L’Eglise et l’école

Auteur : Marceau Pivert

Préface : Eddy Khaldi

Date de saisie : 09/06/2010

Genre : Education, Pédagogie

Editeur : Demopolis, Paris, France

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782354570378

GENCOD : 9782354570378

Sorti le : 01/06/2010

  • Les présentations des éditeurs : 09/06/2010

La laïcité séduit au XIXe siècle une bourgeoisie soucieuse de progrès et d’efficacité. Les socialistes en font également leur cheval de bataille. La séparation de l’Église et de l’École puis de l’Église et de l’État en 1905 en est le symbole, mais ce fragile compromis est bientôt remis en cause. Face à une contestation grandissante, la bourgeoisie et l’Église s’allient pour maintenir l’ordre social, politique et moral. Depuis, leur offensive conjointe reprend une à une les conquêtes laïques. La laïcité de Jules Ferry était une laïcité bourgeoise qui s’émancipait de l’Église, mais pas du capitalisme. Pivert lui oppose une authentique laïcité d’émancipation. Un texte d’actualité à l’heure du double remariage de l’Église, de l’État et de l’École.

EDDY KHALDI est spécialiste et militant de la laïcité. Avec Muriel Fitoussi, il est l’auteur de Main basse sur l’école publique.

MARCEAU PIVERT (1895-1958) est instituteur, libre-penseur et militant au Syndicat National des Instituteurs (SNI). Il dirige à partir de 1927 le courant marxiste du socialisme français.

  • Les courts extraits de livres : 09/06/2010

De Jules Ferry à Nicolas Sarkozy

L’Église et l’École de Marceau Pivert est un apport essentiel pour réfléchir aux questions posées par l’évolution inquiétante des rapports entre l’Église, l’État et l’École en France. Instituteur, Marceau Pivert est lui-même engagé dans le combat syndical comme membre du bureau du Syndicat National des Instituteurs (SNI) et le combat politique au sein du courant marxiste de la SFIO depuis 1924. L’originalité de son analyse est de mettre en valeur la signification politique et sociale des débats sur la laïcité dans une perspective historique.
C’est au XIXe siècle que naît l’idée de laïcité. Sa fortune politique accompagne l’épanouissement du capitalisme. Chère au parti radical de l’époque, ardent défenseur de l’ordre social établi, elle est aussi investie par les socialistes dans une perspective d’émancipation des travailleurs et de renversement du capitalisme. De fait, l’alliance sur ce sujet de la fraction progressiste de la bourgeoisie et du socialisme va dominer la scène politique française et contribuer à la séparation de l’Église et de l’École, avec les lois Ferry Goblet de 1880 à 1886, puis à celle des Églises et de l’État avec la loi du 9 décembre 1905. La laïcité est, pour Marceau Pivert, un indicateur des compromis politiques réalisés à un moment donné, un enjeu décisif des rapports de force politique et sociaux.
En 1932, lorsque paraît L’Église et l’École, l’École publique et la République laïque, démocratique et sociale sont encore liées de façon intime, consubstantielle dans un cadre institutionnel. Cependant la nouvelle reconquête cléricale est en marche. Elle s’appuie, dans une stratégie de long terme, sur un retournement d’alliance de la bourgeoisie libérale désormais partenaire de l’Église dans son entreprise de maintien de l’ordre social.
Pivert analyse l’offensive de l’Église sous la forme du catholicisme social. Il démontre ce lien entre l’ecclésial et le social à fins d’évangélisation de la société, et sa visée de perpétuation de la domination de classe. Pour Léon Blum :

Toute Église tend à devenir une institution de classe, et par suite un instrument de classe, puisque, dès que la lutte des classes pénètre dans l’histoire, l’autorité spirituelle de l’Église est forcément utilisée par la classe dominante comme moyen de conservation et de coercition.