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Mauvaises nouvelles de la chair

Auteur : Marie Rouanet

Date de saisie : 05/10/2008

Genre : Documents Essais d’actualite

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Prix : 15.00 / 98.39 F

ISBN : 978-2-226-18852-6

GENCOD : 9782226188526

Sorti le : 01/10/2008

  • Les presentations des editeurs : 06/10/2008

De la porcherie au poulailler, du ball-trap au canard vivant aux sophistications de l’insemination artificielle, des violeurs de dindons aux gaveurs, des elevages de 100000 dindes a ceux de 30000 vaches, c’est un voyage au pays de la chair que nous propose Marie Rouanet. Il fallait sa plume tranchante et son regard sans concession pour nous mener dans l’enfer des elevages, et dans l’intelligence glacee de la science.

Ecrivain, poete, Marie Rouanet, nee en 1936 a Beziers est devenue par ses textes, porte-parole de la culture occitane, notamment avec Nous les filles en 1990. Auteur-compositeur et chanteuse en langue d’Oc, historienne, chroniqueuse et realisatrice de huit films documentaires sur les phenomenes religieux, Marie Rouanet a publie aux Editions Albin Michel romans, essais et chroniques dont, notamment, Du cote des hommes, Enfantines, Annee blanche, Memoires du gout et Luxueuse austerite

  • Les courts extraits de livres : 06/10/2008

La route suit l’ancien chemin muletier a peine elargi. Il y a cinquante ans il fut goudronne sans que l’on ait change le trace. Aussi cette departementale est-elle sinueuse. Elle monte entre deux immensites de garrigue et tourne avec une logique qui echappe a la vitesse actuelle.
La voiture avance tres lentement vers les cols, descend dans des vallees au fond desquelles rivieres et gros ruisseaux sont reduits a un filet d’eau. Bientot, sous les grosses souches des chenes verts, la ou l’ardeur des jours ne peut la boire, il ne restera plus que des trous pleins d’une eau amere et claire.
Le silence est vaste, a la mesure des milliers d’hectares d’un sol pauvre en terre ou les rochers affleurent – on dit dans ces pays que les os de la terre ressortent. Quand les hommes desertent les lieux, l’espace est envahi par des genets d’Espagne ou a balai ou epineux, par ce chene court et impitoyable aux mollets, le kermes, par des genevriers, des cades, des terebinthes. Il serait impossible d’avancer dans cette moyenne montagne si les randonneurs et les chasseurs n’y degageaient des sentes. Des villages et leurs vignes entament a peine la couverture des hauteurs qui se veloute et bleuit dans les lointains.