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Oeuvres. Volume 1

Auteur : Dino Buzzati | Francis Lacassin

Traducteur : Michel Breitman

Date de saisie : 27/10/2006

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : R. Laffont, Paris, France

Collection : Bouquins

Prix : 28.00 / 183.67 F

ISBN : 978-2-221-10785-0

GENCOD : 9782221107850

  • Les presentations des editeurs : 27/10/2006

Dino Buzzati (1906-1972) figure parmi les grands noms de la litterature italienne et europeenne de notre XXe siecle ; il est assurement un des maitres du fantastique moderne. La vie de Buzzati est tout entiere placee sous le signe de l’ecriture : il mene de front deux carrieres, celle de journaliste au grand quotidien milanais Il Corriere della Sera et celle d’ecrivain. Mais ces deux activites ne font qu’une pour lui tant elles se nourrissent l’une de l’autre. Journaliste, ecrivain, Buzzati est aussi peintre et dessinateur, illustrateur de certains de ses livres. Cet homme aux talents multiples est l’auteur d’une oeuvre litteraire caracterisee elle aussi par la diversite: Dino Buzzati est auteur de romans, de nouvelles, mais aussi de poesies, de contes pour enfants, de nombreuses pieces de theatre, de livrets d’opera, d’un singulier roman-bande dessinee…
Quelle que soit la forme choisie, Dino Buzzati s’est toujours range, deliberement et obstinement, du cote de l’imaginaire, du merveilleux, du fantastique. Ses textes nous font penetrer dans un monde en tous points semblable au notre mais ou pourtant il y a comme une felure, quelque chose d’infiniment mais d’infiniment derangeant. C’est par cette fissure que l’auteur nous fait acceder a la dimension mysterieuse du reel.
Au centre de l’oeuvre de Dino Buzzati se trouve l’Homme, ses angoisses, ses incertitudes, ses peurs. Cette meditation sur la fuite du temps, sur la fatalite du destin, sur l’absurdite de la condition humaine, chez Buzzati passe par un art de raconter sans pareil, qui tisse la trame de recits au climat envoutant.
Ce premier tome de la collection Bouquins couvre la production des vingt premieres annees: du premier roman Barnabo des montagnes (1933) a la piece Un cas interessant (1953), adaptee et mise en scene par Albert Camus a Paris, en passant notamment par Le Desert des Tartares.

Francis Lacassin a choisi et presente les textes rassembles dans ce premier volume des ?uvres de Buzzati.

  • Les courts extraits de livres : 27/10/2006

Ce fut l’ancien majordome de Morro, Giovanni Aiuti, un homme dans la force de l’age, qui vint a la gare avec une vieille bagnole pour accueillir le colonel Procolo. Leur premiere conversation ne fut pas des plus cordiales. (Le brave Aiuti regretta souvent par la suite de s’etre, en cette occasion, montre trop petulant.)
– C’est extraordinaire, dit-il au colonel sitot les presentations terminees, ce que vous pouvez ressembler a ce pauvre Morro ! Exactement le meme nez…
– Vraiment ? s’enquit le colonel.
– Absolument ! On jurerait que c’est le sien, si on ne savait pas…
colonel d’un ton glacial.
– Ce n’est pas a proprement parler une veritable coutume, reprit Aiuti, soudain tres embarrasse, mais on rigole de temps en temps… Oh, mon Dieu, des broutilles sans importance.
Les deux hommes se rendirent directement en auto jusqu’a la maison de Morro. La route se faufilait, pendant les deux premiers kilometres, entre les champs du fond de la vallee; puis elle grimpait entre des prairies denudees ; et, a quatre kilometres environ de la maison, penetrait dans les bois, des bois clairsemes aux arbres elances, mais souffreteux ; enfin, un kilometre avant d’arriver, on debouchait sur un plateau ou s’ouvrait une vaste clairiere. De la on avait une fort belle vue, on l’a toujours d’ailleurs, sur le celebre Bosco Vecchio, etendu entre deux collines en pain de sucre et grimpant jusqu’au sommet de la vallee. Tout en haut pointait un enorme rocher jaune, mesurant presque une centaine de metres, et qu’on appelait le Corno del Vecchio. Denude, use par les ans, il etait d’un aspect livide qui n’attirait guere la sympathie.
Des ce premier voyage, ainsi qu’Aiuti le rapporta par la suite, le colonel trouva par trois fois des motifs d’irritation.
Le premier fut un tournant en pleine cote, juste avant la clairiere, et ou l’automobile s’arreta soudain en panne d’essence. Aiuti parvint a cacher a Procolo, peu verse dans la science des moteurs a explosion, les veritables raisons de cet arret. Il pretendit qu’il en etait toujours ainsi en cet endroit, avec cette auto, qu’elle ne se trouvait plus dans sa premiere jeunesse et supportait mal les efforts violents.
Le colonel, sans protester, n’en montra pas moins son depit.
– Mais Morro, comment faisait-il ?
– Mono, repondit Aiuti, possedait une jument et une carriole. La jument, voyez comme c’est etrange, est morte juste le lendemain de son maitre : c’etait une bete tres affectionnee.