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Mes dibbouks

Couverture du livre Mes dibbouks

Auteur : Luc Bondy

Traducteur : Olivier Mannoni

Date de saisie : 19/09/2006

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Litterature francaise

Prix : 17.00 / 111.51 F

ISBN : 978-2-267-01850-9

GENCOD : 9782267018509

  • Les presentations des editeurs : 16/09/2008

Dans ce livre de memoires en forme de fables, Luc Bondy pose, sur son pere Francois Bondy, redacteur en chef de la revue Preuves, son enfance dans les Pyrenees, ses amis, sa maladie, sur la vie et le temps, un regard tendre et decale. Il entraine son lecteur dans un univers parallele, un monde lumineux et cristallin, sculpte par un auteur de talent et un homme auquel les epreuves et la passion ont enseigne le plus beau des savoir-vivre. Dans la tradition juive, le dibbouk est un esprit, l’ame pecheresse d’un mort, qui entre dans un vivant, le dirige et peut aussi le corrompre. Luc Bondy montre qu’il est un veritable conteur dans son livre de reves et de souvenirs reves, page apres page. Son livre rassemble des souvenirs sur des morts, des maladies, des pertes, des amities brisees, des obsessions sexuelles et des souffrances – tout ce qui ici parait si lourd est d’une clarte et d’une limpidite etonnantes, d’une ironie cinglante. (Die Welt)

Ne a Zurich en 1948, Luc Bondy a passe son enfance en France. A partir de 1969, il s’installe en Allemagne ou il monte plusieurs pieces du repertoire contemporain et classique. De 1974 a 1976, il travaille a Francfort puis realise plusieurs mises en scene a la Schaubuhne de Berlin, qu’il co-dirigera de 1985 a 1987, succedant a Peter Stein. Gombrowicz, Shakespeare, Marivaux, Moliere, Ibsen, Genet, Botho Strauss et Ionesco comptent parmi les auteurs qu’il a mis en scene. En 1984, il est laureat des prix de la critique en Allemagne et en France, pour sa mise en scene de Terre etrangere d’Arthur Schnitzler au Theatre des Amandiers de Nanterre. Dans le domaine de l’opera, il a realise de nombreux spectacles : Lulu (1978), Wozzeck (1981), Cosi fan tutte (1984), Le Couronnement de Poppee (1989), Reigen de Philippe Boesmans (1993), dont il signe le livret, Don Giovanni (1990), Salome (1992), Les Noces de Figaro (1995), Don Carlos (1996). Luc Bondy dirige le Festival de Vienne.

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

Joseph avait un dentier. Il l’enlevait au dejeuner et au diner et le plongeait dans un verre. Alors la moitie superieure et la moitie inferieure de sa bouche se refermaient l’une sur l’autre et il ressemblait a un poisson tropical. Nos repas en commun s’ecoulaient au rythme lent et uniforme de sa mastication. Quand il fermait la bouche il fermait les yeux et les rouvrait en meme temps que ses levres. Apres le repas, il restait assis, l’homme sans memoire, dans son fauteuil olive pale, devant la petite radio noire, et ecoutait les informations sur Radio Beromunster. Sur cette image-la non plus, je ne vois pas mon pere. Ni ma mere ou ma soeur ainee.
Sur une photo en noir et blanc datant des annees cinquante, un lion en peluche informe est assis sur mon epaule gauche. Qui m’a pris en photo, a qui est-ce que je souris ? A l’arriere-plan la maison jaune des voisins. Toutes les batisses, le long de la rue sinueuse, avaient la meme couleur et une forme identique. Entre elles, la pelouse rasee et deux coteaux. C’est la que mon pere apparait pour la premiere fois dans une veste en daim clair. Il a l’air d’un sportif, mais il ne l’etait pas. Il jouait certes au ping-pong a la vitesse d’une etoile filante, mais pour le reste… Il ne savait meme pas conduire, bien qu’il l’eut fait si volontiers.
Je le vois qui, pendant longtemps, ne remarque pas vraiment ma presence. Le soir du reveillon nous nous promenions aux Invalides avec mes soeurs tandis que ma mere decorait l’arbre de Noel. Pour les enfants, sans ca pourquoi ? avait-elle coutume de dire. Mon pere parlait plus a mes soeurs, avec elles il passait en revue les disciplines qu’elles etudiaient au lycee : l’histoire, la litterature, le latin. Il faisait tres froid et j’etais impressionne par les grands canons noirs au fond de l’esplanade.