Pelures d’oignon

Auteur : Gunter Grass

Traducteur : Claude Porcell

Date de saisie : 25/09/2008

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Points, Paris, France

Collection : Points

Prix : 9.00 / 59.04 F

ISBN : 978-2-7578-1014-9

GENCOD : 9782757810149

Sorti le : 25/09/2008

  • Les presentations des editeurs : 07/10/2008

GUNTER GRASS
Pelures d’oignon
Prix Nobel de litterature 1999

Quand on le presse de questions, le souvenir ressemble a un oignon qui voudrait etre pele afin que soit degage ce qui, lettre apres lettre, est la, lisible. […] L’oignon a beaucoup de pelures. Il est au pluriel. A peine pele, il se renouvelle. Hache, il fait pleurer. Ce n’est que quand on le pele qu’il dit la verite.

Ne en 1927 a Dantzig, Gunter Grass etudie la peinture et la sculpture avant de se tourner vers la litterature. C’est au cours d’un long sejour a Paris qu’il ecrit son premier roman, Le Tambour, qui, traduit en onze langues, lui assure une fulgurante renommee. Tandis qu’il confirme son genie de conteur et de satiriste dans des oeuvres romanesques comme Les Annees de chien, Le Chat et la Souris, il evoque, par ailleurs, ses experiences et ses preoccupations politiques dans Evidences politiques, Journal d’un escargot, Les Enfants par la tete ; dans ses Propos d’un sans-patrie, et L’Appel du crapaud il a pris courageusement position sur la reunification allemande et la reconciliation germano-polonaise. Enfin, il nous donne sa vision personnelle et caustique du siecle finissant dans Mon siecle. Il a recu en 1999 le prix Nobel de litterature.

Traduit de l’allemand par Claude Porcell

  • Les courts extraits de livres : 07/10/2008

Les pelures sous la pelure

Que ce soit aujourd’hui ou il y a des annees, la tentation reste grande de se deguiser en tierce personne : quand il avait a peu pres douze ans, mais qu’il adorait encore s’asseoir sur les genoux de sa mere, quelque chose commenca et finit. Mais est-il possible de preciser exactement ce qui commenca, ce qui prit fin ? En ce qui me concerne, oui.
C’est mon enfance qui s’acheva dans un espace exigu quand la guerre, la ou j’ai grandi, eclata en differents lieux a la fois. Elle commenca, il n’etait pas possible de ne pas l’entendre, avec le feu des batteries d’un batiment de ligne et le pique d’avions de combat sur le faubourg portuaire de Neufahrwasser, auquel faisait face la Westerplatte, une base militaire polonaise, et aussi, plus loin, avec les tirs cibles de deux blindes de reconnaissance dans la bataille qui se livrait a la Poste polonaise, dans la Vieille-Ville, annoncee tout pres par notre poste de radio, le Recepteur du Peuple, qui avait sa place sur le buffet du sejour : des mots d’airain proclamaient la fin de mes annees d’enfance dans un logement du rez-de-chaussee qui faisait partie d’un immeuble de rapport a trois etages situe dans le Labesweg a Langfuhr.
Meme l’heure voulut etre inoubliable. De ce moment regna sur l’aerodrome de l’Etat libre, pres de la fabrique de chocolat Baltic, une activite qui n’etait pas que civile.