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Mort d’une inconsolee, les derniers jours de Susan Sontag

Auteur : David Rieff

Traducteur : Marc Weitzmann

Date de saisie : 05/04/2008

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Climats, Paris, France

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-08-121320-3

GENCOD : 9782081213203

Sorti le : 27/03/2008

  • Les presentations des editeurs : 08/04/2008

David Rieff, analyste politique et grand reporter, a assiste sa mere l’ecrivain Susan Sontag au cours de son ultime combat contre le troisieme des cancers qu’elle dut affronter au cours de sa vie, jusqu’a sa mort en decembre 2004.
Mort d’une inconsolee, le livre brillant et grave qu’il tire de cette epreuve, est cependant bien plus qu’un simple temoignage. A la fois memoire tres personnel, enquete philosophique et hommage de l’auteur au courage de sa mere, cet ouvrage livre egalement une reflexion puissante et originale sur le sentiment d’impuissance qu’il y a a aider quelqu’un de gravement malade dans sa lutte pour survivre, et sur le sentiment de culpabilite qui en ressort.
Il montre ce que signifie mourir pour qui refuse toute consolation, religieuse ou spirituelle, ce qu’implique la volonte de tout tenter pour survivre et le rapport difficile a la verite qui en decoule chez les proches. Depeignant le combat de sa mere, et la place que lui-meme y occupe, une place impossible, il offre ce faisant une impressionnante meditation sur la confrontation a la mort dans notre culture, ainsi qu’un splendide et tragique portrait de femme.
Susan Sontag, avec son destin forge a force de luttes, avec son immense amour de la vie et sa lucidite douloureuse et attachante, y apparait dans toute sa force et son impuissance, exceptionnelle face a la mort dans tout ce qu’elle a de plus commun.

Susan Sontag etait d’une vitalite feroce et exuberante, et aussi intransigeante dans ses choix personnels que dans son travail d’ecrivain. Le portrait subtil, delicat et lucide de la phase finale de sa maladie par son fils David Rieff restitue son absolue determination a vivre jusqu’au dernier souffle. Mort d’une inconsolee est un livre courageux et d’une sombre beaute. Oliver Sacks

  • La revue de presse Antoine Perraud – La Croix du 26 mars 2008

Avec une finesse deroutante, David Rieff permet a son lecteur de se dire : mais comment ne voit-il pas que cette agonie, refusee comme telle, est a l’image meme de notre societe, incapable d’accueillir la mort, qui ne cherche qu’a l’affronter en un vain combat, ou les medecins s’estiment perdants, ou la famille et les proches se voient en survivants tirailles par la culpabilite ? Au fil des pages, il apparait que David Rieff a compris. Il a simplement mis sa delicatesse de plume a s’effacer, a nous laisser deceler, interpreter, philosopher sur son dos. Aucun intellectuel francais ne prendrait le risque de permettre au lecteur de penser a la place de l’auteur ! Rien n’est pourtant plus efficace, emouvant et profond…
Parallelement a cette fresque en pointille, David Rieff parvient, en creux, a laisser le plus beau tableau possible d’une mere, qu’il frole au plus pres et au plus vrai jusqu’a son dernier souffle.

  • La revue de presse Nathalie Crom – Telerama du 26 mars 2008

Dira-t-on de ce livre qu’il est un tombeau litteraire, dresse par un fils en memoire de sa mere ? Qu’il est un adieu, un exercice de tendresse et de deuil meles ? Mais ne s’offre-t-il pas a lire aussi comme un recit factuel, racontant la lutte furieuse et vaine d’une femme contre l’affection mortelle qui devait finalement l’emporter ? Ou bien encore s’agit-il d’une meditation sur la maladie, la souffrance, la mort annoncee, et la facon d’y faire face ? La difficulte meme qu’il y a a definir Mort d’une inconsolee est le signe tangible de la richesse remarquable de ce texte, dont David Rieff a entrepris la redaction deux ans apres la disparition de sa mere, l’intellectuelle americaine Susan Sontag, morte d’un cancer en decembre 2004, a 71 ans…
Confier ainsi sobrement ces instants, et le chagrin qu’en lui ces souvenirs provoquent, est la seule impudeur que s’autorise le fils. Inconsolable, a son tour.

