L’or d’Alexandre

Auteur : Olivier Delorme

Date de saisie : 29/01/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : H & O, Beziers, France

Collection : Litterature francaise

Prix : 23.00 / 150.87 F

ISBN : 978-2-84547-163-4

GENCOD : 9782845471634

Sorti le : 29/01/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/03/2008

Alors que le Louvre vient d’acquerir le mythique tresor d’orfevrerie hellenistique appele l’Or d’Alexandre, la restauration d’un tableau de Nicolas Poussin revele que plusieurs toiles recemment pretees a des etablissements etrangers ont reintegre les reserves du musee sous la forme de copies d’une exceptionnelle qualite. Le scandale est enorme; il s’amplifie encore lorsque les policiers arretent une conservatrice du departement des peintures.
Dans le meme temps, au cours d’un colloque a la Sorbonne, Athina Poulakas, specialiste de la Grece antique, est assassinee d’un coup de javelot. D’autres meurtres a la mise en scene etrange suivront : sont-ils lies, comme le croit la police, a un jeu virtuel qui aurait derape ? Ou bien s’agit-il de reglements de comptes entre mandarins qu’opposent d’implacables rivalites de pouvoir ?
L’enquete que menent Stephane et Philippe, deux amis d’Athina, les conduira d’un bourg perdu de Grece centrale jusqu’a un monastere franciscain de Croatie. Ils y feront de troublantes decouvertes sur l’Or d’Alexandre et sur un autre tresor maudit : celui des toiles spoliees par les nazis pendant la deuxieme guerre mondiale. Mais seront-ils en mesure de faire eclater la verite quand les puissances qui se sont enrichies de ces trafics ont tout interet a les faire taire ?

Archeologue de formation, Olivier Delorme a travaille au Louvre et enseigne l’histoire contemporaine a Sciences po. Il a deja publie Les Ombres du levant (Criterion, 1996), Le Plongeon (H&O, 2002) et Le Chateau du silence (H&O, 2003). Apres La Quatrieme Revelation (H&O, 2005), thriller total et provocant qui doit autant a James Ellroy qu’a Alexandre Dumas (Les Echos), L’Or d’Alexandre nous entraine dans une intrigue ou l’emotion et l’ironie se melent pour construire un suspense aux ramifications politiques bien actuelles.

  • Les courts extraits de livres : 17/03/2008

Mercredi 8 juin, dans l’amphi Guizot ou l’on s’interroge, apres l’heure de la sieste, sur la virginite d’Hera et la disparition d’Athina

– Mais foutre Dieu, Stephane, qu’est-ce que peut bien fabriquer votre copine Athina ?
C’est Achille Blezieux, le president de cette quatrieme demi-journee des VIIIe Rencontres de la Societe internationale de mythologie hellenique consacrees a La Sagesse d’Athena, qui m’interroge a voix basse en se penchant vers moi.
– Je n’en sais rien, monsieur. Il y a dix minutes, elle est sortie en me disant qu’elle devait passer un coup de fil urgent, mais qu’elle n’en aurait pas pour tres longtemps.
Blezieux se renfrogne : comme si j’y etais pour quelque chose ! Nous sommes six a sieger autour de lui, derriere le bureau magistral. Enfin nous etions six (les communicants de l’apres-midi) jusqu’a ce que, a ma gauche, Athina sente son portable, branche sur vibreur, s’agiter contre son sein genereux, dans la poche de poitrine de sa chemisette kaki – il fait aussi chaud en ce debut de juin qu’en une fin de juillet. Le temps de consulter le message recu, et elle s’est esquivee juste apres m’avoir glisse a l’oreille :
– Je dois rappeler quelqu’un immediatement. S’il s’inquiete, tu dis au Vieux que je reviens tout de suite.
Le Vieux, c’est ainsi qu’affectueusement nous appelons Achille Blezieux, notre patron commun depuis un quart de siecle, qui, je le connais assez, est en train de perdre patience, alors que Paul Goulard a deja depasse son temps de parole depuis cinq minutes. D’autant que nous autres, a la tribune, tournons le dos au chef-d’oeuvre de Leon-Francois Comerre, incomparable ornement de cet amphi Guizot qui nous accueille depuis hier matin. Si bien qu’il nous est impossible, contrairement a la docte assistance qui nous fait face, de tromper notre ennui en admirant dans ses moindres details La Grece antique se devoile a l’archeologie ou, sur fond de mer et de collines caillouteuses, au milieu d’un chaos de chapiteaux renverses, de futs de colonnes et fragments d’architrave, entre une stele funeraire, un torse feminin de marbre et un vase de style orientalisant recemment exhumes par deux ouvriers en bras de chemise, une Clio couronnee de fleurs, debout devant le grand livre ouvert de l’histoire, et un archeologue barbu en complet veston (plus Jules Ferry qu’Indiana Jones), assis a cote d’une pelle qu’il n’a jamais touchee, contemplent le debut du strip-tease d’une solide, fiere et belle Hellene dont le physique n’est pas sans evoquer celui d’Athina. Bras nus leves vers le ciel, vetue d’un peplos au plisse impeccable, le presque sosie de ma copine (a l’exception de la chevelure, auburn et retenue en chignon chez Comerre, tandis que celle d’Athina, d’un noir de jais sans meme un fil blanc, malgre les annees qui passent, est coupee court, a la garconne) retire le voile translucide (brode de ce motif geometrique qu’on appelle une grecque) qui dissimulait ses nobles traits.
Quant a ceux d’Athina, ils trahissent depuis le debut du colloque une preoccupation – voire une inquietude – inhabituelle chez cette Thessalonicienne a la volonte et au moral d’acier suedois.
Bien que, hier soir, au cours de notre diner a la maison, elle eut nie la moindre contrariete. Contre toute evidence puisque ce matin a la pause de 10 heures, comme a l’apero du recteur ou a la recreation de 16 heures, elle m’a laisse en plan afin de s’isoler dans d’interminables tete-a-tete avec son portable, en grillant approximativement le double de ses vingt cigarettes quotidiennes.
Son dernier coup de fil s’est d’ailleurs a ce point eternise qu’elle en a rate, a la reprise de 16 h 30, le debut de l’expose d’Alma Patterson. Ce qui est fort dommage puisque notre estimee collegue, de couleur et de l’universite d’Atlanta, aussi pointilleuse sur le sujet de la parite que sur celui de la discrimination raciale, nous a livre une passionnante demonstration selon laquelle le lac Tritonis, lieu de naissance d’Athena si l’on en croit l’hymne homerique, n’etait nullement localisable, comme on le pretend generalement, dans une depression assechee des confins tuniso-libyens, mais qu’il devait etre identifie au lac Tchad. De telle sorte que la fille de Zeus, sortie du crane de son pere apres que celui-ci eut avale Metis enceinte (metaphore de la prise de pouvoir du penis dominateur sur l’intelligence matrice primordiale), etait sans aucun doute possible melanoderme.