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Maroc : carnets nomades

Auteur : Annie Guillermont

Illustrateur : Eliane Jalabert-Edon

Date de saisie : 05/04/2008

Genre : Recits de Voyages

Editeur : Etudes et communication, Le Vigan, France

Prix : 22.90 / 150.21 F

ISBN : 978-2-911722-40-0

GENCOD : 9782911722400

Sorti le : 21/02/2008

  • Les presentations des editeurs : 06/04/2008

Ce livre est le fruit de deux passions vecues par deux femmes qui ont aime ce Maroc traditionnel ou elles ont reside pendant pres de trente ans.
C’est d’abord celle d’Eliane Jalabert-Edon dont les oeuvres reproduites dans cet ouvrage ne traduisent que partiellement l’ampleur et la qualite de son oeuvre picturale realisee durant son sejour au Maroc.
C’est egalement celle d’Annie Guillermont, eprise de la langue arabe et du Maroc ou elle a grandi, noue des amities et s’est impregnee des sons, des odeurs, des ambiances…qu’elle restitue avec eloquence et sensualite dans cet ouvrage.

Eliane Jalabert-Edon est originaire du Nord, de Saint-Quentin dans l’Aisne, mais c’est a Valenciennes qu’elle grandit et aborde sa carriere artistique. Apres l’Ecole des Beaux Arts de Paris et une formation aupres de maitres, elle obtient une bourse qui lui permet de decouvrir le Maroc. L’eblouissement qu’elle recoit de ce pays ne va plus la quitter. Elle s’y installe en 1930, s’y marie et y construit son oeuvre durant pres de trente ans. En 1956, devenue veuve, Eliane Jalabert-Edon rentre en France avec ses enfants et redecouvre la douce lumiere des bords de Loire. Honoree par la ville de Valenciennes qui lui consacre une retrospective en 1983, elle continue a peindre des portraits, ou elle excelle, et des paysages jusqu’a sa mort en 1996.

Annie Guillermont a passe sa petite enfance a Bourg-Saint-Andeol, en Ardeche. Durant la guerre de 1939-1945, son pere, prisonnier en Autriche, s’eprend de la langue arabe qu’il decrypte avec les tirailleurs de son regiment. Demobilise, il rejoint le Maroc avec sa famille, en 1945. Son pere et sa mere occupent chacun un poste d’enseignant. Annie integre l’ecole primaire de Beni-Mellal (Tadla) puis poursuit sa scolarite au lycee de Casablanca (actuel lycee Chaouki). Amoureuse de la langue arabe, elle passe des certificats d’Arabe dialectal et classique a l’Institut des Hautes Etudes marocaines, a Rabat. 1956 marque une fracture dans sa vie avec son depart du Maroc pour l’ile de la Reunion. Puis, c’est l’Ecole Normale et une carriere d’institutrice, curieuse du monde et voyageant beaucoup, avant son retour en Metropole ou elle rejoint l’Ardeche.

Apres avoir quitte l’enseignement, Annie Guillermont revient au Maroc, s’etablit a Beni-Mellal avec sa famille de 1988 a 2003. Elle vit aujourd’hui en Ardeche avec l’envie tenace de repartir au Tadla.

  • Les courts extraits de livres : 06/04/2008

COUPS DE C?UR POUR LE MAROC

Eliane Jalabert-Edon a decouvert le Maroc en 1929, a l’age de vingt-cinq ans. Elle y a fait plusieurs sejours et s’y est fixee pour de longues annees, parcourant le pays a partir du grand sud ou elle a reside la plupart du temps. J’y suis arrivee en 1945. J’avais sept ans. Mon enfance, mon adolescence, mes dix-huit ans courent dans le Tadla avec l’Atlas en toile de fond et comme terrain de jeu. Nous avons quitte ce pays presque en meme temps, en 1956 et la vie nous a emportees. J’ai, pour ma part, beaucoup voyage, mais de l’ile paradisiaque de Nossi-Be aux hauts plateaux de l’Orombe a Madagascar, des ilets oublies au fond des cirques isoles des montagnes reunionnaises aux sables blancs des plages de l’ile Maurice, des grandes reserves animalieres du Kenya et du Tanganika au survol des neiges eternelles du Kilimandjaro, des magnifiques Massais au long corps d’ebene aux yeux de braise des Djiboutiens, des tresors d’Egypte a ceux de France, le Maroc ne m’a jamais quittee. Comme une seconde peau, comme un reve d’enfant, gens, paysages, odeurs et sons m’ont accompagne, avec l’envie tenace et irrepressible d’y revenir. Il parait que lorsqu’on desire fortement quelque chose, avec l’intensite et la purete du coeur, cette chose advient… forcement. Je suis revenue au pays perdu en 1988; j’y ai retrouve, comme si je n’en etais jamais partie, ma place, au pied des montagnes, me fondant, deja grand-mere, dans mes pas de jeune fille. Boucle, bouclee. Chez moi. Quelque vingt ans plus tard, le seul nom de Maroc fait toujours battre mon coeur. Aucun sentiment ne s’est use, aucune joie ne s’est eteinte, aucune emotion ne s’est attiedie et avec la meme force l’envie de repartir la-bas brule en moi. C’est alors qu’a eu lieu ma rencontre avec les dessins d’Eliane Jalabert-Edon et dans un grand battement de coeur, je l’ai reconnue : c’etait ma soeur en Maroc. Nous avons aime les memes paysages, vibre aux memes scenes, partage les memes moments inoubliables avec les memes gens.
Nous avons eu le meme emerveillement, les memes emotions, les memes ressentis ; nous avons le meme amour pour ce pays magique, eternel, bien solidement ancre sur ses traditions. Loin des hotels cinq etoiles du Maroc touristique, des grands buildings blancs du Maroc nouveau dragon economique, des luxueuses villas du Maroc moderne et des puits de petrole qui se dressent, squelettiques, dans le desert, c’est dans le Maroc ancestral et profond qu’elle et moi, nous nous sommes retrouvees. Elle y a promene ses pinceaux et j’aimerais l’accompagner en laissant vagabonder mes mots a cote de ses couleurs, dans un coin perdu de montagne, une ruelle claire-obscure de medina, autour d’une fontaine cascadante dans une odeur d’orangers en fleurs, un souk de campagne ignore… dans des echoppes d’artisans pres de monuments prestigieux, le regard bleu-intense d’une petite-fille berbere, le port hieratique d’une femme, sa goula pleine d’eau sur la tete, la dignite d’un mendiant age drape dans sa djellaba, la fiere allure du montagnard sur son mulet, la fougue sauvage des cavaliers lors des grandes fantasias… et le verre de the offert, spontanement, sous un vieil olivier, tandis que, la-haut, dans les djebels, chante un petit berger. Coups de coeur pour le Maroc est le remerciement de deux femmes a un pays qui leur a tant donne.