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Morts suspectes sous la Ve Republique

Auteur : Monsieur X | Patrick Pesnot

Date de saisie : 19/01/2008

Genre : Societe Problemes et services sociaux

Editeur : Nouveau Monde editions, Paris, France

Collection : Les dossiers secrets de Monsieur X

Prix : 19.50 / 127.91 F

ISBN : 978-2-84736-292-3

GENCOD : 9782847362923

Sorti le : 10/01/2008

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  • Les presentations des editeurs : 19/01/2008

L’histoire de la Ve Republique est jonchee de cadavres, parfois bien genants. Ministres suicides (Boulin, De Broglie…), juges elimines (dont le juge Borrel a Djibouti), reglements de comptes sanglants entre la pegre et certains milieux. Mises bout a bout, ces affaires constituent une histoire souterraine mais edifiante et dissimulent souvent des pratiques inavouables.
Dans ce volume, Monsieur X revient sur quelques-uns des dossiers les plus mysterieux de la Ve Republique : assassinats de ministres, magouilles immobilieres, malversations du SAC… avec de nouveaux eclairages et son habituelle liberte de ton.

Qui est Monsieur X ? Personne ne le sait. Mais depuis plus de dix ans, semaine apres semaine, il livre ses secrets sur France Inter. Une veritable moisson de revelations et surtout une lecture inedite et toujours surprenante des evenements contemporains les plus brulants.
Cette collection rassemble pour la premiere fois en volumes thematiques ses meilleures enquetes, constituant ainsi une veritable encyclopedie de notre histoire secrete.

Confident de Monsieur X et animateur de Rendez-vous avec X sur France Inter, Patrick Pesnot est journaliste et romancier. Il a notamment publie une trilogie romanesque La Malediction des Medicis (Editions n1).

  • Les courts extraits de livres : 19/01/2008

La fille de l’adjudant

C’est une etonnante histoire d’espionnage. Surtout si l’on tient compte de la personnalite de son malheureux heros. Un homme que rien ne destinait a jouer le role qu’on lui a attribue malgre lui. Bref un personnage qui n’avait pas la carrure de l’emploi et qui a ete ecrase par ce monstre froid qu’est le monde du renseignement.
Il s’appelait Eugene Rousseau. Un brave homme d’adjudant, un sous-officier sans histoires et sans ambition qui ne connaissait de l’armee que la poussiere et la routine des bureaux et vouait a ses superieurs une admiration sans bornes et un respect aveugle. Un bon pere de famille enfin, sans doute seulement coupable de trop aimer ses enfants.
C’est pourtant ce sexagenaire, qui, en 1970, a ete condamne par la defunte Cour de surete de l’Etat a quinze ans de reclusion pour espionnage.
Mais derriere ce dossier se profile une autre affaire, une manipulation interne dans nos services secrets. Car ce malheureux n’a ete qu’un bouc emissaire, la victime d’un impitoyable reglement de comptes qui depassait de loin sa modeste personne.

Eugene Rousseau est ne au debut du XXe siecle dans le Maine-et-Loire. Son pere est un ouvrier agricole illettre. Famille nombreuse, mere epileptique, la vie est dure. Mais, grace au devouement de l’instituteur du village qui Fa pris en affection, le gamin parvient a obtenir le certificat d’etudes. Sa scolarite s’arrete la : ses parents ne peuvent se permettre de l’entretenir.
Des l’age de douze ans, Eugene travaille, d’abord dans une ferme puis comme apprenti charron.
Seule eclaircie dans cette vie de labeur : le sport ! Rousseau pratique la course a pied et remporte plusieurs competitions. Ces succes lui permettent meme d’etre remarque et d’enfiler le maillot du prestigieux Racing-Club de France.
Desormais parisien, le jeune homme trouve un emploi de carrossier aux usines Renault. Eugene se marie – il n’a pas meme vingt ans – et consacre chaque dimanche au sport. Cependant, six mois apres son mariage, l’armee le reclame. Son existence va en etre bouleversee !
Rousseau apprecie l’armee et la vie militaire. Il suit un peloton de sous-officiers et, au terme de son service, il obtient le grade de sergent. Il envisage alors serieusement de faire carriere dans l’armee. D’autant que chez Renault, a cause de la crise, on debauche.
Il rempile donc. Direction le Maroc ! Il y reste deux ans, le temps de faire deux enfants a sa femme. Le commencement d’une nombreuse nichee : Rousseau reproduit le schema familial et se montre tres attache a ses enfants.
Apres le Maroc, il pantoufle dans differents bureaux de l’armee en province et dans la region parisienne et gagne ses galons d’adjudant. Rousseau n’ira pas plus loin.
Pourtant, ce fils de paysan illettre, qui s’est fait tout seul et a qui il n’a guere ete donne la possibilite d’accroitre ses capacites, ne cesse de vouloir progresser. Avant guerre, alors qu’il est deja en charge de sa nombreuse progeniture, il s’astreint a aller chaque soir suivre des cours d’instruction generale dans un lycee parisien.
Lorsque la guerre survient, Rousseau, miraculeusement, passe a travers les gouttes : a l’heure de l’armistice, en juin 1940, l’adjudant Rousseau s’est echoue a Royan. Et il n’a pas encore tire un coup de feu !
Il ne songe pas un instant a rejoindre la Resistance : non seulement Rousseau a une nombreuse famille a nourrir, mais ce sous-officier tranquille a appris a obeir. Pas a desobeir !
Mis en conge de l’armee, dans un premier temps, il retourne chez lui, dans le Maine-et-Loire ou il reprend son metier de charron. Toutefois son salaire etant insuffisant, il revient dans la region parisienne ou, renouant avec la paperasserie, ce rond-de-cuir trouve une place de commis a l’Institut de la statistique. Mais un drame bouleverse l’existence de la famille Rousseau : la femme d’Eugene meurt subitement. Seul avec ses enfants, l’unique solution qui se presente a lui, c’est le retour au pays natal ou il place sa progeniture chez differents parents. En attendant la fin de la guerre.
Lorsque l’Anjou est libere, Rousseau se precipite sur le premier officier francais qu’il rencontre. Adjudant en conge d’armistice, il est pret a reprendre immediatement du service. Obtenant rapidement satisfaction, il est nomme au bureau de la Securite militaire d’Angers. Quelques mois plus tard, il est affecte a Paris, une affectation qui decidera de son destin. Il est en effet mute a la DGER. Un service secret, lui-meme issu du fameux BCRA du colonel Passy et qui va bientot prendre le nom de SDECE.