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L’ombre des forets

Auteur : Jean-Pierre Martinet

Date de saisie : 16/10/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Table ronde, Paris, France

Collection : La petite Vermillon

Prix : 8.50 / 55.76 F

ISBN : 978-2-7103-3086-8

GENCOD : 9782710330868

Sorti le : 16/10/2008

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  • Les presentations des editeurs : 11/10/2008

Les chiens, c’est comme la chaleur du soleil, une illusion : ca n’existe pas. Des fois on pourrait croire, mais non. Mlle Edwina, pareil : un rire, une chevelure brune qui recouvre brusquement le visage, et puis plus rien, fumee. Je le sais. Je l’ai toujours su. D’ailleurs, ce parc est malsain. Les ramures sont malades. Hypertrophie. Je n’y suis pour rien. Leur enchevetrement a quelque chose de crapuleux. C’est peut-etre pour cela que les grilles sont si hautes. Qu’est-ce qu’ils ont fait du ciel ? La lumiere verdatre pese des tonnes.
Une ecriture tranchante, puissante comme un flot de lave, au fil de laquelle des personnages grotesques et desesperes, fuyant les horreurs du monde, partent a la derive… Chez Jean-Pierre Martinet, chaque mot trouve sa place juste. Point d’effets de style, seule l’emotion compte.

Ne a Libourne en 1944, Jean-Pierre Martinet a longtemps vecu a Paris. Il a ete assistant realisateur a l’ORTF puis critique, consacrant des etudes a Philippe Jaccottet, Gustave Roud, Albert t’Sterstevens et surtout a Henri Calet. Devenu marchand de journaux a Tours, il a ensuite regagne sa ville natale, ou il meurt en 1993. Il a publie une dizaine d’essais, de recueils de nouvelles et de romans, dont Jerome, unanimement salue par la critique.

Postface d’Alfred Eibel.

  • Les courts extraits de livres : 11/10/2008

Rien.
Personne.
Celeste sentait qu’elle ne tarderait pas a avoir un malaise. Il y avait deja un bon moment qu’elle avancait sans plus tres bien savoir ou elle allait ni dans quelle ville elle se trouvait. Sans doute le soleil. Elle n’avait jamais supporte le soleil, surtout au mois d’aout, lorsque la lumiere etait si aveuglante qu’il lui fallait presque fermer les yeux pour ne pas etre prise de vertige. La rue etait deserte, a perte de vue. Au fond, elle preferait cela. Rien de plus humiliant que de s’effondrer sur le trottoir, devant une foule de badauds indifferents. Elle se laissa tomber lourdement sur un banc, et essaya de reprendre son souffle. Comme elle n’y parvenait pas et que son coeur battait toujours la chamade, elle s’allongea, en se servant de ses deux sacs a provisions comme d’un oreiller. Ainsi, la sensation d’etre dans un lit etait presque parfaite, bien que l’oreiller fut un peu dur et qu’il n’y eut comme drap que le ciel d’aout, mesquin et souille, d’un blanc sale qui lui rappelait les lingeries douteuses, negligemment jetees au pied des lits defaits, qu’elle avait entassees consciencieusement pendant des annees dans les placards des maisons ou elle servait de bonne a tout faire. Elle prononca a voix basse des mots comme veranda, glycines, elle ne savait pas tres bien pourquoi, mais cela l’apaisait, et, peu a peu, son coeur se remit a battre a un rythme plus normal.