Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Oeuvre critique. Volume 3-1, Les oeuvres et les hommes : deuxieme serie

Auteur : Jules Amedee Barbey d’Aurevilly

Date de saisie : 13/03/2008

Genre : Litterature Etudes et theories

Editeur : Belles lettres, Paris, France

Prix : 80.00 / 524.77 F

ISBN : 978-2-251-50001-0

GENCOD : 9782251500010

Sorti le : 15/02/2008

  • Les livres d’exception : Pierre Glaudes – 17/09/2008

Telecharger le MP3

Pierre Glaudes – 05/03/2008

  • L’espace des editeurs : Pierre Glaudes – 17/09/2008

Telecharger le MP3

Pierre Glaudes – 19/03/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Tout au long de sa carriere litteraire, Barbey d’Aurevilly fut un collaborateur assidu de la presse de son temps et un critique redoute. Cet aspect de son activite litteraire lui importa assez pour qu’il eprouve le desir de recueillir en volumes un grand nombre de ses etudes critiques. Interrompue en 1889 par sa disparition, cette entreprise editoriale fut poursuivie par son amie Louise Read qui porta a pres de quarante le nombre des recueils edites. Depuis leur edition originale, les titres concernes n’avaient, pour la plupart, jamais ete reedites, hormis sous forme de reprint
Le present volume, le troisieme, s’inscrit dans une vaste entreprise, et vise a procurer enfin au grand public l’integrale de l’?uvre critique de Barbey d’Aurevilly. Il contient les tomes IX, X, XI et XII de la serie Les ?uvres et les Hommes, c’est a dire :
– Les Philosophes et les ecrivains religieux, deuxieme serie (texte etabli, presente et annote par Dominique Millet-Gerard, professeur de litterature francaise a l’universite de Paris IV-Paris Sorbonne),
– Les Historiens, deuxieme serie (texte etabli, presente et annote par Jerome Grondeux, maitre conference d’histoire contemporaine a l’universite de Paris IV-Paris Sorbonne),
– Les Poetes (texte etabli, presente et annote par Catherine Mayaux, professeur de litterature francaise a l’universite de Cergy-Pontoise),
– Litterature etrangere (texte etabli, presente et annote par Guillaume Reynes, avec la collaboration de Pierre Glaudes, professeur de litterature francaise a l’universite de Paris IV-Paris Sorbonne).

Chacun des textes est precede d’une introduction qui en degage les enjeux esthetiques et ideologiques, ainsi que d’une notice qui en retrace la genese. Il comporte des notes, un apparat savant et indique les variantes qui peuvent exister entre la publication preoriginale dans un periodique et le volume publie. Il est en outre enrichi d’un index des noms et d’un index des oeuvres.

Pierre Glaudes, professeur a l’Universite de Paris IV-Paris Sorbonne, a consacre l’essentiel de ses travaux aux romanciers et aux essayistes du XIXe siecle. Il est l’auteur d’une these sur L ?uvre romanesque de Leon Bloy dont il a par ailleurs edite le Journal (Paris, 1999). De Barbey d’Aurevilly, il a edite les Diaboliques (Paris, 1998) et le Chevalier Des Touches (a paraitre).

Catherine Mayaux, professeur de litterature francaise a l’Universite de Cergy-Pontoise, dirige avec Pierre Glaudes, l’edition de l’?uvre critique de Barbey d’Aurevilly. Specialiste de poesie, elle s’interesse aux questions de poetique et travaille sur les rapports entre Bible et litterature.

  • La revue de presse Sebastien Lapaque – Le Figaro du 13 mars 2008

La reedition de l’integralite de l’oeuvre critique de Barbey d’Aurevilly se poursuit avec un troisieme volume ou il est question de philosophie, d’histoire et de poesie…
A sa maniere, l’auteur de Port-Royal a fait oeuvre de createur. Mais pour le reste, quel sens garde jusqu’a nous cet exercice autonome du jugement exerce dans la presse et l’universite par des delicats qui jamais n’ont mis la main a la pate ? Nada. On doit en convenir en decouvrant le volume dans lequel se poursuit la reedition integrale de la geniale critique d’un createur : Barbey d’Aurevilly. Romancier, nouvelliste, polemiste, le dandy normand ne parle jamais a la legere de ses confreres. A le lire, mille choses nous laissent penser que l’auteur des Diaboliques se sentait a l’etroit dans son siecle plein d’esprits frappeurs et de tables tournantes.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Extrait de l’introduction :

