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Nada exist

Auteur : Simon Liberati

Date de saisie : 13/09/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Flammarion, Paris, France

Prix : 21.00 / 137.75 F

ISBN : 2-08-068861-8

GENCOD : 9782080688613

Sorti le : 17/08/2007

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  • Les presentations des editeurs : 08/06/2009

“Quand il entra dans la chambre, l’obscurite exhalait l’odeur du lit defait.
Tirant les grands rideaux de velours dont la doublure avait pris la couleur du ciment a force de bruler au soleil, il entrouvrit une porte-fenetre pour laisser penetrer l’air de la campagne. II s’arreta sur le miroir de la cheminee. Une image etait scotchee au milieu : une reproduction de la gravure de Durer, Le Chevalier, la Mort et le Diable. Son visage, defigure par la lepre du verre au mercure, se refugiait derriere l’allegorie.
Il bougea pour se cacher. Parut alors dans la glace, encadre par la fenetre, le bois noirci d’un marronnier. Des branchettes sechees par l’hiver zebraient le ciel comme des griffes. De la chambre voisine, de l’autre cote de la salle de bains lui parvint, a la maniere d’une plainte, le souffle d’une femme. “Le travail du Diable est presque termine”, chuchota-t-il au monstre de la gravure, sans que son sourire soit revele par le miroir. Cinq heures dans la vie d’un photographe de mode en decadence.
Une etude de moeurs d’un lyrisme cruel et drole, portrait d’une ame perdue jusqu’au sortilege final, au 29e etage de l’ex-hotel Nikko.

Simon Liberati est ne en 1960. Il est l’auteur d’un premier roman tres remarque par la critique, Anthologie des apparitions (Flammarion 2004).
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  • La revue de presse Jean-Paul Enthoven – Le Point du 13 septembre 2007

Car cet ecrivain, voluptueusement congele dans les annees Palace, et plus decadent que l’immense Jean-Jacques Schuhl, et plus chantourne qu’un Gongora croise dans un after d’Ibiza, et plus tendance que mon cher Beigbeder (qui le decouvrit pendant sa brevissime saison d’editeur), oui, cet ecrivain sent donc le Funeste (car il se drape de sombres pressentiments) et le Blafard (puisque la mort campe a l’horizon de tout ce qu’il ecrit). Parfum chic ? Encens pour club prive ? soit : c’est bien ce genre de senteurs que les lecteurs de ce Mr. No Future renifleront dans son nouvel opus ventru, exigeant, interessant, epuisant. A l’heure ou les auteurs Aqua Velva brodent leurs pourpoints avec du Canderel, ce disciple de Petrus Borel et de Catulle Mendes, lui, carbure au diabolique mephitique. Il y fallait, quoi qu’on pense du resultat, une noble ambition…

  • La revue de presse Gilles Martin-Chauffier – Paris-Match du 6 septembre 2007

On passe sans cesse du cynisme odieux a une resignation poetique et desarmante. Pas de guimauve. Jamais. On est dans un cloaque parfume par Guerlain ou chacun denigre les gens du milieu et meprise ceux qui n’en font pas partie. D’une de ses anciennes conquetes, le heros se rappelle uniquement qu’un peu apres leur rupture, dans un journal, elle avait declare qu’en amour, elle n’avait jamais rencontre que des minables. Le pire, c’est qu’il est d’accord. Et qu’il ne fera rien pour changer. Tant mieux pour nous. Surtout que Liberati, non plus, ne change pas. Dans le deluge de niaiseries bien-pensantes de la rentree romanesque, son tombereau d’horreurs sonne vrai. Sa lettre ouverte aux ambitieux qui n’ont pas les moyens de leur vanite est cent fois plus emouvante que toutes les pleurnicheries humanitaires qui viennent faire la roue devant les jurys litteraires. Ils se reconnaitront.

  • La revue de presse Philippe Lancon – Liberation du 6 septembre 2007

Comme dans le premier, Anthologie des apparitions, paru en 2004, on y observe ce ballet plein de preciosites et de concret, de figures de style et de mode, developpant ses entrechats et ses entrejambes entre pourriture et grace. L’autoderision est aussi frequente que l’affectation : ce sont deux formes d’autosatisfaction soignee, l’une moderne, l’autre pas ; deux manieres de reussir son ratage, ou de rater sa reussite….
Pour evoquer son epoque et son milieu, rien ne vaut le naturel decale. Ceux dont le style colle a ce qu’ils vivent tombent dedans, une pierre au cou. Liberati force le sien pour mieux detailler le sordide, comme un bathyscaphe, le fond.