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Madame SAS, femme d’officier : Algerie, 1957-1962

Auteur : Monique Eoche-Duval

Preface : Pierre Messmer

Date de saisie : 16/05/2007

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : F.-X. de Guibert, Paris, France

Collection : Histoire

Prix : 24.00 €

ISBN : 978-2-7554-0163-9

GENCOD : 9782755401639

Sorti le : 16/05/2007

  • Les presentations des editeurs : 25/05/2007

L’auteur, Monique Eoche-Duval, decoree de la Croix de la Valeur Militaire – fait rarissime pour une civile et benevole – etait l’epouse du chef de la Section Administrative Specialisee de Champlain (devenu aujourd’hui El Omaria), situe pres de Medea. On disait la SAS. (prononcez : sasse). C’est en 1957 qu’elle a rejoint son epoux et resta a ses cotes jusqu’en 1962. Infatigable adjointe du Capitaine, les Algeriens l’avaient adoptee et affectueusement surnommee Madame SAS..

Elle raconte, avec sincerite et sans dissimulation, l’aventure de la creation d’un village, Sidi Naamane. Sidi Naamane n’etait pas un village de regroupement comme les autres. Sidi Naamane etait ne en janvier 1959 de la volonte des hommes et des femmes du djebel Tiara, lasses de la guerre et assoiffes de justice. Ils avaient trouve dans la SAS, un coeur ouvert qui aime et une main tendue qui aide. Surgi de rien, Sidi Naamane deviendra, en a peine trois ans, l’un des nouveaux villages batis par la France le plus exemplaire. Une reussite, peut-etre pas unique, mais qui a prouve qu’il n’etait pas impossible de gagner la confiance des Algeriens. Lorsque survint l’independance, la population s’opposa a sa destruction, comme il advint de tant et tant de villages de regroupement, nes de la volonte de l’armee. Mais la SAS. etait-elle l’armee ? La France est le ble… vous etes les laboureurs ! La France est le ciment… vous etes les macons, avait prononce le capitaine Roger Eoche-Duval aux habitants en quittant Sidi Naamane, avec des accents gaulliens qui en faisait un officier plus proche de Bugeaud ou de Lyautey que des centurions qui alignaient, comme solution, le nombre de fells mis hors de combat.

Ce livre, aux antipodes de la geste des centurions rebelles ou des partisans d’une cause, est beaucoup plus qu’un livre de memoire : Le bel ouvrage de Madame Eoche-Duval respire la verite, la simplicite, l’amour de l’autre, comme lui rend hommage, dans la preface, Pierre Messmer, de l’Academie francaise, ancien ministre des Armees, qui visita Sidi Naamane.

Ce livre est une histoire d’amour pour Sidi Naamane : Ce que j’ai laisse la-bas n’avait pas de prix : pas de tombe familiale, certes, mais des morts abandonnes. Pas de maison a moi, certes, mais des maisons construites. Des maisons qui se sont agrandies, un village de tentes, puis de torchis, qui est devenu une vraie petite ville, avec ses immeubles collectifs et son college, comme l’auteur a pu le constater lors de son retour a Sidi Naamane, en septembre 2006.

  • Les courts extraits de livres : 25/05/2007

EN GUERRE SUR LES SENTIERS DE LA PAIX

Le Pays et les Hommes

Pour extraordinaire qu’etait cette rencontre sur le marche de Boufarik, elle n’etait que l’aboutissement d’un long et patient travail entrepris par l’equipe de la S.A.S. Celle-ci, derisoire par le nombre de trois – parfois quatre – personnes, etait animee et soutenue par l’espoir. La mission que nous voulions accomplir s’etait heurtee aux plus grandes difficultes : les unes tenaient au pays, les autres aux hommes ; toutes etaient aggravees par la guerre qui sevissait partout, engendrait la peur et le desespoir, ruinait la population et faisait echouer les initiatives les plus prometteuses.
La pacification etait un enfer pave de bonnes intentions.
Je dis nous car cette aventure etait devenue une question de famille, une affaire de couple…
A 130 kilometres d’Alger, nous vivions dans un autre monde : aucune route veritable ne sillonnait le pays que l’on traversait seulement d’est en ouest, laissant a l’ecart des communications la quasi totalite des habitants indigenes qui vivaient dans les montagnes. La France n’allait pas au-dela du goudron avait dit tres justement un journaliste qui avait le sens des realites.
Avait-on construit des ecoles ? Il en existait quatre, edifiees sur un territoire grand comme un arrondissement metropolitain, peuple de plus de 25 000 personnes. Trois d’entre elles avaient ete fermees aussitot construites. Un homme sur mille s’exprimait en francais : c’etait ou un ancien soldat ou un ancien domestique.

La colonisation avait exploite 2 000 hectares de bonnes terres et en avait fait un vignoble. Elle avait construit un village coquet qu’on avait baptise Champlain : il avait sa mairie, son ecole, sa cave cooperative, son clocher, sa salle des fetes, son chateau d’eau, son maire, ses conseillers municipaux, son garde-champetre et sa gendarmerie. C’etait un village d’environ 200 habitants Europeens. Le reste de la commune etait reste le douar : on ne pouvait s’y deplacer qu’a pied ou a cheval. Il fallait quatre ou cinq heures pour le parcourir. C’etait un pays fait de collines qui avaient des altitudes de montagnes. On s’elevait a plus de 1 300 metres jusqu’a une tres grande et profonde coupure, veritable chaos de vallees qui descendaient vers la plaine de la Mitidja.

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