Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

My blueberry nights

Auteur : Kar-wai Wong

Date de saisie : 05/03/2008

Genre : Beaux Livres

Editeur : Ed. X. Barral, Paris, France

Prix : 49.90 / 327.32 F

ISBN : 978-2-915173-30-7

GENCOD : 9782915173307

Sorti le : 24/01/2008

  • Les livres d’exception : Serge Toubiana – 17/09/2008

Telecharger le MP3

Serge Toubiana – 03/03/2008

  • L’espace des editeurs : Serge Toubiana – 17/09/2008

Telecharger le MP3

Serge Toubiana – 19/03/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

My Blueberry Nights presente les photographies que Wong Kar Wai et Darius Khondji, son directeur de la photographie, ont prises au cours des reperages de son film eponyme.

Il s’agit de details, d’espaces ou lieux qui me font reagir. Je les considere parfois comme des personnages.

Il y a tant de choix possibles, chaque endroit represente un personnage. Ce sont eux qui me trouvaient, pas moi. A la fin de la journee, je devais faire des choix. Pourquoi choisir tel endroit plutot qu’un autre ? Lequel provoque la plus forte reaction chez moi ?

Quand on fait un si long voyage, la plupart du temps, surtout lorsque nous traversions le Nevada, il arrive que l’on roule pendant huit heures sans que le paysage change. On perd alors le sens de l’espace. Heureusement, il existe des petits details qui distinguent ces espaces, qui sont revelateurs d’une epoque, comme ces panneaux, ces neons ou ces publicites.

Apres avoir effectue ces trois voyages a travers les Etats-Unis, j’ai compris quels endroits etaient les plus interessants pour faire ce film et raconter cette histoire. Je plaisante toujours avec Darius, car lorsque nous avons regarde ensemble ces photos, nous nous sommes dit : le film est termine. Il etait parfois difficile de recreer certains moments incroyables. Apres avoir passe quatorze heures sur la route, on se retrouve dans un diner dans le Nevada. Un moment tres etrange, comme si nous etions entres dans la quatrieme dimension. On prend des photos, mais on ne pourra jamais recreer ces emotions. Le spectateur ne comprendrait pas ces longues nuits. C’est inoubliable.

Extraits de l’entretien realise par Serge Toubiana

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Quelle relation personnelle entreteniez-vous avec l’Amerique avant de realiser My Blueberry Nights ?

Je voulais faire ce roadmovie parce que je comprends et connais les Etats-Unis a travers le cinema. Grace au cinema. En fait, ce roadmovieevoque pour moi des films quej’ai vus par le passe. Quand je vais a New York, je reconnais des lieux ou ont ete tournes certains films; quand je vais a Memphis, je vois les films d’Elia Kazan et aussi le Mississippi. Quand on va au Nevada, au Nouveau-Mexique, on reconnait ces paysages filmes par John Ford. C’est donc une experience tres interessante. Je ne voyage pas en touriste, mais comme un cinephile.

Etiez-vous fascine par l’etendue des paysages americains, les routes, les deserts, les villes, vous qui venez de Hong Kong, une ville ou un pays ou tout est concentre a la verticale ?

Nous avons commence notre voyage par New York, qui est une ville tres verticale egalement, un peu a la maniere de Hong Kong. On peut voir dans le film un changement de format, le passage du vertical au cinemascope. On a finalement decide de filmer en cinemascope.

Vous avez fait ces photos au cours de reperages avec votre directeur de la photographie, Darius Khondji. Est-ce que la photographie de reperage est une pratique courante chez vous ? En quoi sert-elle le film a venir ? Est-elle une necessite en soi, disons independante du film a faire ?

Cela m’arrive de faire des photos de reperage. De maniere aleatoire. Je prends toujours des photos, mais moins que pour ce film-la. Je n’ai pas besoin de le faire lorsque je travaille avec Chris Doyle, mon directeur de la photographie habituel. Car on se connait bien et il sait ce que je veux faire, quels seront mes choix. En fait, ces photos en Amerique concernaient plutot d’autres choses, des references, certains details sur lesquels je voulais me concentrer, J’ai fait beaucoup de photographies pendant ce voyage americain, Comme c’etait la premiere fois que je travaillais avec Darius, je voulais lui transmettre mon point de vue. Et je desirais aussi comprendre le sien. J’ai propose a Darius de faire ce voyage ensemble, et de prendre des photos. Chacun de son cote, puis de partager nos impressions. Par moment, je pensais que ses photos etaient meilleures que les miennes, et parfois il regardait les miennes et me disait : Je comprends ce que vous voulez. Cette collaboration etait tres interessante. Quand on regarde les photos, on voit bien que Darius est davantage preoccupe par la lumiere et la couleur. Les miennes concernent davantage l’espace. Je pense en termes de mise en scene : comment mettre en scene les personnages dans un espace. Dans mes films, je fais des choix. Je veux que l’on voie telle chose et pas telle autre. Que l’on se concentre sur telle chose. Parfois un lieu peut devenir le personnage principal, en dire beaucoup sur une histoire.

Ce qui emane de vos photographies au premier coup d’oeil, c’est le sens du cadre et le vide, l’absence…

Il s’agit de details, d’espaces ou lieux qui me font reagir, Je les considere parfois comme des personnages. C’est essentiel pour moi. Avec Darius, nous avons fait trois voyages et passe beaucoup de temps ensemble dans la voiture. On roulait jusqu’a quatorze heures par jour, On regardait le paysage a travers la vitre, parfois on s’arretait pour dejeuner, c’etait comme une image en mouvement, On a commence par New York, puis de l’Est vers l’Ouest, en traversant de nombreuses villes comme Chicago, Detroit, Memphis. On voit que certaines de ces villes ont ete prosperes, mais que leurs industries sont en train de decliner. Certaines villes deperissent et d’autres ne changent pas.

On a le sentiment que vous avez parcouru les paysages americains, non pour trouver quelque chose, mais pour vous perdre ?

Vous savez, Hong Kong est tres petit : on peut aller partout en moins de deux heures. Ce voyage etait tres agreable, car on passe du temps avec ses collaborateurs, environ deux semaines, juste dans une voiture. Il y a tant de choix possibles, chaque endroit represente un personnage. Ce sont eux qui me trouvaient, pas moi. A la fin de la journee, je devais faire des choix. Pourquoi choisir tel endroit plutot qu’un autre ? Lequel provoque la plus forte reaction chez moi ?