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Malo terminus

Auteur : Pascal-Gilles Villeminot

Date de saisie : 06/10/2008

Genre : Policiers

Editeur : Ravet-Anceau, Villeneuve-d’Ascq, France

Collection : Polars en Nord, n 35

Prix : 12.00 / 78.71 F

ISBN : 978-2-914657-65-5

GENCOD : 9782914657655

Sorti le : 06/10/2008

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  • Le courrier des auteurs : 03/12/2008

“Etrangement, quoique les livres m’apparaissent comme d’originels compagnons aussi loin que me porte ma memoire vers l’enfant un peu solitaire que je pense avoir ete, les libraires ne me sont apparus comme familiers et importants qu’a l’oree de mes etudes superieures en lettres ; figures certainement desuetes quand aujourd’hui le produit-livre decline sa diversite criarde et mercantile jusque sur les etals impersonnels de la grande distribution ! Quid de ce tranquille Seneque du Boulevard de Clichy qui, dans la penombre de son intime librairie, repondait sans faille a nos ridicules “colles” de Nerons khagneux et nous sauvait de la deroute des themes latins ? Qu’est devenu cet autre adorable bibliomane, bouquiniste a Jullouville, dont l’elegance etait allee jusqu’a me faire croire que j’avais chine, chez lui, un tresor sans qu’il s’en apercut ?
J’ai encore aujourd’hui, au coeur de ma bibliotheque, cet exemplaire original de la premiere edition des “Fleurs du Mal” dont il m’avait, je le mesure aujourd’hui, “fait cadeau”, au seul titre de ma fougue (de jeune desargente) pour la poesie moderne…
Par ma profession d’enseignant de lettres, je suis devenu, de facto, un partenaire des libraires, qui scandent, souvent avec une ardeur de puristes, la resistance du livre face a la deferlante des loisirs audiovisuels ; mais surtout, meme si j’ai vieilli, je reste fascine devant leur energie jalouse a preserver l’alchimique secret dont ils sont depositaires : voyez-les oeuvrer inlassablement a la rencontre des ames dans l’ecriture ! En aurais-je un instant doute ?… Flo, mon amie libraire dunkerquoise, une des premieres lectrices attentives de mon manuscrit, m’a fait rencontrer celui qui est aujourd’hui mon editeur !
“Malo Terminus”, premier roman tardif, prend maintenant sa modeste place en librairie ; ecrit d’abord par defi, pour arracher mon epouse, boulimique de polars, “aux bras” d’autres trop celebres, ce texte, paradoxalement, focalise, peut-etre meme a l’instant ou je redige ces quelques lignes, l’attention d’une autre… au grand dam de son conjoint, qui s’en veut sans doute de le lui avoir offert sur les conseils de son libraire ! Mais, je l’avoue, a chaque mail de lecteur ou de lectrice, je ne peux m’empecher d’y songer : quel miracle s’est ainsi accompli pour que je puisse a mon tour devenir un fugace voleur d’ames ?
Quelque part, un complice passionne glisse une part de moi-meme dans les mains de quelqu’un d’autre : “Vous qui aimez les polars un peu a-typiques, connaissez-vous celui-ci, premier roman d’un inconnu dunkerquois ?…”

Cordialement

Pascal-Gilles Villeminot

  • Les presentations des editeurs : 03/12/2008

… La face dans le sable, la jeune femme etait etendue, sa jupe noire relevee, les fesses nues ; elle portait des bas jarretieres, et, sur la jambe droite legerement repliee, le bas etait nettement dechire. Malgre la souillure de la pluie, ce corps inerte n’avait rien de degoutant ; ses formes auraient pu etre considerees comme affolantes ; il y avait a la fois la plastique de la jeunesse, et la maturite des courbes. On eut dit un nu endormi…
Un dimanche pluvieux, sur une plage dunkerquoise, la mort a donne rendez-vous au commissaire divisionnaire Masolini. Dans les dunes, un cadavre de femme est etendu, accompagne d’un message sibyllin Tuer n’est pas jouer. L’assassin lui lance un defi. A chaque nouveau meurtre, il y aura un indice. Pour Jacques Masolini, qui soupconne tous ceux qui l’entourent, le cauchemar ne fait que commencer…

En 1985, bien avant la mode de Bienvenue chez les Ch’tis, l’Education nationale a nomme Pascal-Gilles Villeminot, jeune diplome parisien, sur le littoral nordiste. Au fil des annees, le jeune prof de lettres s’est laisse seduire par la Cote d’Opale et y a fonde une famille. Malo Terminus est ne d’une simple passion pour l’ecriture, puis d’un defi et d’un paradoxe : celui de faire partager son enracinement dans le Dunkerque metamorphose des annees 2000.

  • Les courts extraits de livres : 20/12/2008

Mardi 7 aout

11 h 30

Comme d’habitude, le premier mois des vacances estivales avait ete infect sur le littoral dunkerquois. Le vent froid, comme jailli d’une source intarissable a l’ouest, balayait la plage bleme sous un ciel de plomb strie des souffles incertains des fantomes noirs du port industriel.
Les premiers estivants, souvent desargentes et endettes pour une quinzaine en meuble a Malo-les-Bains, s’etaient acharnes a gouter, vaille que vaille, les joies d’un sejour balneaire ; trompes par l’optimisme de quelques autochtones incurables blottis derriere leurs paravents ou tentant d’amortir la location, a prix d’or, d’un kiosque de plage, ils avaient d’abord contracte l’inevitable rhinopharyngite qui guette les inconscients ; puis, lasses d’attendre l’inevitable embellie de la maree a venir, ils avaient ressorti a la hate, pulls et coupe-vent, et arpentaient la digue, vers les ombres sinistres des docks d’abord, comme pour mieux apprecier, au retour, la longue perspective blanchatre de l’horizon belge. Car la-bas, par defi, un inaccessible soleil de riches, percant la laine grise des cieux, faisait miroiter les buildings ultramodernes de la Cote d’Azur flamande.
Il suffisait d’ailleurs d’un petit quart d’heure de voiture pour s’apercevoir que ce beau temps a portee d’oeil n’etait qu’un mirage de plus. Au moins se consolait-on de l’exotisme turbulent et mercantile de La Panne, ou de quelques chocolats plus renommes que succulents. Les plus courageux, quant a eux, poussaient plus loin leurs investigations touristiques vers la mythique Knock ed Zout et ses villas luxueuses, paradis bourgeois des marchands du Nord, ou chaque allee s’encombre de grosses cylindrees sombres… Les plus heureux decouvraient, sur la route, les folies architecturales des gloriettes et autres delires victoriens de Bredene, Eden miniature, comme tout droit sorti d’un decor patissier en sucre glace colore.
Tous pourtant, en s’en retournant vers la France, vers le meuble honni, trop petit et sans televiseur, se rejouissaient de la paleur decalee et des mines ahuries des campeurs du Perroquet, de leurs flonflons desuets et ridicules de troquets de frontiere… On a bien le paradis que l’on merite ! Belle lecon ingeree lors du court periple en terre flamande !
Finalement, le petit meuble inconfortable devenait, du fait de son toit dur, de sa situation, de son chauffage, la marque d’une elite, ecrasant de son mepris la plebe des campeurs. Oui, sans nul doute…