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Nous etions tous dans ce train

Auteur : Viviane Faudi-Khourdifi

Date de saisie : 27/02/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Quadrature, Louvain-la-Neuve, Belgique

Prix : 15.00 €

ISBN : 978-2-9600506-9-1

GENCOD : 9782960050691

Sorti le : 27/02/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Martine Galati de la librairie LES LECTURES DE MARTINE a BOURG-LES-VALENCE, France (visiter son site) – 28/03/2008

“Nous etions tous dans ce train” de Viviane Faudi-Khourdifi est le troisieme et dernier recueil edite par Quadrature pour la saison 2007-2008. Cette maison d’edition belge s’est donnee pour mission de se dedier completement a la nouvelle de langue francaise au rythme de trois recueils par an.
J’ai eu l’occasion d’entrer en contact avec Patrick Dupuis un des responsables de Quadrature par le biais du blog de Fashion qui proposait en livre voyageur en fevrier “Les beaux dimanches” de Magali Duru edite donc par Quadrature et finaliste du prix de la nouvelle du Scribe qui sera proclame a Lauzerte en septembre 2008 lors de la manifestation annuelle “Place aux nouvelles”. Ayant tres envie de lire ces “Beaux dimanches” et accompagnee dans la demarche par Patrick Dupuis, j’ai souhaite pouvoir participer a la diffusion de cet ouvrage (dont je vous parlerai plus en detail tres bientot) par le biais de l’activite de librairie associative ambulante des “Lectures de Martine”. Ce qui fut fait et tellement plus encore.
Professeur de francais, publiee en ouvrages collectifs, revues et presse jeunesse, Viviane Faudi-Khourdifi signe avec “Nous etions tous dans ce train” son premier recueil de nouvelles.
Et quelles nouvelles ! Au nombre de 16, ces histoires courtes mais o combien surprenantes et parfois derangeantes sont un veritable enchantement. Autant je me passionne pour les gros paves pour lesquels plusieurs jours me sont necessaires pour en venir a bout, autant ici chaque histoire interpelle, emeut et interroge en moins de temps qu’il ne faut pour le lire. Entre douceur et joie de vivre, chagrin et desespoir, cynisme et douleur, mais toujours avec une juste dose d’humanite, Viviane Faudi-Khourdifi nous entraine a la rencontre de personnages fictifs certes mais tellement attachants qu’on aimerait presque les connaitre “pour de vrai” ! heu ! enfin… quand je dis “pour de vrai” ce n’est pas le cas pour tous, hein ? ! ! ! Seulement pour quelques uns !
J’espere sincerement que cet auteur ne s’arretera pas en si bon chemin et que nous aurons tres vite le plaisir de la lire a nouveau !

  • Les presentations des editeurs : 27/02/2008

Nous embarquons, dans ce train, aux cotes de Viviane Faudi-Khourdifi et de ses personnages sans savoir ni quand, ni comment se terminera le voyage. Quelles seront les gares ? Celles de la douleur et de l’amour, du rire et de l’amertume, de l’espoir et de la revolte, du cynisme et de la tendresse… Tout un parcours d’emotions.
Chemin du champ aux alouettes, au pied des Vosges alsaciennes : c’est la que reside Viviane Faudi-Khourdifi. Elle y invente des histoires pour s’indigner, rever ou, tout simplement, rire. Professeur de francais, publiee en ouvrages collectifs, revues et presse jeunesse, elle signe avec Nous etions tous dans ce train son premier recueil de nouvelles.

L’objectif des Editions Quadrature est a la fois modeste et ambitieux : se dedier completement a la nouvelle de langue francaise au rythme de trois recueils par an.

  • Les courts extraits de livres : 27/02/2008

Nous etions tous dans ce train

– Papa !…Maman, ou, ou ?
Pour la dixieme fois le petit garcon sur ses epaules lui posa cette question. Sans se lasser, pour la dixieme fois, le pere repondit :
– Maman va venir, petit bonhomme, on la cherche. Ne t’inquiete pas.
L’enfant voulut une confirmation :
– On la che-che ?
Sur cette place de Madrid, les gens affluaient par dizaines, par centaines. Il avait voulu marcher un peu. Fuir cet appartement ou Elle n’etait plus et ou l’enfant tournait en rond. Il avait voulu respirer. Et marcher.

Lorsqu’elle avait entendu l’appel a la radio, elle n’avait pas hesite une seconde. Apres les terribles evenements de cet apres-midi, agir etait le meilleur antidote. Elle se glissa dans son poncho rouge, enroula une echarpe autour de son cou et sortit dans la nuit etoilee. Quel beau clair de lune ! Le printemps. Et des gens morts, au reveil de la vie. Mourir au printemps, quelle ironie ! Avoir subi l’hiver gris et humide de Madrid et mourir avant les premiers pepiements d’oiseaux. Des larmes brouillerent sa vue.

Sans cette dispute, Elle n’aurait pas pris ce damne train. Elle serait restee, bien tranquillement chez nous, au lieu de rendre visite a sa mere !
Il ruminait tout en marchant. Il voulait rejoindre le cote de la place avant que la foule ne l’en empechat. Surtout ne pas tomber avec le petit sur les epaules.
Ma belle-mere. Ah…si elles s’etaient vues toutes les deux, elles auraient encore critique ma facon d’etre, d’agir. Et je t’avais bien prevenue, ma fille. Et tu aurais du prendre untel, un type bien, celui-la. Et maintenant qu’il y a l’enfant, te voila coincee. Et ma femme de se plaindre, de larmoyer, comme a son habitude. Il les entendait comme si cette discussion avait lieu devant lui.
Mais Elle n’etait jamais arrivee chez sa mere. Ces salauds ne lui en avaient pas laisse le temps.

Deja, ca et la, les gens scandaient des slogans. E.T.A. ASSASSINS ! – E.T.A ASSASSINS ! VIVE LA NON-VIOLENCE ! Elle s’approcha d’un groupe et reprit en cadence les mots d’abord murmures, puis de plus en plus fort. Elle aimait cette promiscuite des manifestations, ce sentiment d’appartenir a un meme groupe, a un meme ideal, imbriquee dans une meme foule. Mais ce soir, l’ambiance n’etait pas a la franche camaraderie. Les manifestants eux-memes n’etaient pas les habituels syndicalistes. C’etaient des familles, des jeunes, des vieux, des blancs, des noirs… Tous les Madrilenes descendaient dans la rue. Avec eux, elle voulait crier sa haine. Saletes de revendications. Saloperies de pretendus messages, conneries d’actions. Souilles du sang des victimes. Elle leva le poing et hurla, avec les autres : SALAUDS ! ASSASSINS !

198 victimes. Peu importe le nombre, quand on est touche. Quelle betise, ces chiffres et ces pourcentages. En Europe, une femme met 2,3 enfants au monde. Que represente le 0.3 enfant restant ? Comment le partager ? Un tronc ? Une tete et un bras ? Ridicule !
Meme si Elle seule etait morte dans cet attentat, cela suffirait pour que le monde s’ecroule. Le gouvernement pouvait bien deplorer d’innocentes victimes mais les ministres, ce soir, rentreraient tranquillement chez eux et retrouveraient leur femme, leurs enfants, leur douillet appartement. Et son fils, lui, n’aurait plus de mere.