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Ombres du passé

Auteur : Francisco González Ledesma

“En 1946, alors que j’étais un jeune étudiant en droit de dix-neuf ans, j’ai été saisi de l’envie, probablement fort naïve, d’écrire l’oeuvre de ma vie, et c’est ainsi que je me suis lancé dans Ombres du passé. J’écrivais la nuit et, durant la journée, j’étudiais ou faisais ce que l’on appelle aujourd’hui des petits boulots, car j’étais en plus un étudiant pauvre. La nuit, alors que je m’adonnais aux joies de l’écriture, je me disais bien naïvement, je l’avoue aujourd’hui, que je tenais là mon chef-d’oeuvre. À dix-neuf ans on a le droit d’être encore ingénu.”. Singulier roman et singulier destin que celui de ce Sombras Viejas (Ombres du passé), oeuvre inaugurale d’une longue et féconde carrière littéraire que Francisco González Ledesma nous invite aujourd’hui à découvrir. Ce livre écrit par un “rouge” (“irrémédiablement rouge” aux dires de l’un des censeurs qui a fait interdire la publication du roman dans les années cinquante) fait revivre une période de l’histoire de l’Espagne que la dictature franquiste voulait gommer ou, tout au moins, présenter de façon très partiale et tendancieuse. Livre d’une génération qui a vu les espoirs qu’avait fait naître la République balayés par une terrible guerre civile et par une impitoyable et interminable dictature. Donc des années tourmentées que González Ledesma qui dans Los Símbolos, Los Napoleones et Soldados a évoqué la guerre et l’après-guerre nous invite à (re)visiter, mais, au-delà, les itinéraires politiques, intellectuels et sentimentaux de jeunes gens entraînés, dépassés et bien souvent écrasés par l’Histoire. Et par là même, Ombres du passé, outre la vision d’une époque, témoigne éloquemment de la naissance d’une écriture et d’un écrivain, extraordinaire raconteur d’histoires.