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L’oreille de Denys

Auteur : Renaud Marhic

Date de saisie : 11/09/2008

Genre : Policiers

Editeur : Rhubarbe, Auxerre, France

Prix : 13.00 / 85.27 F

ISBN : 9782916597140

GENCOD : 9782916597140

Sorti le : 11/09/2008

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  • Les presentations des editeurs : 11/09/2008

C’aurait pu etre un bon bouquin. Il en possedait les atouts. La profession du heros : psychologue – qui plus est sexologue. Le protagoniste le plus lucratif pour un auteur, le plus apprecie des lecteurs. Un vrai metier de best seller ! Idem des principaux elements de l’intrigue – de l’or en barre – : un quinqua condamne par son cardiologue pose un dernier regard (ou plutot, une ultime oreille) sur le monde qu’il s’apprete a quitter ; une jeune adulte cree une fondation pour lutter contre le symptome dont son amoureux a peri ; les deux personnages s’influencent, en depit de leurs dissemblances culturelles et sociales.
Du nanan, je vous dis. Calibre pour tuner. A un tel point de perfection, on se passerait du livre. Un bon bouquin se reconnait d’abord et surtout a son pitch. Seulement voila, l’auteur a commis la bevue qui vous gache une tambouille : au lieu de suivre la recette, il y a mis du sien. Et le sien d’un Renaud Marhic n’est pas le mien de tout le monde.
Ce livre, disons-le tout net, est un livre mechant. D’autres ne manqueront pas de s’en emouvoir – a raison. Les livres qui mordent leurs maitres ne sont pas courus des lecteurs. La ou le titre annoncait un heros a l’ecoute de ses prochains, le recit nous immerge dans une cacophonie introspective. Certes, elle n’est que l’echo des dissonances ambiantes, mais est-il reellement besoin de leur preter l’oreille ?
Comme si cela ne suffisait pas, l’auteur se pique d’inaugurer un style, une facon bien a lui de cadencer les phrases, de combiner les rythmes, d’escamoter les mots, pour mieux nous confronter a la part d’inscrutable tapi dedans l’ecrit, derriere la pensee et les actes de ses personnages. Trouvaille de barge, je vous dis !…
Et d’ailleurs, quelle idee pour un ecrivain de se preoccuper d’ecrire ! Apres qu’il a chope l’intrigue, rediger suffisait bien ! Avec ce roman, son quatrieme, Renaud Marhic confirme son incapacite totale a nous offrir un bon bouquin. Un chef-d’oeuvre, peut-etre – mais qui en a besoin ?…

Pascal FRANCAIX

Journaliste, Renaud Marhic a collabore a des publications choisies (Cbarlie Hebdo, Le Vrai Papier Journal). Essayiste, il a longuement enquete sur les derives des psychotherapies. Romancier, nouvelliste (Grand prix de la nouvelle universitaire Bretagne 2003), auteur jeunesse, poete, il veut par toute litterature passer notre societe pour de faux au fil de cette pensee critique qu’il reconnait pour humanisme.

  • Les courts extraits de livres : 11/09/2008

ON FINIT PAR TOUT SAVOIR QUAND ON EST BIEN SEUL. Que la voisine du dessus fait des oh !, des ah !. Que le voisin du dessous ne se lave pas. Les sons, les odeurs, c’est traitre comme y a pas. Moi qu’ai jamais pu piffer les odeurs, a 50 ans revolus, mon edification, ce furent les sons. Au sortir de l’hopital : examens sous le bras, recommandations plein la tete – le medecin impuissant, c’est bavard a ne pas croire.
J’ai emmenage.
22 rue d’Airain. Immeuble a petites gens. Studio estudiantin. Quatre etages lepreux coinces entre idem. N’ai pas cherche a personnaliser l’avant-derniere transhumance, l’ultime transit. L’interphone pouvait bien continuer a designer autre que moi. La boite aux lettres deborder d’imprimes non sollicites. J’ai cru, je l’avoue, a quelque forme de roue libre. To schuss et basta !
Et puis les sons.
Que l’on identifie d’instinct. Phonemes brefs, suraigus, en crescendo revelateur – tout un paysage devoile a rebours : il y a eu d’abord ces longs soliloques ponctues d’indistincts brouhahas dont, faute de mieux, on a percu les intentions bateleuses. Ces pietinements fatigues, entrecoupes, deux fois, d’une brusque cataracte virant au chuintement plaintif.