Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

N’oublions pas demain : memoires

Couverture du livre N'oublions pas demain : memoires

Auteur : Maurice Tubiana

Date de saisie : 19/04/2007

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France

Prix : 24.00 / 157.43 F

ISBN : 2-87706-618-5

GENCOD : 9782877066181

  • Les courtes lectures : Lu par Joachim Salinger – 26/04/2007

Telecharger le MP3

Joachim Salinger – 26/04/2007

  • Les courtes lectures : Lu par Melanie Couillaud – 05/04/2007

Telecharger le MP3

Melanie Couillaud – 21/03/2007

  • Les courtes lectures : Lu par Lise Maussion – 05/04/2007

Telecharger le MP3

Lise Maussion – 05/03/2007

  • Les presentations des editeurs : 05/04/2007

Maurice Tubiana, ne en 1920, jette un regard sur son passe et les combats qu’il a menes. D’abord contre le cancer, qui, de malediction fatale, est devenu, en partie grace a ses efforts, une maladie comme les autres par l’efficacite croissante des traitements et la reduction des mutilations qui en resultaient.

Ces succes ont ete obtenus dans le cadre d’une medecine plus rigoureuse, plus scientifique, n’acceptant plus les dogmes et les idees recues, la medecine moderne, dont il a ete l’un des pionniers.

De plus, des 1975, il comprend qu’il vaut mieux eviter les cancers que de les traiter ; il lutte contre les comportements a risque, notamment le tabagisme. Dans ce cas aussi, de grandes victoires ont ete remportees, mais on se heurte a l’irrationalite, au desarroi des jeunes, consequence de la perte de confiance en soi et de la peur du futur. Ce meme malaise, a l’echelle du pays, a pour consequence l’amplification des risques minimes, une reticence devant la science et les innovations techniques, au moment meme ou celles-ci sont devenues necessaires. On oublie les valeurs qui ont fait la grandeur de la civilisation occidentale : la curiosite intellectuelle, le gout d’entreprendre, la rationalite.

Ainsi se succedent, tout au long d’une vie, des combats tres differents, mais qui sont tous marques par la foi en l’homme et la volonte de progres : la lutte contre le nazisme, de la Resistance aux plages de debarquement, pour la sante, pour une education mieux adaptee a notre temps, pour la dignite des jeunes non encore inseres dans notre societe et des vieux qui en sont exclus.

Il ne faut pas craindre l’avenir, il faut le preparer : n’oublions pas demain.

Maurice Tubiana a ete professeur de cancerologie et directeur de l’Institut Gustave Roussy a Villejuif. Il est membre de l’Academie des sciences et a ete president de l’Academie de medecine. Croix de guerre 39-45, il est grand-croix de la Legion d’honneur.

  • Les courts extraits de livres : 05/04/2007

DEFENSE ET ILLUSTRATION DU XXe SIECLE

Comment mettre de l’ordre dans le flot de souvenirs ? Je voudrais d’abord illustrer avec quelques exemples les changements du mode de vie. A Alger, dans mon enfance, l’allumeur de reverberes apportait la lumiere ; on l’attendait ; s’il etait malade, la rue restait noire et, dans ce cas, le lendemain quand il reapparaissait, on lui demandait, en l’interpellant du balcon, des nouvelles de sa sante. Une soeur de ma mere habitait Bougie, ravissant petit port a 300 kilometres d’Alger ; elle et ses fils n’avaient pas d’auto et se deplacaient dans un break tire par deux chevaux qui avait appartenu a son mari tue a la guerre de 14-18 et auquel ils restaient fideles. Quand nous allions passer quelques jours chez elle, nous etions enchantes les premiers jours, mais vite nous regrettions le confort des automobiles. A Alger, il y avait dans les rues autant de charrettes tirees par un mulet ou des chevaux que de camions, mais les caleches avaient ete supplantees par les automobiles, sauf pour les mariages et les enterrements. En 1925, les pannes d’electricite etaient si frequentes qu’on avait toujours a portee de main des lampes a gaz et je me rappelle vers 1930 l’installation du chauffage central a la maison, que certains amis de mes parents consideraient comme une excentricite.
A Cahors, ou apres mon mariage, en 1953, nous allions souvent dans ma belle-famille, nous etions reveilles tres tot le matin par les cloches de l’eglise voisine sonnant l’angelus. Plus tard, vers 8 heures, on entendait les roulements de tambour du crieur public qui debitait, d’une voix de stentor, nouvelles et annonces (par exemple l’arrivage, au marche, de poissons, ce qui ne se produisait qu’une ou deux fois par semaine), qui sont celles que donnent aujourd’hui les radios locales ou la page du journal regional.