Dix minutes avant l’amour

Auteur : Christine Kerdellant

Date de saisie : 18/04/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : R. Laffont, Paris, France

Prix : 20.00 / 131.19 F

ISBN : 978-2-221-11068-3

GENCOD : 9782221110683

Sorti le : 17/04/2008

  • Les presentations des editeurs : 07/05/2008

Elles sont trois : il y a Johanna, la trentenaire plus mante que religieuse, Eleonore, la psy quinquagenaire qui a appris a parler la langue des hommes, et, entre les deux, conseillee par ses copines, Ingrid, une photographe romantique sur le point de vivre une passion, et de trouver, peut-etre, derriere l’aventure, la revelation d’elle-meme – de quoi commencer a vivre enfin. Trois femmes qui se ressemblent et se nuancent, se disputent et s’amusent : c’est qu’elles cherchent toutes l’amour avec un grand A.

Mais sont-elles d’accord sur sa definition ? Faut-il croire que les hommes aiment ce qu’ils desirent, alors que les femmes desirent ce qu’elles aiment ? Et surtout, l’amant ideal peut-il encore etre celibataire ? Cette question, l’heroine tachera d’y repondre, de coup de coeur en coup de blues, avec l’espoir sur la ligne d’horizon.

Un roman drole et lucide sur les relations hommes-femmes. Un manuel de survie pour (re)apprendre a dire Je t aime.

Christine Kerdellant est directrice adjointe de L’Express. Elle a publie chez Robert Laffont, avec Eric Meyer, le thriller La Porte derobee, en 2007.

  • Les courts extraits de livres : 07/05/2008

Personne ne peut rivaliser avec un fantome erotise

Avez-vous vu Titanic, le film qui a fait pleurer des centaines de millions d’etres humains ? Leonardo DiCaprio agonisant dans l’eau glaciale ? Et cette centenaire qui entretient la flamme depuis trois quarts de siecle ? Ce film, c’est mon histoire. Pourtant, je n’ai que trente-huit ans, et mon Leonardo se porte comme un charme. Mais comme la vieille dame – et, parait-il, la moitie des femmes sur cette planete -, je suis en train de me fabriquer un fantome erotise. Un mythe qui restera grave toute ma vie dans mon cerveau malade. J’ai perdu l’homme que j’aimais, je n’aimerai plus jamais de la meme maniere, et si un jour je vis avec un autre, nous formerons, lui, moi et le fantome, un menage a trois. Pathetique, non ?
C’est Eleonore, ma meilleure amie, qui m’a explique le mecanisme. Eleonore est psychanalyste. Quand le film est sorti, elle a vu defiler dans son cabinet une myriade de jeunes filles encore sous le choc.
– As-tu vu Titanic ? lui a demande une jeune patiente, preado et beate de bonheur.
– J’y suis allee hier soir.
– C’est le meilleur film que j’aie vu de ma vie.
– Heureusement, ta vie ne fait que commencer. Pourquoi le trouves-tu si formidable ?
– C’est la plus belle histoire d’amour jamais racontee !
– Tu trouves ? Mais le heros meurt a la fin ! Et il n’a pas vingt ans, sa vie aussi commencait a peine !
Eleonore etait sortie du cine tres remontee contre ce film, que nous avions vu ensemble. Elle jugeait le denouement insupportable. Alors qu’il suffisait de lancer une planche a Leonardo pour qu’il se hisse dessus, apres le naufrage du navire, son amoureuse l’avait laisse se congeler sous ses yeux. Quelle histoire horrible !
Curieusement, la jeune patiente n’etait pas de son avis :
– Mais non, Eleonore, c’est une histoire merveilleuse…
– Explique-moi !
– Ben tu comprends, maintenant, la fille, elle aura un amoureux eternellement jeune, beau, qui l’aimera toute sa vie. Meme quand elle sera vieille, il sera toujours la pres d’elle !
Eleonore etait restee songeuse.
– Tu es bien partie pour etre une femme, toi. Car tout cela est banal, parait-il. Les psys voient defiler sur leurs divans des femmes de tous ages qui vivent avec un fantome erotise. Un fiance mort en Algerie (ou en scooter sur le periph’), un cousin qu’on leur a interdit d’epouser, un chanteur avec qui elles ont echange des regards complices au premier rang d’une salle des fetes. Cet amour impossible ne les a pas empechees de se marier et d’avoir des enfants, mais chaque jour – chaque nuit, plutot – elles retrouvent leur bonheur perdu.
– Eh bien, c’est gai pour le mari, ai-je fait remarquer a Eleonore. Heureusement qu’il n’est pas au courant.
– Detrompe-toi ! La plupart du temps, le bonhomme s’est marie en connaissance de cause.
– Il accepte ce couple a trois ?