Le volume IX des ?uvres et les Hommes, publie chez l’editeur Frinzine en 1887, se compose de vingt-et-un chapitres consacres a des philosophes et ecrivains religieux. C’est la la premiere constellation de ce zodiaque de l’esprit humain que Barbey pretend parcourir, et dont quelques etoiles ont deja brille a l’aurore de l’entreprise. Il revient ainsi, quasi-cycliquement, deux ans avant sa mort, a cette categorie qu’il place, semble-t-il, au sommet d’une hierarchie des penseurs, et qui se trouvera de nouveau illustree, de facon posthume, par deux autres volumes.
La difference, par rapport au volume paru sous le meme titre vingt-sept ans auparavant, est qu’ici ne sont presentes que des ecrivains du XIXe siecle. Le doyen est Joseph de Maistre qui fait le lien, par antiphrase en quelque sorte, avec un XVIIIe siecle constamment present dans la detestation que lui porte Barbey, que les auteurs qu’il aime le contredisent, ou que ceux qu’il conspue le prolongent (les fils de Rousseau…). Nous n’avons point ici de ces effets de perspective qui, dans l’ouverture de la Premiere Serie des ?uvres et les Hommes, nous presentaient des medievaux ou des classiques a travers le double regard porte sur eux par un editeur moderne, qui les presente au public, et par Barbey qui lit et parfois ricane par-dessus l’epaule du commentateur.
Ici donc apparait une relative unite chronologique. Cependant, ces hommes qui pensent et ecrivent ensemble ne s’attirent certes pas un jugement uniforme de la part de notre censeur. L’apprehension est manicheenne, et les interesses se repartissent entre bons et mechants. Barbey excelle a jouer les Dieu le Pere et a d’emblee canoniser ou damner, d’une formule sans remission, l’objet de son observation. Comme le bon grain et l’ivraie de l’Evangile, Joseph de Maistre et Renan se cotoient, ou encore Hello et Remusat. Le tri, neanmoins, est vite fait : rayonnement, grandeur, eternite d’un cote, de l’autre petite[s] chose[s] (p. 41 [35]), grands scandales et infamies que Barbey reduit a leur juste mesure, petits riens, chosette[s] (p. 217 [332]). C’est, au fil des pages, et surtout des pages destructrices, une theorie de la decadence qui se monte ; il s’agit de donner l’idee exacte du temps present (p. 170 [255]), d’exhiber le materialisme universel qui nous ronge (p. 170 [256]). Et si Barbey accuse, il le fait avec jubilation ; c’est la qu’apparait une certaine ambiguite – la meme, au fond, que celle qui regit Les Diaboliques, et, en general, le rapport de Barbey au mal : bonheur de le pointer du doigt, de l’exhiber, pour pouvoir, seul et glorieux, enoncer les clausules triomphantes, Il faut prendre l’homme par quelque endroit de son esprit ou de son coeur, pour l’arracher a la terre et l’elever vers Dieu (p. 213 [328]). C’est de l’apologetique quand meme.
La table des matieres offre un singulier melange d’ecrivains connus et d’ignores. Il n’est pas tellement etonnant, dans la logique de decadence ou se place Barbey, que ceux que la posterite a epargnes soient, justement, les impuissant[s] (p. 46 [46]), les histrions ou les rabacheurs, les Renan, les Michelet, les Dumas. A l’aube du XXIe siecle, il faut avoir lu les disciples de Barbey – Bloy, Huysmans, Claudel, Bernanos -, pour avoir entendu parler de Saint-Bonnet ou Hello. Et il en est d’infiniment plus obscurs, que ne connait pas meme le Nouveau Larousse illustre : l’abbe Monnin, Georges Caumont, Athanase Renard…

Barbey fait montre ici, et c’est un des bonheurs de la lecture, en meme temps que le supplice de l’annotateur, d’une immense culture, qui sans doute etait naturelle a un esprit distingue de son epoque. Horace coule sous sa plume, mais aussi La Fontaine. Il adore les anecdotes, les bons mots historiques, les traits qui donnent a sa page cette elegance racee, etrangere a nos modernes journalistes. C’est d’ailleurs une qualite qu’il sait saluer meme chez ses pires ennemis : n’evoque-t-il pas, contre la balourdise de Proudhon, la si princesse elegance de Voltaire… ? Le juge d’idees n’hesite pas a se faire aussi jug[e] d’expression (p. 217 [332]) – quitte a trouver au Hello de Physionomies de saints un talent que le Huysmans d’En Route sera beaucoup moins prompt a discerner… Amateur de formules, Barbey ne manque pas d’en user, et nous divertit fort : Cette affreuse question du divorce, qui a pour solution de violer la famille par la democratie et de laisser la democratie dans le ventre qu’elle a viole (p. 246 [382]) ; Nous pouvons, nous qui croyons a l’Eglise, supporter un ennemi de plus a cette Eglise contre laquelle les portes de l’enfer et les portiers de ce temps ne prevaudront pas (p. 249 [388]) ; les obscurites des Lycophron allemands, lesquels ne sont clairs que quand ils sont fous (p. 198 [299]). La phrase, emaillee de deictiques accusateurs et de points d’exclamation triomphants, dit la vivacite d’une pensee qui aime a se couler dans le moule de la conversation d’esprit, tres Ancien Regime : et l’on sait que Barbey douait de ce talent certains de ses personnages les plus seduisants, comme la marquise de Fiers. Un des charmes de ce propos est sa richesse en citations de toute sorte, ornement naturel qui dit la grande culture de Barbey, et son attachement aux fleurs du bien dire, meme s’il peut en faire un usage peu conforme au gout dominant de son epoque. M. Barbey d’Aurevilly, ecrivait Leon Bloy en 1877, est le seul homme capable aujourd’hui de faire ce qu’on appelle de la critique et de juger les oeuvres de l’esprit. Dans L’Homme – ouvrage ici presente -, Hello avait deja quelques annees plus tot consacre un chapitre a cet art de la critique et oppose a la critique polie, correcte, mielleuse et mediocre la Critique comme Conscience de l’Art, et placait l’homme capable de cet exercice sous le patronage de Christophe Colomb. S’il ne livre pas au monde et a la publicite des continents inconnus, Barbey a au moins le merite de la franchise dans ses denigrements, et de la ferveur dans ses admirations, et le lecteur moderne lui sera reconnaissant, a cote d’auteurs qu’il peut connaitre pour peu qu’il soit familier de Bloy ou de Huysmans, comme Hello ou Blanc de Saint-Bonnet, de lui reveler des inconnus comme l’abbe Monnin, qui celebre le cure d’Ars, ou l’archiviste Leon Aubineau, qui presente le pittoresque Benoit Labre, ou encore le tres obscur Georges Caumont, auteur d’une meditatio mortis enragee, bien faite pour seduire notre amateur de paradoxes.