Douleur de peau : recit

Auteur : Aysseline de Lardemelle

Date de saisie : 10/01/2008

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Presses de la Renaissance, Paris, France

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-7509-0383-1

GENCOD : 9782750903831

Sorti le : 03/01/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Qui n a pas un jour vecu ce parcours initiatique qu’est le premier voyage au-dela de nos reperes ? Je ne savais pas qu’il me menerait si loin, loin dans la vie, dans la beaute, dans l’amour et dans la souffrance aussi. Je ne savais pas que je rencontrerais Souleymane.

Elle est francaise, blanche, noble, catholique.
Il est senegalais, noir, pauvre, musulman.
Ils vont s’aimer a la folie.

Aysseline de Lardemelle, 34 ans, vit a Paris. Elle est consultante en developpement personnel et formatrice en education kinesthesique en France et en Belgique. Diplomee de Sup de Co Lille, titulaire d’un DESS de direction de projets culturels, elle est passionnee de theatre.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Le pacte des arrieres

JE DOIS MA VIE AU PACTE DES ARRIERES.
Je dois ma vie a la decision de deux meres intrusives et de deux enfants dociles.

Mon grand-pere Robert et ma grand-mere Yvonne sont deux orphelins de la guerre de 14. Mes arriere-grands-meres, deux jeunes veuves de la bonne noblesse catholique, pactisent autour des tombes des heros morts au champ d’honneur.
Nos enfants s’epouseront.
A l’age ou l’heritier doit enfanter le sien, le seduisant chatelain normand, proprietaire terrien (mon grand-pere Robert), rencontre sa destinee Marie, l’ainee des trois filles de Belleguin. Dejeuners de famille. Balades en carrioles a cheval. Sainte communion eucharistique. Ils font plus ample connaissance sous la surveillance d’un chaperon. Quelques rapides semaines plus tard, Robert conquis (ou raisonne ?) demande la main de l’austere Marie. Helas ! Marie joue la vierge effarouchee et choisit… la voilure grise et le couvent.
Remis sur pied par sa reine mere, l’heritier Robert se rabat rapidement vers la petite soeur de la nonne. La cadette. Ma grand-mere. Yvonne. Nouvelle demande en mariage. Accord de l’interessee. L’affaire est conclue. Le mariage est celebre sur le gazon normand. Dejeuner familial, ombrelles, cigares et popelines sous les tilleuls et les marronniers roses. Les belles-meres sont victorieuses et ravies.
Les jeunes maries ne se posent pas de questions. A l’epoque, on ne se posait pas de questions, dit encore ma grand-mere. On obeissait a ses parents. J’ai appris a aimer mon mari…
J’ai failli ne jamais naitre. C’est un fait.
Ma grand-mere Yvonne a, elle aussi, hesite a prendre le voile. Elle balancait tant et si bien que le pretre directeur spirituel qui l’accompagnait lui a dit un jour :
Yvonne, je vais particulierement me remettre au discernement de Dieu pendant un mois. A l’issue de ce mois, le Seigneur me donnera la reponse. Je vous demande seulement de prier pour moi et de me faire confiance. Si je vous dis “mariez-vous”, vous m’obeirez. Si je vous dis “entrez au couvent”, vous y entrerez.
Comme on l’imagine, je benis encore ce tres saint homme qui rendit a la confession suivante le verdict tant attendu :
Ma petite Yvonne, le Seigneur m’a repondu. Mariez-vous. Vous n’avez pas la vocation religieuse.
Et ma grand-mere de me confier :
Oh ! ma cherie. Quand il m’a dit cela, tu ne peux pas savoir ce que j’etais contente. J’ai failli l’embrasser.
– Mais vous auriez peut-etre ete une religieuse heureuse ?
– Oh ! non, ma cherie, je n’aurais jamais pu etre religieuse. Je suis certaine que j’aurais fait des betises. Avec le bedeau ou les enfants de choeur !
Voila, c’est ainsi… que je dois ma naissance a un pretre.