chemin de terre. Il dit qu’il ne regarde pas, mais elle le voit, elle le sait, il regarde”. Les voisins sont nombreux, ils vivent en tribu. Ils ont achete, investi, construit. Ils se developpent. Ont-ils oublie leur Alice retrouvee morte, trente ans plus tot, dans les bois noirs ?
Un univers ferme, etouffant ou la tension est incessante, decrit avec une remarquable economie de mots et d’effets et une justesse de ton, resultat d’un travail minutieux de faconnage et d’elagage de la langue.

L’ecriture de Marie-Helene Lafon est difficilement descriptible. Ciselee, concise, douloureuse, distante parfois brutale, mais toujours epoustouflante.
Chaque mot a sa place. Chaque mot est juste. Le souffle est coupe parfois au detour d’une phrase.
Pas de grande aventure, pas de rebondissements, rien d’extravagant.
La vie au quotidien. Aucune banalite pourtant. Des personnages qui auraient pu etre fades et plats sont delicieusement complexes.
Rien ne lui echappe : chaque sentiment est decortique, expose crument.
Parfois ca derange. Et c’est tant mieux.

  • Les presentations des editeurs : 14/07/2012

” Les Santoire vivaient sur une ile, ils etaient les derniers Indiens, la mere le disait chaque fois que l’on passait en voiture devant les panneaux d’information touristique du Parc regional des volcans d’Auvergne, on est les derniers Indiens.
” Les Santoire, le frere et la soeur, sont la quatrieme generation. Ils ne se sont pas maries, n’ont pas eu d’enfants. En face de chez eux, de l’autre cote de la route, prolifere la tribu des voisins qui ont le gout de devenir. Sentinelles muettes, les Santoire happent les moindres faits et gestes. Et contemplent la vie des autres. Des vrais vivants.

Marie-Helene Lafon est professeur de lettres classiques a Paris. Son premier roman, Le Soir du chien, a recu le prix Renaudot des lyceens. Elle est l’auteur, entre autres ouvrages publies aux memes editions, de Mo et Organes.