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Memoires de Luther : ecrits par lui-meme

Couverture du livre Memoires de Luther : ecrits par lui-meme

Auteur : Martin Luther

Traducteur : Claude Mettra | Jules Michelet

Date de saisie : 07/11/2006

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Mercure de France, Paris, France

Collection : Le temps retrouve

Prix : 8.50 / 55.76 F

ISBN : 978-2-7152-2647-0

GENCOD : 9782715226470

Sorti le : 19/10/2006

  • Les presentations des editeurs : 07/11/2006

Memoires de Luther
ecrits par lui-meme,
traduits et mis en ordre par Jules Michelet

Edition presentee et annotee par Claude Mettra

Luther ecrivait de nombreuses lettres, et parlait beaucoup. Des disciples, a cote de lui, prenaient aussitot en note ce qu’il disait, au jardin, a table, au coin du feu apres le diner. Voila pourquoi Michelet peut ecrire que les confessions de Luther sont eparses, involontaires, et d’autant plus vraies. Avec la penetration et la generosite qu’on lui connait, Michelet a traduit et assemble les moindres souvenirs, les moindres pages de journal echappes de la plume ou des levres de Luther. Il a compose ainsi une autobiographie a la fois rigoureuse et vivante, spontanee. Le Luther theologien, reformateur, insurge contre le pape, sujet aux visions, combattant politique, apparait alors dans toute sa fougue. Cela permet au lecteur de suivre avec passion, et comme s’il accompagnait reellement Luther, l’une des plus hautes aventures de l’esprit.

  • Les courts extraits de livres : 07/11/2006

Naissance, education de Luther, son ordination, ses tentations, son voyage a Rome.
1483-1517

J’ai souvent converse avec Melanchton, et lui ai raconte toute ma vie de point en point. Je suis fils d’un paysan ; mon pere, mon grand-pere, mon aieul etaient de vrais paysans. Mon pere est alle a Mansfeld, et y est devenu mineur. Moi, j’y suis ne. Que je dusse etre ensuite bachelier, docteur, etc., cela n’etait point dans les etoiles. N’ai-je pas etonne les gens en me faisant moine ? puis en quittant le bonnet brun pour un autre ? Cela vraiment a bien chagrine mon pere, et lui a fait mal. Ensuite je me suis pris aux cheveux avec le pape, j’ai epouse une nonne echappee, et j’en ai eu des enfants. Qui a vu cela dans les etoiles ? Qui m’aurait annonce d’avance qu’il en dut arriver ainsi ?
Jean Luther, pere de celui qui est devenu si celebre, etait de Moera ou Moerke, petit village de Saxe, pres d’Eisenach. Sa mere etait fille d’un bourgeois de cette ville, ou, selon une tradition que j’adopterais plus volontiers, de Neustadt en Franconie. Si l’on en croyait un auteur moderne qui ne cite point ses autorites, Jean Luther aurait eu le malheur de tuer, dans une prairie, un paysan qui y faisait paitre ses troupeaux, et eut ete force de se retirer a Eisleben, plus tard dans la vallee de Mansfeld. Sa femme l’avait suivi enceinte ; elle accoucha en arrivant a Eisleben de Martin Luther. Le pere, qui n’etait qu’un pauvre mineur, avait bien de la peine a soutenir sa famille, et l’on verra tout a l’heure que ses enfants furent obliges quelquefois de vivre d’aumone. Cependant, au lieu de les faire travailler avec lui, il voulut qu’ils allassent aux ecoles. Jean Luther parait avoir ete un homme plein de simplicite et de foi. Lorsque son pasteur le consolait dans ses derniers moments : Pour ne pas croire cela, dit-il, il faudrait etre un homme bien tiede. Sa femme ne lui survecut pas d’une annee (1531). Ils avaient alors une petite fortune, qu’ils devaient sans doute a leur fils. Jean Luther laissa une maison, deux fourneaux a forge, et environ mille thalers en argent comptant.
Les armes du pere de Luther, car les paysans en prenaient a l’imitation des armoiries des nobles, etaient tout simplement un marteau. Luther ne rougit point de ses parents. Il a consacre leur nom dans sa formule de benediction nuptiale : Hans, veux-tu prendre Grethe (Jean, Marguerite) ?
C’est pour moi un devoir de piete, dit-il a Melanchton, dans la lettre ou il lui annonce la mort de Jean Luther, de pleurer celui duquel le Pere de misericorde m’a fait naitre, celui par les travaux et les sueurs duquel Dieu m’a nourri et m’a forme tel que je suis, quelque peu que je sois. Certes, je me rejouis qu’il ait vecu jusqu’aujourd’hui pour voir la lumiere de la verite. Beni soit Dieu pour l’eternite dans tous ses conseils et ses decrets ! amen !