Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Metamorphoses du journal personnel : de Retif de la Bretonne a Sophie Calle

Auteur : Marie-Francoise Lemonnier-Delpy | Catherine Viollet

Date de saisie : 22/07/2006

Genre : Litterature Etudes et theories

Editeur : Academia-Bruylant, Louvain-la-Neuve, Belgique

Collection : Au coeur des textes

Prix : 26.00 / 170.55 F

ISBN : 978-2-87209-819-4

GENCOD : 9782872098194

  • Les presentations des editeurs : 22/07/2006

Par ses caracteristiques d’ecriture spontanee, datee mais non premeditee – ancrage du temps present au jour le jour et au fil de la plume -, le journal personnel possede un statut particulier dans la production litteraire. Ce volume propose d’en decouvrir de multiples facettes.

Il devoile en premier lieu un aspect peu explore : le journal comme texte nait de pratiques diverses, parfois surprenantes, comme celle de Retif de la Bretonne. Comment certains diaristes – le prince de Joinville, ou la romanciere roumaine Gabriela Melinescu – conjuguent-ils ecriture diaristique et graphisme ? Tel que le lecteur l’aborde, le journal publie correspond-il a l’original ? Quel est le role de l’editeur ? Le journal recompose d’Amelie Weiler est representatif de ces difficiles choix editoriaux.

Lorsqu’ils servent d’avant-texte a une oeuvre, les journaux peuvent subir de subtiles transmutations. En temoignent quatre etudes centrees sur des auteurs du XXe siecle : les carnets de notes de la grande poetesse russe Marina Tsvetaeva, le journal de voyage du poete voyageur Victor Segalen, les variations propres a Michel Leiris, ou encore le Journal de Charles Juliet.

Les journaux d’ecriture de deux romancieres contemporaines, l’une canadienne, Marie-Claire Blais, l’autre francaise, Christiane Rochefort, retracent les stations de leur itineraire creatif. Quant au Faux Journal du poete Jude Stefan, et au deconcertant Douleur exquise de Sophie Calle, de quelle maniere inventive detournent-ils les lois du genre ?

Catherine Viollet est chercheur a l’Institut des Textes et Manuscrits modernes (CNRS-ENS), specialiste des etudes de genese d’auteurs du XXe siecle, et responsable de l’equipe Genese & Autobiographie.

Marie-Francoise Lemonnier-Delpy est maitre de conferences en litterature a l’IUFM de l’Academie de Rouen, et membre de l’equipe Genese & Autobiographie de l’ITEM. Specialiste de Joseph Delteil, elle travaille sur l’ecriture autobiographique et epique au XXe siecle.

  • Les courts extraits de livres : 22/07/2006

En 1894, six ans avant sa mort, Francois d’Orleans, Prince de Joinville publie aux editions Calmann-Levy a Paris une epaisse autobiographie de pres de 500 pages intitulee Vieux souvenirs. Fils du roi Louis-Philippe, son auteur est un temoin privilegie du XIXe siecle. Il a non seulement vecu l’histoire politique francaise de l’interieur mais il fut aussi temoin de nombreux moments d’histoire internationale tels que la guerre de Secession americaine2. FrancoisFerdinand-Philippe-Louis-Marie d’Orleans est ne a Neuilly-sur-Seine en 1818. Il est le troisieme fils de Louis-Philippe. Il entre a l’Ecole navale en 1834, devient lieutenant de vaisseau en 1839, en recompense de son courage lors de la prise au Mexique du Fort de Saint-Jean d’Ulloa. Il est surtout celebre pour avoir ramene en 1840 les cendres de Napoleon. En 1843, il epouse, au Bresil, la princesse Francoise de Bragance, soeur de Pedro II, dont il aura deux enfants. Il commande en 1844 la flotte contre le Maroc et bombarde Mogador. En 1848, il suit son pere en exil en Angleterre. Apres la chute de la Commune, en 1871, le prince de Joinville est elu a l’Assemblee nationale et reintegre dans son grade de vice-amiral. Mais en 1875, il met fin a sa carriere navale. Il meurt a Paris en 19003.

Si ces Vieux souvenirs, qui se limitent aux trente premieres annees de l’existence du prince (1818-1848) – soit la periode precedant l’exil consecutif a la revolution de 1848 -, se distinguent de ceux de ses contemporains, c’est moins par la situation privilegiee qu’occupe le prince de Joinville que par l’originalite de son entreprise4 : peindre sa vie. En effet, ses memoires sont accompagnes d’une serie de reproductions de peintures de la main meme du prince. Ces peintures n’illustrent pas le propos de l’auteur, elles en forment comme un recit parallele en image et donnent ainsi a voir un cas rare d’autobiographie peintes.

Extrait du texte Du journal contraint a l’autobiographie peinte, par Ph. Artieres et B. Waty