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Meli-velo

Couverture du livre Meli-velo

Auteur : Paul Fournel

Date de saisie : 05/06/2008

Genre : Sports

Editeur : Seuil, Paris, France

Prix : 16.00 €

ISBN : 978-2-02-096627-6

GENCOD : 9782020966276

Sorti le : 05/06/2008

  • Les presentations des editeurs : 21/06/2008

Le velo est une langue. Une langue ou tout se mele dans l’essoufflement de l’effort. Une langue de cris, une langue d’alerte et de joie qui se perd dans le silence de la montagne et se retrouve au coin du bois. Une langue du soir, paisible, qui raconte et reraconte le souvenir des grands et des petits exploits.
Je la parle couramment depuis mon enfance et la voici rangee de A a Z. Ce petit dictionnaire fait la part belle aux mots du peloton : on y flingue, on y bache, on y gicle; mais aussi aux coureurs que j’admire, les Robic, les Anquetil, les Merckx; aux montagnes que je grimpe, l’Izoard, le Galibier, le Tourmalet; aux batailles heroiques des grands Tours et aux balades du dimanche dans la vallee de Chevreuse. C’est l’abecedaire d’une passion tranquille pour le velo, cet engin merveilleux qui vous emmene sans bruit, plus vite que vous-meme, jusqu’au bout de la route.

Paul Fournel

  • Les courts extraits de livres : 21/06/2008

A

ABRI

Prendre l’abri, sauter dans l’abri, s’abriter : se mettre derriere un autre cycliste pour se proteger du vent.
L’abri est la benediction du cycliste. On peut economiser jusqu’a 30% de ses forces en se tenant derriere les autres. Un seul cycliste devant vous, en vous offrant son aspiration, suffit a vous changer la vie. C’est dire si le milieu du peloton est un abri ideal. Les coureurs ne cherchent pas l’abri par coquetterie, ce n’est pas par pure devotion que l’on voit les equipiers abriter leur leader ou leur sprinteur. Cela change la vie cycliste pour le meilleur. Il est fortement recommande de se choisir des compagnons de route de forte stature. Lorsqu’ils sont, en outre, animes de bonne volonte et prennent le relais plus souvent qu’a leur tour, ce sont des partenaires ideaux.
La tragedie survient lorsqu’on ne peut plus suivre le train et qu’on est condamne a sortir de l’abri : les ecarts se creusent tres vite et le retour devient hautement improbable. Le peloton est une bonne maison pour autant qu’on y reste.

Manque de chance, je me retrouve dans l’echappee avec deux petits grimpeurs. Ils avaient deux tetes de moins que moi, je n’ai pas pu prendre l’abri et j’ai mange tout le vent (Eros Poli, Mon Ventoux).

A LA PEDALE

Accomplir un exploit ou remporter une victoire a la pedale (on dit parfois a la jambe), c’est realiser ce que le sport cycliste a de meilleur C’est s’imposer grace a un effort qui ne doit rien aux circonstances, aux combines, aux accidents des autres, aux anomalies de la course, au marquage des adversaires, aux eventuelles tricheries. C’est faire la preuve de sa force par les moyens les plus purs, ceux du jarret.

C’etait pas la moitie d’un costaud, l’Antoine. Il est alle jusqu’au bistrot en homme, a la pedale (Rene Fallet, Les Boucles de la Besbre).