  • Les courts extraits de livres : 08/04/2008

Rien n’aurait pu etre plus eloigne de mon esprit – au retour d’un long periple a l’etranger, pensant rentrer chez moi, a New York, alors que j’etais au debut d’un autre voyage qui ne s’acheverait qu’avec la mort de ma mere.
C’etait, pour etre precis, l’apres-midi du 28 mars 2004, un dimanche, je rentrais du Moyen-Orient apres bientot un mois de periple incessant entre Jerusalem-Est et la Cisjordanie pour un reportage sur les Palestiniens et la derniere periode du regne d’Arafat. Je me trouvais en transit a l’aeroport d’Heathrow de Londres, heureux de revenir enfin. J’etais a mi-chemin de la maison et la tete vide ou presque, car le voyage avait ete decevant, je n’avais qu’en partie reussi a obtenir ce que je voulais et le travail d’ecriture s’annoncait difficile. Fatigue, en proie a une legere gueule de bois, je ne me sentais guere en mesure de reflechir a la meilleure facon de transformer tout cela en article. Mes notes attendraient le retour. Je me mis a passer des coups de fil depuis le bar de la United Airlines, reprendre contact avec New York, comme j’en ai depuis toujours l’habitude chaque fois que je rentre de reportage, et c’est ainsi que j’appris de ma mere, Susan Sontag, que sa maladie etait peut-etre de retour.
Il y a peut-etre quelque chose qui ne va pas dit-elle, apres que je me fus bien trop longtemps etendu, au telephone, sur l’etat de la Cisjordanie. Elle faisait manifestement de son mieux pour paraitre enjouee. Durant mon absence, m’expliqua-t-elle, elle avait procede a la serie d’examens de routine, scans et tests sanguins, auxquels elle devait se soumettre tous les six mois depuis son operation chirurgicale et la chimiotherapie qui avaient suivi la decouverte six ans plus tot d’un sarcome uterin. L’un des resultats n’a pas l’air tres bon, dit-elle. Elle avait procede deux jours auparavant chez un specialiste a d’autres tests complementaires et me demanda si je voulais l’accompagner le lendemain pour prendre les resultats. Elle ajouta, ce n’est sans doute rien. Se mit en devoir de me rappeler la longue liste de fausses alertes qui avaient suivi non seulement son sarcome, mais aussi, avant cela, la mammectomie radicale a laquelle elle s’etait soumise apres la decouverte en 1975 d’un cancer du sein a un stade deja fort avance.
Ce n’est probablement rien repeta-t-elle et, mecaniquement, je le repetais a mon tour. Nous etions du meme avis a ce sujet et nous nous le fimes savoir une fois encore. Raisonner ainsi n’etait pas tout a fait irrationnel – en theorie du moins. Laquelle de ces fausses alertes avait jamais debouche sur quoi que ce soit d’inquietant par le passe ? Il y avait eu la fois ou le scanner avait revele au rein gauche quelque chose qui avait l’allure d’un cancer mais n’etait que la forme particuliere du rein de ma mere, et celle ou les medecins s’etaient alarmes d’une soudaine et severe serie de crampes d’estomac, symptomes possibles d’un cancer du colon. Tout cela s’etait avere anodin. Depuis la premiere attaque de la maladie, a l’oree de la quarantaine, ma mere avait vecu comme tout patient du cancer, c’est-a-dire dans l’eventualite d’une recidive. Elle avait de haute lutte appris au fil des ans a garder son calme – ou du moins a agir calmement – lorsqu’elle recevait ce genre de nouvelles. Et celle-ci ne serait pas pire que les precedentes, nous repetions-nous au telephone.