Les portes de la création : éloge du hasard

Auteur : Marcel-Charles Desban

Date de saisie : 08/09/2009

Genre : Arts

Editeur : H & D, Milon-la-Chapelle

Collection : Champ du savoir, n° 1

Prix : 24.50 € / 160.71 F

ISBN : 978-2-914266-11-6

GENCOD : 9782914266116

Sorti le : 17/04/2009

  • Le courrier des auteurs : 05/09/2009

1) Qui êtes-vous ?
Natif des Ardennes, je me suis orienté vers une carrière scientifique à Paris où j’ai effectué la plus grande partie de ma carrière au Collège de France. Biologiste, illustrateur et peintre, j’ai toujours recherché les liens que pouvaient entretenir la science et l’art, notamment la peinture que j’ai pratiquée parallèlement à la recherche scientifique.

2) Quel est le thème central de votre livre ?
L’influence du hasard sur les créations et les découvertes en art et en science.

Nous vivons tous des événements imprévisibles assimilés au hasard. Ils influencent le cours de notre existence. La création en art, comme dans toute découverte, est précédée de ces instants rares que le plus souvent, nous ignorons. Dans ce sens, j’ai examiné les oeuvres et les écrits de certains peintres surréalistes comme Chirico, Ernst, Magritte, Picabia et Dubuffet, avec un clin d’oeil à Breton. De même, j’ai porté mon attention à l’oeuvre romanesque d’André Dhôtel et aux théories du biologiste Jacques Monod.

J’ai aussi mis l’accent sur les manifestations artistiques dites «culturelles» qui annihilent la créativité et cachent généralement d’obscurs intérêts financiers. Nous entrons tout droit dans une «déculturation» qui atteindra son point culminant au cours du siècle.
Toute une génération de clones humains s’engouffre dans cette brèche faite de facilité, de vulgarité et d’incurie.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de votre livre, laquelle choisiriez-vous ?
Dans l’univers technologique qui nous envahit et nous oppresse, le plaisir ressenti au détour du sentier de la création, réveille des passions qui sommeillent toujours en nous et que l’on nomme, souvent à tort, déraisonnables.

4) Si votre livre était une musique, quelle serait-elle ?
«La nuit transfigurée» d’Arnold Schonberg, pour la beauté constante des sonorités.

5) Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
J’aimerais partager avec mes lecteurs le fil de cette énigme qui m’a taraudée pendant des années : pourquoi ai-je besoin de créer, comment l’idée me vient-elle ? Ce sont des questions de journalistes et on y apporte toujours des réponses banales ou évasives, tout simplement parce qu’on en sait rien soi-même.

Cette réflexion, je l’ai vécue comme une énigme à découvrir et chaque fois que je croyais trouver un embryon de réponse, d’autres questions se posaient et m’entraînaient plus loin.

J’ai voulu que ce livre ressemble à un puzzle dont on met progressivement les éléments en place jusqu’à ce qu’on «voit» le motif. J’aimerais partager avec mes lecteurs cette enquête, depuis les images des rêves, les souvenirs imagés jusqu’au désir impérieux et au plaisir intense d’achever une oeuvre, quelle que soit l’oeuvre d’ailleurs.
On pourrait dire partager cette quête qui nous renvoie au fonctionnement du cerveau et aux mystères de la création du monde. Je ne prétends pas avoir tout dit sur le sujet, j’avance des hypothèses, je mets en avant des liens dont personne à ma connaissance n’a encore parlé, j’espère engager un dialogue avec mes lecteurs.”

  • Les présentations des éditeurs : 05/09/2009

Peintre, dessinateur et passionné de biologie, Marcel Desban s’est interrogé sur deux faits apparemment sans lien : l’explosion artistique qui s’est produite au début du XXème siècle, notamment en peinture, et l’intrusion de la notion de hasard dans les Sciences.

Ses observations personnelles, nourries par son activité dans les sciences de la vie, l’amènent à nous faire partager un regard novateur sur l’origine de l’acte créateur.

Le XXème siècle a été marqué par une rupture profonde avec les acquis traditionnels et une intense fermentation des idées et des arts.

Le freudisme venait d’éclore, mettant l’emphase sur l’exploration de l’inconscient, sur le rêve et ses images, et sur le plaisir de la création. André Breton a rapidement pris la tête d’un mouvement perturbateur, voire provocateur, qui voulait faire table rase du passé : le Surréalisme. Tous les grands noms d’artistes de l’époque, parmi lesquels : De Chirico, Ernst, Picabia, Magritte, Dubuffet, l’ont côtoyé, de près ou de loin, et ont participé à l’effervescence générale.

Dans le Manifeste du Surréalisme de 1924, synthèse et profession de foi, Breton a introduit la notion d’étincelle, liée au hasard des rencontres, qui sera l’une des marques du mouvement.

Mais qu’est-ce que ce hasard : une rencontre fortuite entre un événement extérieur et une image virtuelle interne ? Une coïncidence qui permettrait la création pure ?

Comment ne pas rapprocher cette influence des situations hasardeuses de la démarche chère au romancier André Dhôtel ou de l’intrusion magistrale des thèses du professeur Jacques Monod dans les sciences biologiques, recadrant ainsi la thèse darwinienne de l’évolution ?

Un siècle après les débuts tapageurs du mouvement Dada, que reste-t-il de ces provocations ? Un bouillonnement sans lendemain émanant d’énergumènes traumatisés par l’absurdité de la première guerre mondiale, ou la prémonition de l’émergence des découvertes à venir sur le cerveau ?

Marcel Desban nous invite à relire le Surréalisme avec les yeux de la neurobiologie : inattendu et… passionnant !