Dix-huit baisers plus un

Auteur : Rachel Corenblit

Date de saisie : 30/04/2008

Genre : Jeunesse a partir de 13 ans

Editeur : Ed. du Rouergue, Rodez, France

Collection : DoAdo

Prix : 7.50 / 49.20 F

ISBN : 978-2-84156-945-8

GENCOD : 9782841569458

Sorti le : 05/05/2008

  • Les presentations des editeurs : 01/05/2008

Qui est Alex, ce mec trop blond, trop maigre, trop grand, trop mal fringue, trop largue, qu’on a trouve dans le cagibi a poubelles ? Dix-sept filles et femmes repondent. Alex, c’est le type meme du gars qu’on ne remarque pas au lycee, dit l’une. Il va devenir un homme magnifique, dit l’autre.
Et si c’etait un poete ? demande celle qui est secretement amoureuse de lui. Ou bien un grand dadais qui trimballe sa misere ? Trop mignon, quand meme, elles pensent toutes. Laquelle d’entre elles lui redonnera le gout des baisers ?

Rachel Corenblit est nee au Quebec en 1969 et vit actuellement a Toulouse. Elle est l’auteur de Shalom Salam maintenant (collection doAdo Monde) et L’amour vache (collection doAdo) aux Editions du Rouergue.

  • Les courts extraits de livres : 01/05/2008

Marie

Vincent, ce qu’il voulait, c’etait coucher. Coucher, baiser, me niquer, puis c’est tout.
Je ne l’ai pas vu tout de suite.
Quand je suis amoureuse, de toute facon, je ne vois rien. On dirait que je n’ai plus rien dans le crane. Je ne peux plus reflechir ni comprendre, ni analyser. Je gobe tout. Je me degoute de tout gober comme ca mais je n’y peux rien. L’amour, ca m’anesthesie les neurones, ca m’endort les connexions synaptiques. Je me transforme en grosse pomme. Avec un Q.I. de pomme. Je ne reflechis qu’avec mes seins, ma touffe et mes ovaires.
Une vraie femelle, de quoi rendre honteuse Simone Veil, Simone de Beauvoir et toutes les Simone de la galaxie, d’ailleurs.
Pas etonnant que Vincent se soit limite a ces trois parties.
Tout a commence lors de la soiree chez Antoine. Il m’a entrainee dans la chambre des parents, a l’etage. Avec une bouteille de tequila. J’adore ca.
Bois, il m’a dit, bois, on va se faire un coin de paradis et ca m’a fait rigoler. J’aimais vraiment bien comment il m’embrassait. Bien long, bien lent et le gout de sa bouche et sa facon de me toucher avec sa langue, a me chercher, a reculer, a revenir. Je fonds, moi, quand on m’embrasse comme ca. Je voudrais tout garder dans ma bouche, tout avaler et l’autre qui se retire, ca me rend folle. On s’est allonges sur le lit et il a enleve mon tee-shirt et mon soutien-gorge. Il passait ses mains partout sur moi, sur mes seins et il me tendait la bouteille et sa bouche et je voyais le plafond et les murs qui tanguaient. Je lui avais dit, je suis vierge. Je ne l’ai jamais fait. Jusqu’au bout. La chose. Il m’avait dit que oui, il comprenait. Que je ne risquais rien. Qu’il controlait la situation. Sur le lit, il a baisse son pantalon et le mien et je lui ai dit non avant d’etre completement bourree et il a insiste et il a passe la main sous ma culotte et elle etait froide et dure. Je n’ai rien senti. C’est comme si cette partie de mon corps n’etait plus a moi. Elle lui appartenait. J’ai eu peur.
– Non, j’ai dit.
– Laisse, il a repondu. Te bagarre pas. C’est rien que du naturel, et il a recommence a m’embrasser mais je sentais sa main qui me frottait et qui tournait et ca me coupait en deux. J’ai repete que je ne voulais pas mais il continuait alors je l’ai repousse et il est tombe du lit sur le dos. Avec son pantalon a moitie descendu et son sexe qui pointait dans l’ouverture du calecon. J’ai rigole. Il a ete vexe, il est parti de la chambre sans rien dire, sans me regarder. J’ai eu l’impression d’etre un morceau de viande sur l’etal du boucher qu’on laisse moisir.