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Lost in cognition : psychanalyse et sciences cognitives

Auteur : Eric Laurent

Date de saisie : 04/06/2008

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Ed. C. Defaut, Nantes, France

Prix : 16.00 / 104.95 F

ISBN : 978-2-35018-057-1

GENCOD : 9782350180571

Sorti le : 16/05/2008

  • Les presentations des editeurs : 05/06/2008

Ce livre examine les pretentions du nouveau paradigme de la psychologie a se proposer comme modele d’avenir pour les disciplines cliniques, et par la, venir a bout de la psychanalyse.
Quel est ce changement de paradigme ? C’est le cognito-comportementalisme. D’ou vient-il ? Des Etats-Unis. Jusqu’aux annees soixante, la psychologie comportementale avait joui d’un certain prestige. Elle s’est trouvee disqualifiee par l’objection du linguiste Noam Chomsky : aucun apprentissage ne pourrait jamais rendre compte de la competence linguistique. Celle-ci devait etre innee. La psychologie comportementale mit trente ans a se revetir d’habits neufs.
Les avancees de la biologie, de la neurologie, et de la nebuleuse qui en a resulte sous le nom de neurosciences le lui ont permis. Sous le nom de cognitivisme comportemental, une nouvelle reduction de l’experience humaine a l’apprentissage a fait retour. A partir de la psychanalyse d’orientation lacanienne, ce livre soutient une these opposee. L’inconscient ne releve d’aucun apprentissage. Il est ce qui manque ou excede tout apprentissage possible.
L’inconscient est un mode de la pensee delivree de l’apprentissage comme de la conscience. C’est son scandale et sa particularite.

Eric Laurent est psychanalyste, psychologue et docteur de troisieme cycle en psychanalyse. President de l’Association mondiale de la psychanalyse (AMP), il enseigne dans le cadre de la section clinique du departement de psychanalyse de Paris 8. Publie dans des revues comme La Cause freudienne, Le Nouvel Ane, La Regle du jeu, Cites ; Et il a collabore a de nombreux ouvrages : ” Les TCC ne font pas partie du programme cognitif “, in L’Anti livre noir de la psychanalyse (Seuil, 2006) ; ” La difference psychanalytique “, in Chine/Europe : Percussions dans la pensee, a partir du travail de Francois Jullien, (PUF, 2005) ; ” La perception de l’Un et la reson du zero “, in Le Reel en mathematiques : psychanalyse et mathematiques, (ed. Agalma, 2004) ; ” Deux aspects de la torsion entre symptome et institution “, in Pertinences de la psychanalyse appliquee (Seuil, 2003) ; ” Quatre remarques sur le souci scientifique de Lacan “, in Connaissez-vous Lacan ? (Seuil, 1992).

  • Les courts extraits de livres : 05/06/2008

Chomsky avec Joyce

Lorsqu’on voit l’admirable Seminaire XXIII de Jacques Lacan, sous la forme qu’il a maintenant atteinte avec ses noeuds superbes et calmes, les deux conferences de Jacques Lacan – avec aussi l’etonnante note de lecture dont Jacques Aubert l’accompagne – et enfin la Notice de fil en aiguille de J-A Miller, on ne peut pas imaginer la terreur avec laquelle nous avons assiste au seminaire de Lacan.
Des novembre 1975, nous ne pouvions que mesurer l’insondable ignorance qui etait la notre. Il y avait d’abord Joyce, qu’on croyait avoir lu plus jeune. Nous savions qu’il s’agissait d’un debut de lecture, mais nous pensions y etre entres. Brutalement, nous nous en trouvions expulses. Nous n’y etions pas du tout, il fallait tout refaire. Branle-bas de combat pour se procurer l’edition de la Viking Press, qui n’etait pas facile a trouver. Il fallait lire la biographie de reference de Richard Ellmann et quantite d’autres choses. L’impression premiere est que c’est enorme. Et les noeuds ! Et les dessins ! Comment apprendre a s’y retrouver !
Nous nous mettions dans des groupes, dans des cartels. L’aveugle tenant la main du paralytique, nous epuisions les quelques livres disponibles sur les noeuds – ils etaient peu nombreux a l’epoque. Nous vivions dans une sorte de transe de nullite et chaque seance du Seminaire donnait le sentiment qu’il n’y avait pas moyen d’entrer dans le Seminaire lui-meme.
Brutalement, en decembre 1975, une lueur se fait jour. Lacan revient des Etats-Unis et parle de Chomsky. Chomsky, on connaissait. Nous avions pu beneficier des cours de Jean-Claude Milner, qui etait et est reste pendant longtemps le chomskyen francais de reference. Nous pensions donc peut-etre trouver la quelque chose, un point d’appui. Ensuite, en fevrier 1976, une lecon du Seminaire commence par la declaration suivante : Fou… ce n’est pas un privilege… chez la plupart le symbolique, l’imaginaire et le reel sont embrouilles.
Nous commencions a comprendre. Pour quelques-uns des auditeurs, une porte s’ouvrait : nous assistions a l’envers de la Question preliminaire a tout traitement de la psychose. Ce qui avait ete etabli, avions-nous cru, comme une distinction radicale entre la folie relevant de la forclusion et ce qui n’en relevait pas etait deplace.